Post has published by Pierre Censier

Ce sujet a 13 réponses, 3 participants et a été mis à jour par  Pierre Censier, il y a 12 mois.

14 sujets de 1 à 14 (sur un total de 14)
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    Member since: 29 mars 2015

    La Bataille de Cambrai

    1) Avant la bataille

    1.1) Pourquoi Cambrai

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    Un Mark Iv dans le secteur de Cambrai

    Fin 1917, la situation est grave pour les Alliés, tandis que la bataille d’Arras et celle de Passchendaele sont très décevantes du côté britannique, l’opération Nivelle sur le Chemin des Dames est un véritable fiasco. En pleine crise, le moral français s’effondre. La situation avec la Russie, évolue aussi, la Révolution d’Octobre, le renversement du régime de Kerenski et la montée au pouvoir de Lénine, changent énormément de choses. Les soldats allemands descendent par milliers de trains en provenance de l’Est.
    De plus, suite aux pertes subies par les britanniques lors des offensives de 1917, le premier ministre Lloyd-George dépeuple les divisions britanniques en France en gardant de nombreuses réserves en Angleterre. Malgré tout, les tanks arrivent en nombre sur le continent ! Les anglais cherchent donc un endroit sec et peu labouré par les obus pour pouvoir déployer les chars en toute efficacité lors de la dernière offensive de 1917. La ville de Cambrai est donc toute désignée pour être le lieu de cette dernière offensive (à objectifs limités) britannique de l’année. Car en plus d’avoir le terrain idéal pour une attaque de blindés, la garnison de la ligne Hindenburg protégeant la ville compte des divisions très affaiblis par les combats d’Ypres, et sont affectés à un secteur jugé secondaire par l’État Major du second Reich.

    1.2) Le plan britannique

    Le plan du général Bying (général de la Third Army) est initialement plutôt simple. Un simple raid surprise de Marks IV sur Cambrai, puis si la ville est prise, un abandon par les troupes au bout de 24 heures, un nouveau test pour les chars britanniques en quelque sorte.
    Mais après les défaites à répétitions de 1917, plus question pour l’Etat Major du BEF d’abandonner du terrain qui aurait été sûrement durement conquis. Le plan est donc refondu, repensé, et bien plus ambitieu.
    L’assaut surprise de char est conservé, mais de nombreuses divisions de cavalerie et d’infanterie attaqueront aux côtés des chars, afin d’exploiter le succès initial et obliger les allemands à se replier en profondeur.
    Voici le plan en 5 étapes:
    -Percer la ligne défensive entre le canal de l’Escaut et le canal du Nord.
    -Prendre le bois de Bourlon.
    -Prendre Cambrai et passer la Sensée.
    -Isoler les Allemands aux alentours du canal du Nord et de la Sensée.
    -Exploiter n’importe quels succès.

    1.3) Les moyens et les préparatifs britanniques

    Bying dispose de:
    -6 divisions d’infanterie (1 division de réserve)
    12th division (72 chars), 20th Division (60 chars), 6th Division (72 chars), 51st Highland Division (68 chars), 62nd Division (56 chars)
    -4 divisions de cavalerie
    -328 chars de combat, 54 chars de réserves, 36 pour l’arrachage des barbelés et 18 chars pour le ravitaillement. Cela représente 436 tanks.
    -1000 canons.
    Le général Pétain, ayant eu vent de l’offensive, propose à Haig et à Bying un corps d’armée français pour exploiter une percée, Haig fit savoir à Pétain que les britanniques n’auraient pas besoin des soldats français pour défaire les allemands, ce fut la 1ere erreur britannique de la bataille.

    Vous le devinez sûrement, l’emploi de 436 chars est une nouveauté pour l’armée britannique. L’État Major de Bying réfléchit donc aux différents problèmes qu’une concentration de chars comme celle-ci pourrait provoquer.
    Ainsi, les préparatifs pour une telle offensive ne passeront pas inaperçu, et l’infanterie n’a jamais pratiqué une attaque d’envergure en compagnie des chars, elle n’a donc aucune expérience dans ce genre d’attaque.

    Afin de ne pas être repérés, les chars sont dispersés en différents points. Les soldats reçoivent un entraînement express en compagnie de quelques chars désarmés, 75 fascines sont commandés.
    Pour déployer les tanks vers le front, 27 trains sont donc réquisitionnés.
    Aussi un dépôt de 136 000 litres d’essence, de 20 000 litres d’huile, 5 000 kilogrammes de graisse, 24 000 coups de 57mm, 2 millions de coups de mitrailleuses et 47 000 coups de pistolets est créé.
    Du côté britannique, tout est prêt. L’offensive peut-être lancée.

