Post has published by guiguit

Ce sujet a 14 réponses, 7 participants et a été mis à jour par  Pano, il y a 3 mois et 2 semaines.

  • Modérateur
    Posts2015
    Member since: 26 août 2013

    J’ouvre ce sujet afin de discutet et d’en apprendre plus sur la reconnaissance.

    Quelles sont ses doctrines ? Ses effets ? Son utilité ? Ses moyens ? Ses héros ?

  • Modérateur
    Posts2268
    Member since: 26 août 2013

    Je peux surtout parler de la reconnaissance au XVIIIème siècle, moment où s’institutionnalise en Europe de l’Ouest la “petite guerre”.

    D’abord, pourquoi on a besoin de la reconnaissance?

    Que ça soit en campagne comme en bataille, la reconnaissance est un élément-clé de la victoire.

    -En campagne, il convient de noter que l’on est pas encore à Napoléon dont la finalité de l’opération est la défaite de l’ennemi par une bataille décisive, il s’agit bien entendu de repérer l’adversaire, de trouver des réserves logistiques pour l’armée (problème fondamental dans l’Armée Impériale du début XVIIIème siècle), des points de passages de fleuves, ponts et routes pour le passage de l’armée, etc… N’oublions pas que les GPS et autres cartes d’Etat-Major n’existent pratiquement pas à l’époque, et qu’il est crucial de se baser sur les rapports des éclaireurs pour savoir où l’on se trouve. Les opérations coups de mains et la recherche d’informations sont au cœur de la reconnaissance. Il s’agit de voir et restituer ce que l’on a vu, ce qui est un exercice difficile en soit.

     

    -En bataille, les mouvements, pour des raisons évidentes, sont beaucoup plus fins qu’en campagne, une déportation sur X mètres d’un régiment peut faire la différence sur un terrain de quelques kilomètres (qui ont tendance à s’allonger pendant la période, et donc plus difficile à identifier). Il s’agit de découvrir le champ de bataille, quelle colline cachera notre avancée, où se trouve l’ennemi, quel est le terrain sur lequel va marcher la troupe.

    Le coup d’œil du général ne suffit pas, comme on peut le constater chez Frédéric II à la bataille de Kunersdorf. Il néglige d’envoyer des troupes de reconnaissances sur un terrain inconnu, pense pouvoir contourner l’adversaire et fait marcher, de nuit, au milieu de l’été, dans une forêt ses troupes avant de se rendre compte qu’il s’est planté et est au milieu d’une zone de marécages, devant donc redéployer encore une fois ses troupes.

    Ces redéploiements se révèlent catastrophiques, et avec sa sous-estimation de l’ennemi, conduisent à la pire défaite de Frédéric II.

     

    Concernant ceux qui repèrent,  on utilise avant tout de la cavalerie légère, utilisés en France particulièrement avec la guerre de Succession d’Autriche.

    Pour des raisons historiques, on utilise surtout des hongrois, qui devaient tenir la frontière face aux turcs, dans un type de guerre essentiellement constitué d’escarmouches et autres opérations de faibles ampleurs. Les unités utilisées pour ce type d’opérations donneront les unités dites de “hussards”/chevau-légers, légèrement équipés, dont la force repose sur la mobilité et la vitesse, utilisés en France en unité de hongrois, commandées en hongrois par des commandants hongrois (au moins sous l’Ancien Régime).

    Ces unités sont aussi très difficiles à tenir, et tendent à faire un peu ce qu’elles veulent, notamment lorsqu’il y a perspective de pillage à la fin d’une bataille ou en campagne, d’autant plus qu’elles disposent d’une certaine indépendance, dans la manière de faire, l’équipement, les traditions.

    Ces unités sont un peu à la mode, les autrichiens utilisent surtout des croates, très fidèles plutôt que des hongrois. Les prussiens utilisent aussi des hongrois, qui se distinguent par leur uniforme à tête de mort.

     

     

     

    Tiré de mes cours de TD et CM.

    "Ce qui est affirmé sans preuve peut être nié sans preuve"-Euclide

  • Modérateur
    Posts8402
    Member since: 26 août 2013

    A propos de la reconnaissance plus moderne, il y a un aspect intéressant qui s’est développé (mais qui existait quand même à l’époque dont parle @papazoulou): la reconnaissance offensive.

    Pour repréesnter simplement la situation, de nos jours, une moto peut faire 400 km à 130 km/h sur route en transportant un homme, donc un soldat. Cela peut servir à faire de la reconnaissance, à infiltrer un espion, mais aussi à saboter une base arrière adverse, ou à guider des avions -ou pour parler d’actualité des missiles de croisière- sur une cible adverse.

    Dès lors, les éléments traditionnellement rapides et “furtifs” de la reconnaissance ont un punch assez important, grâce à leur dotation technologique, qui rompt avec les capacités de la cavalerie légère.

     

    Ajoutez à cela que les bases ennemies se complexifient, se “ponctualisent” et gagnent en poids militaire (base aérienne par exemple) et politique (base d’armes chimiques ou autres armes de terreur) et les troupes de reconnaissance devient un outil d’action militaire à part entière, et non plus seulement de renseignement ou de harcèlement. C’est aussi dans cette considération que les forces spéciales trouvent leur origine et leur doctrine d’action: frapper des objectifs à haute valeur ajoutée avec des troupes rapides et légères mais ayant du punch grâce à leur dotation en armement et leur caractère “d’élite”.

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts1036
    Member since: 26 août 2013

    A propos de la reconnaissance plus moderne, il y a un aspect intéressant qui s’est développé (mais qui existait quand même à l’époque dont parle @papazoulou): la reconnaissance offensive.

    En fait, la reconnaissance est toujours “offensive”, ou au moins, porte le fait qu’elle n’exclue pas une action armée en cas de rencontre avec l’adversaire, au contraire de l’éclairage par exemple où il s’agit de rester le plus discret possible, et de refuser le feu sauf dernière extrémité (troupe encerclée, ennemi à bout portant et menaçant etc…)

    Pour repréesnter simplement la situation, de nos jours, une moto peut faire 400 km à 130 km/h sur route en transportant un homme, donc un soldat. Cela peut servir à faire de la reconnaissance, à infiltrer un espion, mais aussi à saboter une base arrière adverse, ou à guider des avions -ou pour parler d’actualité des missiles de croisière- sur une