    "Le dedans des pauvres sent déjà la mort"
    Louis-Ferdinand Destouches dit Céline, Voyage au bout de la nuit, 1933

  • Participant
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    Member since: 18 août 2015

    Très intéressent, le premier grand engagement de chars est assez célèbre dans le nord (je ne sais pas dans les autres pays, ou régions).

    Le matériel britannique déployé était impressionnant, j’attend de voir la suite mais c’est bien parti 🙂

  • Modérateur
    Posts8413
    Member since: 14 mai 2013

    Intéressant sujet/dossier en perspective, ces engagements d’armes nouvelles à la fin de la guerre sont sujets à de nombreuses problématiques en tous genres, tactiques, doctrinales, techniques, voire opératives!

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts289
    Member since: 29 mars 2015

    C’est pour ça que j’aime beaucoup cette bataille. Elle marque un véritable tournant tactique lors de la première guerre mondial.

    "Le dedans des pauvres sent déjà la mort"
    Louis-Ferdinand Destouches dit Céline, Voyage au bout de la nuit, 1933

  • Participant
    Posts289
    Member since: 29 mars 2015

    La Bataille de Cambrai

    2) L’offensive britannique

    2.1) Un peu de chance et un bon timing

    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/24/Bataille_de_Cambrai1.png

    Le front britannique avant l’offensive (en ligne continu) et après (en pointillé)

    Ainsi, le général Haig, ne voulant pas d’aide française, a commis une erreur, en pensant que ces chars lui apporterait une victoire simple, il commit une deuxième erreur. Mais là ou il avait raison, c’est sur le fait qu’il fallait attaquer vite. En effet, les Allemands construisaient de nouvelles fortifications en arrière de la ligne Hindenburg, de nombreuses divisions revenaient de Russie et une fois la pression sur Passchendaele terminer, les divisions allemandes présentent dans les Flandres se redéploieront partout en France.

    Aussi, Haig n’aurait pas pu le prévoir lors de la préparation de son plan. Mais le 24 octobre, a lieu le désastre de Caporetto pour les Italiens. L’offensive sur Cambrai, soulagera les Italiens sur la ligne de Piave.

    2.2) Une percée inouïe

    Le 20 novembre au petit matin, sans aucune préparation d’artillerie, 381 chars se lancent à l’assaut des lignes allemandes. C’est une victoire décisive, partout les Allemands fuient, laissant vivres, munitions, et armes lourdes.

    Le 20 novembre de la 12th division

    La 12 th division est composé du C et du F Bataillons, 36 tanks partent avec les hommes, le C battalion prend la première ligne avec une facilité déconcertante. L’attaque sur la deuxième ligne, elle, se passe un peu moins bien, les chars se font accrocher par de violents feux de mitrailleuses. Les combats sont très durs , mais les chars font finalement taire les mitrailleuses. Le bois de Lateux est pris

    Le F battalion, à gauche du C, fait un excellent travail, l’infanterie qui accompagne les tanks détruits les mitrailleuses. Leur efficacité est-elle que le canal l’Escaut est pris dans la matinée. Le village de Masnières est pris sans aucun combat. Mais le pont au-dessus du canal est saboté, sans être entièrement détruit. Un char essayant de passer fait s’effondrer ledit pont, les chars ne peuvent plus avancer, ils ne peuvent plus que couvrir les troupes passant de l’autre côté.

    Le 20 novembre de la 20th division

    La 20th division est composé du I et du A Battalions.

    Le I Battalion attaque à droite en trois vagues, avec respectivement 18, 12 et 6 tanks. La ligne Hindenburg est prise dès la première vague. La deuxième vague prend la ligne de soutien, la position défensive de La Vacquerie est prise par la deuxième vague. La troisième vague avec ces 6 chars, attaque le flanc droit de Masnières.

    Le A Battalions quant à lui prend la première ligne sans grandes difficultés, par contre, les combats pour prendre la ligne de soutien sont bien plus durs, puis le Battalions se dirige vers le canal entre Marcoing et Masnières et franchit le cours d’eau.

    Le 20 novembre de la 6th division

    Le B battalion et le H battalion forment la 6th division.

    Le B battalion attaque à droite du 6th division en 2 vagues et avec 36 chars. Les 2 premières lignes sont atteintes avec facilité, les troupes atteignent Marcoing vers 11 heures. Avec un peu de chance, les chars font fuir les sapeurs allemands qui voulaient détruire le pont, à 11h30, une dizaine de chars attend la cavalerie comme prévu, mais elle ne donnera aucun signe avant 17 heures. Trop tard pour une coordination chars-cavalerie efficace.

    Le H battalion rencontre très peu de résistance, capturant la ligne Hindenburg et la ligne de soutien sans difficulté en prenant au passage Ribécourt. Les combats autour de Nine Wood sont plus durs, mais les Britanniques prennent le bois sans coup férir.

    Le (terrible) 20 novembre de la 51st Highland division

    Le général Harper, chef de la 51st Highland division, avait de sérieux doutes sur l’efficacité des chars, ainsi, Harper envoie ces chars seuls dans la ville de Flesquières avec l’infanterie 200 mètres en arrière. Ainsi, les 42 chars du E battalion, se retrouvent sans soutien face aux 77mm du 108. Artillerie-Regiment, 16 chars sont détruits, 2 autres gravement endommagé. le bataillon compte 150 victimes dont 55 tués.

    La malchance voulut que les artilleurs du 108. Artillerie-Regiment avaient déjà combattu des chars. Ainsi en avril, ils avaient détruit de nombreux tanks à Berry-au-Bac.

    Le D battalion ne connaît pas un sort meilleur. Il attaque en 2 vagues, la première avec 18 chars et la deuxième avec 12.

    La première vague connaît des difficultés, 6 chars s’enlisent, 3 n’ont pas assez d’essence et doivent faire demi-tour, 7 autres tanks sont sujets à des problèmes techniques. Un seul char parvient à franchir les 2 premières lignes.

    La seconde vague, même si renforcés par les chars survivants de la première, ne connaît pas plus de succès. 3 chars sont détruits par l’infanterie, 4 autres par les tirs du 108. et du 213. Artillerie-Regiment. Seul un char rentre dans Flesquières, il est détruit peu de temps après. Le bilan est lourd, 24 tanks sont perdus, 105 victimes sont à déploré.

    Le 20 novembre du 62nd division

    Seul le G battalion participe aux combats du 62nd division. Havrincourt tombe dans la matiné, mais les combats s’y poursuivent jusqu’à 13heures. Graincourt tombe dans l’heure qui suit. Certains chars s’avancent jusque Bourlon, mais l’infanterie ne pouvant suivre, ils se replient.

    2.3) Le bilan du 20 novembre

    Les déboires du 51st Highland division ne doivent pas masquer la victoire sur la quasi-totalité du front. Au soir du 20, les britanniques fêtent la victoire dans les faubourgs de Cambrai. Une immense brèche est ouverte. Les cloches d’Angleterre sonnent pour annoncer la victoire.

    La victoire commence tout de même à changer de camps. Haig n’a plus de réserve, le Tanks Corps n’a certes pas subi de pertes sensible mais les nombreux problèmes techniques rendent certains chars inutilisables. Les soldats sont épuisés, les équipages le sont encore plus.

    En tout 151 officiers et 5016 soldats sont morts

    Le Tanks Corps quant à lui perd plus de 80 chars.

    2.4) Une offensive qui s’enlise

    Le 21 novembre, il reste deux positions allemandes à réduire pour s’assurer la prise de Cambrai. Flesquières qui isolé, n’a aucune chance de résister longtemps et le bois de Bourlon, qui est une position défensive redoutable. Mais le général Von Der Marwitz réagit vite, il envoie une division en provenance de Russie devant Cambrai. Cinq autres divisions sont envoyées vers le secteur de Cambrai.

    Le 22, les allemands lancent une faible contre-attaque, et reprennent Fontaine-Notre-Dame, les faubourgs de Cambrai sont de nouveaux sécurisés.

    Le 23, après de rudes combats, des canadiens prennent le bois de Bourlon, mais il est trop tard pour relancer l’offensive et ils doivent abandonner le terrain.

    Dans le prochain chapitre, nous verrons plus en détail les combats autours de Bourlon et la préparation de la contre-offensive allemande.

    "Le dedans des pauvres sent déjà la mort"
    Louis-Ferdinand Destouches dit Céline, Voyage au bout de la nuit, 1933

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    Member since: 29 mars 2015

    La Bataille de Cambrai

    3) Les contre-attaques allemandes

    3.1) Une course de vitesse

    Éloigné du Chemin des Dames et des Flandres, les allemands n’ont que peu d’unités de réserve à proximité de Cambrai. Ils devront donc faire avec ce qu’ils ont. C’est à dire des troupes peu expérimentées et des unités en recomplètement.
    Ludendorff est prévenu le 20 novembre par Von Der Marwitz -commandant de la 2eme armée allemande- à 8 heure du matin. Il prend donc la décision d’amener des divisions se reposant en première ligne, il demanda aussi au Kronprinz Rupprecht d’envoyer des troupes dans la région de Cambrai.
    Malgré cela, la situation est désespérée. Ludendorff écrit:
    «On aurait les forces de s’opposer à l’ennemie que le 23. […] Tout ce que l’on pouvait faire était en cours d’exécution. Il n’y avait plus qu’à laisser le destin suivre son cours.»

    En tout, ce sont 5 divisions de réserve qui partent vers le front le 20, 6 autres le 21. La 107. Infanterie Division arrivé il y peu de Russie est placé devant Cambrai en urgence.

    Malgré tout, les soldats allemands gardent un moral plus que correct. On le voit ainsi sur l’Escaut , notamment à Masnières, ou les hommes de la 9. Reserve Infanterie Division se battent comme des lions face au 1st Battalion, Essex Regiment.

    3.2) Plusieurs contre-attaques pour préparer la contre-offensive

    Si la contre-offensive mettra plusieurs jours pour être mise sur pied, de nombreuses contre-attaques pour rectifier le front sont mises en œuvre dès le 21.
    Le 21, à 7h30, les allemands attaquent Noyelles-sur-l’Escaut, la partie est de la ville est reprise. A l’ouest la bataille fait rage entre les allemands et le 2nd Battalion Royal Fusiliers et le 18th Hussars. Vers 16h, 2 chars entrent dans la ville, suivit de l’infanterie et des cavaliers, ils reprennent l’Est du village, les allemands se replient derrière l’Escaut.
    Les britanniques ont capturé 400 allemands, les pertes lors de ces combats sont inconnus mais selon le War Diary du bataillon:
    «Cette phase de la bataille fut sanglante»

    Des contre-attaques ponctuels furent aussi recensé à Rumilly et à Masnières.

    La prochaine fois, nous verrons les combats autours du bois de Bourlon.

    "Le dedans des pauvres sent déjà la mort"
    Louis-Ferdinand Destouches dit Céline, Voyage au bout de la nuit, 1933

  • Participant
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    Member since: 29 mars 2015

    La Bataille de Cambrai

    4) Bourlon, le tournant

    4.1) Un dilemme anglais

    Haig et Bying se posent une question au soir du 21 novembre, faut-il continuer l’attaque ?

    Ils savent parfaitement que les renforts envoyés par Luddendorf arriveront sur Cambrai le 23, les Allemands pourront donc enfin combler le manque d’homme mais les percées du 20 n’ont toujours pas été exploitées et abandonner une offensive aussi bien commencée serait catastrophique dans l’opinion publique britannique.

    Pourtant, plus aucune réserve n’est disponible, Bourlon est toujours aux mains des Allemands et son bois sera très dur à prendre, mais pour continuer l’offensive, sa prise est obligatoire.

    L’État Major britannique décide, malgré les risques, de lancer l’offensive sur Bourlon et son bois.

    4.2) Le plan

    Le front s’étalant sur 10 kilomètres, 5 divisions (dont une de cavalerie) seront utilisés pour l’offensive.

    Tout à gauche, la 56th division devra progresser vers le nord-ouest et prendre Tadpole Copse, un petit bois à 1 kilomètre de Moeuvres.

    https://image.noelshack.com/minis/2017/21/1495790812-post-1365-1191076508.png

    Juste à sa droite, la 36th (Ulster) Division devra prendre Sains-Lès-Marquions à 4 kilomètres au nord de Moeuvres.

    La 40th Division devra quant à elle prendre Bourlon ainsi que son bois et à droite, la 51st (Highland) Division devra reprendre Fontaine-Notre-Dame. Une fois cet objectif pris la 1st Cavalry Division passera par Fontaine-notre-Dame pour prendre Raillencourt et prendre à revers les soldats allemands à Bourlon.

    Près de 100 batteries d’artillerie sont engagées. Seuls 92 tanks sur les 432 sont utilisables.

    L’attaque débutera le 23 novembre à 10h30, la préparation d’artillerie commencera seulement à 10h10 afin d’avoir un effet de surprise efficace.

    4.3) Les troupes allemandes

    Les allemands défandant Fontaine-Notre-Dame sont des soldats du II/46 Infanterie Regiment, la moitié du II/46 Regiment ainsi que la compagnie de mitrailleuse du III/46 Regiment. Entre le bois de la Folie et le bois de Bourlon, c’est la 107. Infanterie Division (une division fraîche) qui tient le front. Malheureusement pour les britanniques, la division tenant tenant le bois ainsi que le village de Bourlon est la 3ème division de la Garde, une division d’élite qui a malgré tout le flanc droit découvert.

    4.4) Le début de l’attaque

    Fontaine-Notre-Dame

    Le bombardement ainsi que l’offensive démarre tous les deux à la bonne heure, respectivement 10h10 et 10h30.

    A Fontaine-Notre Dame, le 1/6th Gordons avec 12 chars (dont 11 chars femelles) disperse le 1er bataillon du 46 Infanterie Regiment, mais ils n’arrivent pas à s’emparer le château de Fontaine-Notre-Dame, qui est défendu par les mitrailleuses du III/46 Regiment. Tout comme à Flesquières le 20, une mauvaise coordination entre chars et infanterie cause de graves pertes aux tanks, 9 des 12 chars entrés dans Fontaine-Notre-Dame sont détruit.

    Dans le début d’après-midi, le 1/5 Seaforths, et 100 hommes du 1/6 Gordons relancent l’attaque sur le château avec 9 chars. C’est un échec, 2 autres chars sont mis hors de combat.

    Entre le bois de Bourlon et Fontaine-Notre-Dame, le 1/6 Seaforth lance l’assaut avec 15 tanks. Au début, l’attaque se passe bien, certains chars rentrent même dans l’ouest de Fontaine-Notre-Dame tandis que l’infanterie pose pied dans le bois. 2 chars entrent aussi dans le bois, un seul ressort.

    Au soir du 23, Fontaine-Notre-Dame est toujours aux mains des allemands, se faisant, la 1st Cavalry Division ne peut pas lancer l’assaut sur Raillencourt.

    La 40th Division dans le bois de Bourlon

    La 119th brigade de la 40th Division doit prendre le bois avec 16 chars et la 121st doit prendre le village avec 13 chars.

    La 40th Division n’ayant pas eu d’entraînement avec les chars et n’ayant jamais vu de chars, leur surprise est totale. Leurs seuls instructions sont “Se tenir près des chars, mais pas trop et les suivres dans les réseaux de barbelés”.

    A 10h30, alors que de terrible combat aérien ont lieu au dessus du bois la 119th Brigade lance l’assaut.

    A 11h, le 19th Royal Welch Fusiliers a déjà traversé les 1000 mètres qui le séparer du bois de Bourlon. Ils sont rejoint 40 minutes plus tard par le 12th South Wales Borderers. Ensemble ils prennent un sentier menant vers Fontaine-Notre-Dame et s’y réorganise, les deux unités ont perdu 100 hommes chacunes. La situation du 19th est très bonne, les objectifs ont été atteint et même dépassé. Contrairement au 12th, qui a perdu beaucoup d’officier et est désorganisé.

    A 15h, les allemands lancent une contre-attaque et le 12th cède, malgré tout les allemands sont ralentis pas 2 chars. Le 17th Welch Regiment est appelé en renfort et rentre dans le bois, rapidement suivi par le 120th Brigade.

    Les combats pour la prise du village sont plus difficiles. Le 20th Middlesex doit s’emparer de l’éperon du village quant au 13th Yorkshire (Green Howards) doit prendre le village en lui même, 6 chars suivent les hommes. Le 36th (Ulster) Division n’ayant que très peu avancer, le 13th Yorkshire avance sous l’artillerie et la pluie avec un flan à découvert, rapidement plus de 50 hommes sont morts ou blessés dont 4 officiers.

    Le 20th Middlesex aidés par les chars atteignent l’éperon tandis que certains hommes entrent dans le village, tandis que les Green Howards sont encore à 800 mètres de l’entrée. Les combats sont très disputés mais les anglais ne dégagent jamais complètement les allemands du village. 3 des 6 chars sont détruits.

    Le 21th Middlesex venu en renfort du 13th Yorkshire subissent eux aussi de lourdes pertes.

    A la fin de la journée, plus aucun aucun soldat britannique n’a les pieds dans le village de Bourlon ce qui n’est pas le cas dans le bois ou le 119th s’accroche.

    4.5) L’évolution de la situation durant la nuit

    Les combats dans le bois sont atroces, il n’y a aucune visibilité, un obus peut tomber à tout moment, le front n’est plus cohérent, des deux côtés, des encerclements sont réalisés, les combats au corps-à-corps sont fréquents.

    A la tombée de la nuit le 13th Yorkshire (Green Howards) et le 21st Middlesex sont évacués et remplacés par le 14th Highland Light Infantry, le 13th East Surrey, le 19th Hussars ainsi que le 1st Bedforshire Yeomanry.

    Le 15th Hussars à pied, une partie du 14th Argyll ainsi que de 8 mitrailleuses du 204th Machine-Gun Company sont envoyés dans le bois.

    Le 36th (Ulster) Division qui avait eu du mal à s’emparer de Moeuvres est chassé par le II/88 Reserve Regiment du 21. Regiment Division.

    A Fontaine-Notre-Dame, la Guards Divisions relève la 51st (Highland) Division à minuit. Sur les 3 jours de l’offensive, le 51st (Highland) Division à perdu 68 officiers et 1502 hommes.

    La 40th Division est elle relevé par la 62nd Division qui a déjà perdu près de 1700 hommes.

    4.6) Le 24 novembre

    Au matin du 24 novembre, le temps est effroyable, les pluies et les orages sont terribles, les bourrasques sont très fortes.

    La 56th Division qui avait bien avancé perd de plus en plus de terrain.

    A Bourlon, le bois et le village sont tenus par le Lehr Regiment de la 3ème Division de la Garde, le 9. Grenadier Regiment ainsi que par le III/88 Reserve Regiment et certains éléments du I/175 Regiment. Mais le 46. Reserve Regiment et la 221. Infanterie Division sont envoyés en renfort.

    Du côté du village, le 14th Highland Light Infantry et le 12th Suffolks devront prendre le village et la 119th Brigade devra prendre entièrement le bois.

    L’attaque est lancée à 15h, les allemands ont aussi prévu leur contre-offensive à 15h.

    Le 14th Highland Light Infantry a atteint le sud du village mais devant l’efficacité de la défense allemande, il le contourne et entre par le nord vers 16h en ayant perdu seulement 35 hommes.

    Le 12th Suffolks quant à lui est repoussé sur sa ligne de départ par le Lehr Regiment en subissant de lourdes pertes.

    Ce qui fait que le 14th Highland Light Infantry est encerclé au nord de Bourlon.

    A 15h, la contre-attaque allemande repousse le 119th à 300 mètres du sentier qu’il avait atteint le 23.

    Dans la soirée du 24, de nombreuses attaques pour sauver le 14th Highland Light Infantry sont tentées mais rien y fait.

    4.7) Le 25 novembre

    En ce 25 novembre, c’est toujours à la 40th Division de tenir les positions de Bourlon. On promet des chars aux soldats mais aucun n’est disponible. Haig annonce aussi que Bourlon est pris, ce qui n’est évidemment pas le cas.

    Pour sauver le 14th Highland Light Infantry, c’est le 13th East Surreys qui est désigné. Ils n’auront pas le droit aux chars et à l’artillerie car on ne peut pas risquer de bombarder les soldats britanniques enfermer dans Bourlon.

    L’attaque est lancée à 6h15, le 13th East Surreys n’arrive pas atteindre le village.

    A 9h30, le 14th Highland Light Infantry se rend, 17 officiers et 426 hommes ont été perdu.

    4.8 ) 27 mai, derniers efforts britanniques

    Le 27 mai, à 6h30, après un terrible barrage d’artillerie, le 1st Coldstream Guards et le 3rd Grenadier Guards s’élancent sur Fontaine-Notre-Dame, cette fois-ci avec des chars. Malgré le combat acharné de certains chars (le F41 Fray Bentos abattra 40 soldats avant d’être mis hors de combat), l’infanterie n’arrive pas à entrer à Bourlon.

    Dans le bois, les Scots Guards se font massacrés par les mitrailleuses, les Irish Guards qui posent pied sur le sommet du massif sont directement repoussés par une puissante contre-attaque. La bataille de la Guards Division est un massacre, Feildling -son commandant- décide d’arrêter le massacre et ordonne le replis.

    La 62nd Division attaque aussi le village, 19 chars sont engagés, seuls 5 reviendront. Après avoir un petit peu avancer, les hommes subissent de lourds bombardements et sont obligés de reculer.

    La 36th Division, la 62nd Division et la Guards Division sont remplacés par la 2nd, la 47th (London) et la 59th (North Midland) Division.

    4.9) Conclusion

    Haig l’avouera lui même à demi-mot, les combats à Bourlon et à Fontaine-Notre-Dame sont des échecs pour les britanniques, tactiquement, aucun gain notable n’est recensé et sur le plan stratégique, d’excellentes divisions se sont fatigués, leur valeur offensive est désormais nul au plus fort de la préparation de la contre offensive allemande.

    La prochaine fois, nous parlerons de la préparation de la contre-offensive allemande !

    "Le dedans des pauvres sent déjà la mort"
    Louis-Ferdinand Destouches dit Céline, Voyage au bout de la nuit, 1933

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    Member since: 14 mai 2013

    Ces affrontements tournent à une boucherie classique de la Première Guerre mondiale: les attaques ne se maintiennent pas face aux contre-attaques.
    A cela s’ajoute la séparation des unités du fait du mauvais temps, qui n’aide pas. Le cas de l’attaque britannique simultanée de la contre-attaque allemande est impressionnant.

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

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    Member since: 29 mars 2015

    La Bataille de Cambrai

    5) La préparation de la contre-Offensive allemande

    5.1) Un plan allemand audacieux

    Le plan de la contre-offensive commence à être pensé dès le 25 novembre, lorsque le 14th Highland Light Infantry. À l’instar des britanniques, les allemands vont être audacieux et lancer une offensive d’encerclement, du jamais vu depuis 1914.
    Le 27 novembre, Von der Marwitz, Ludendorff ainsi que le Kronprinz Rupprecht se retrouvent au Cateau pour discuter des finitions du plan. L’attaque principal aura lieu au sud vers Gouzeaucourt, au nord une attaque secondaire partant de l’ouest de Bourlon. Pour faire simple, l’on pourrait dire que les allemands lancent l’attaque de part et d’autre du saillant créé par les britanniques pour prendre en tenaille (voir encercler) les troupes se trouvant à Cantaing, à Marcoing, à Fontaine-Notre-Dame et à Masnières.
    Pour cela, les allemands utiliseront des tactiques pour certaines très novatrices.
    Déjà un bombardement s’étalant sur très peu de temps mais étant très violent et vigoureux. Ensuite, des “Stosstruppen” utiliseront une tactique d’infiltration, ou le est de chercher les points faibles de l’ennemi, de les détruire et de foncer sur ces arrières sans s’occuper des poches adverse. Et enfin, un emploi massif de l’attaque au sol par l’aviation.

    5.2) Les troupes allemandes

    L’offensive vers Gouzeaucourt sera lancé par les “Gruppen” Busigny et Caudry tandis que celle venant de Bourlon sera lancé par le “Gruppe” Arras.
    Le Gruppe Busigny est composé, du nord au sud, de la 183. Infanterie Division, de la 208. Infanterie Division, de la 34. Infanterie Division ainsi que de la 5ème Division de la Garde, de la 185. infanterie Division et de la 9. Bayerische Reserve Division en réserve.
    Le Gruppe Caudry est quant à lui composé de la 28.Infanterie Division, de la 220. Infanterie Division, de la 9. Reserve Division, de la 30. Infanterie Division ainsi que de la 107. Infanterie Division.
    Le Gruppe Arras, est lui composé de la 221. Infanterie Division, de la 214. Infanterie Division et de la 49. Reserve Infanterie Division. Celle-ci seront accompagnées par la 3eme Division de la Garde ainsi que de la 119. Infanterie Division, toutes deux fortement fatigués par les combats de Bourlon.

    Les divisions engagées par les allemands sont toutes d’excellentes qualités, elles ont toutes combattu les britanniques ou les français et sont pour la plupart expérimenté.
    Tout est prêt, l’offensive est prévue pour la nuit du 29 au 30 novembre.

    "Le dedans des pauvres sent déjà la mort"
    Louis-Ferdinand Destouches dit Céline, Voyage au bout de la nuit, 1933

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    Member since: 14 mai 2013

    Je connaissais l’utilisation des Stosstruppen et de l’artillerie, mais quel genre d’appui aérien fut effectué?
    Quels avions et que visaient-ils? Etaient ils guidés?

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

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    Member since: 29 mars 2015

    Les avions utilisés sont les Hannover CL II du Fleiger Abteilung 7, des Albatros D VA de la Jasta 17 et quelques Fokker Dr 1 de la Jasta 32.
    Les avions volaient à une altitude entre 20 et 30 mètres et mitraillaient les soldats à l’intérieur des tranchées, ce qui avait un effet sur le moral non négligeable. C’est aussi simple que cela.

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    La Bataille de Cambrai

    6) La contre-Offensive allemande

    6.1) Une attaque dévastatrice

    L’offensive commence par un barrage d’artillerie très court commençant à 8 heures mais se terminant entre 8 heures 30 à 8 heures 50 selon les secteurs. Les britanniques qui ne s’attendaient pas à une attaque se sont mis à l’abris très tardivement, et les arrières ainsi que les batteries d’artillerie sont bombardés par des obus à gaz, ce qui forcent les artilleurs à mettre leur masque à gaz ce qui rend très difficile l’usage de l’artillerie.
    Au sud, dans la région de Banteux, le 1st/5th South Lancashire et deux pelotons du 1st/5th King’s Own se font écraser par les allemands de la 34. Infanterie Division, la 208.Infanterie Division avance vers Villers-Guislains ou le 1st/5th Loyals sont malmenés. Gonnelieu est aussi prise par les allemands, Gouzeaucourt, défendu par la 12th, 20th et la 29th Divisions, est menacé

    6.2) Les combats au sud

    La 30. Infanterie Division

    Le I/I.R. 99 part à l’attaque à 8 heures 30 après 30 minutes de bombardement très intenses, après avoir avancé de quelques centaines de mètres, ils s’arrêtent devant de tirs venant de Masnières.
    Le III/I.R. 143 avance très facilement au début, puis, de la mousqueterie venant de Masnières empêchent les hommes d’avancer.

    La 9. Reserve Division

    Le Reserve Infanterie Regiment 6 et l’I.R 395 partent à 8 heures 50 tandis que le reste de la division reste en réserve. Son but est de reprendre la ligne Hindenburg, les 10 premières minutes de l’offensive se déroule bien puis vers 11 heures, des tirs d’artilleries et de mitrailleuses causent de lourdes pertes, la moitié des effectifs du R.I.R. 6 sont mis hors combat, mais les troupes de réserve ayant déjà été envoyé en soutien de la 30.I.D, plus aucun renfort n’est disponible.

    La 220. Infanterie Division

    Le III./Reserve Infanterie Regiment 55 longe le bois de Lateau par la droite sans difficulté. Ils capturent nombres de britanniques ainsi que 13 tanks.
    L’Infanterie Regiment 190 prend le bois de Lateau sans aucune résistance, les britanniques ayant fuis lors des bombardement.

    La 28. Infanterie Division

    Les hommes attaquent entre Gonnelieu et la Vacquerie, la première ligne est prise sans difficulté, mais ils doivent s’arrêter devant la 2eme ligne qui ne sera prise à seulement 11 heures. Cependant certaines contre-attaques locales lors de la prise de la seconde ligne britannique causent beaucoup de pertes dans les rangs allemands.

    La 34.Infanterie Division

    Les allemands de l’I.R. 67 et 145 capturent Gonnelieu et Gouzeaucourt puis quelques heures plus tard c’est Villers-Guislain qui tombe. A part quelques échanges de tirs épars, le combat est quasiment nul dans le secteur.

    6.3) L’offensive au nord

    Du côté de Bourlon, l’offensive a pris beaucoup de retard et l’artillerie commence le bombardement a 9 heures. À 11 heures 40, le bois et le village de Bourlon subissent une attaque de gaz très violente. L’attaque est lancé vers Anneux à 11 heures 50.
    Les allemands se font décimés, ils n’avancent que très peu et au prix de lourdes pertes.

    6.4)Les causes et les conséquences de la contre-offensive victorieuse

    Cette fois-ci c’est les anglais qui sont surpris, la bonne utilisation de l’artillerie mais aussi l’utilisation des Stosstruppen ont très rapidement submergé au sud les 20th Division et 12th Division ainsi qu’une partie de la 55th Division. La seul division faisant un travail correct côté britannique est la 29th Division qui stoppe et inflige de très lourdes pertes à la 30. Infanterie Division.
    Même si les soldats allemands se sont montré très efficaces, les britanniques sont tout de même fautifs de nombreuses erreurs. Un manque de vigilance a aussi eu lieu, les officiers présents sur le terrain prennent le roulement d’artillerie pour une activitée un peu plus forte que d’habitude, aussi aucune fusée SOS n’a été lancé lorsque les allemands ont lancé l’attaque, cela peut s’expliquer du fait que les britanniques fatigués par presque un mois de combat, aurait perdu en vigilance.

    Mais d’autres erreurs plus stratégiques sont la cause de cette défaite. Les avions de reconnaissances n’ont pas remarqué les rassemblements allemands à cause du brouillard. Les combats très durs ayant eu lieu à Bourlon font penser aux britanniques que l’attaque principal viendra de cet endroit. Ainsi les positions dans le bois et dans le village de Bourlon sont beaucoup renforcés au détriment des autres parties du front.
    L’aviation allemande a joué pour la première fois dans l’histoire un rôle tactique qui a été très efficace.
    Aussi, plus de 80% des troupes britanniques sont disposés en première ligne, ce qui laisse les arrières totalement vidées de troupes et ce qui permettra aux allemands de d’enfoncer sans problème une partie des arrières britanniques.

    Le plan allemand quant à lui est un succès, le sud est enfoncé, et l’attaque de diversion au nord a eu son effet.

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    Louis-Ferdinand Destouches dit Céline, Voyage au bout de la nuit, 1933

  • Modérateur
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    Member since: 14 mai 2013

    Intéressant, cette utilisation des Stosstruppen et de l’artillerie par les Allemands dans une contre-offensive (même si c’est sûr une longue échelle de temps).

    Quelle est la profondeur totale prise par l’attaque allemande au final?

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  • Participant
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    Member since: 29 mars 2015

    Je n’ai pas de sources surs, mais certaines évoquent 30 kilomètres carrés, d’autres 40.
    La contre offensive allemande n’étant que très peu sourcé, je ne pourrais te dire le nombre exacte de kilomètres repris lors du 1er décembre.

    "Le dedans des pauvres sent déjà la mort"
    Louis-Ferdinand Destouches dit Céline, Voyage au bout de la nuit, 1933

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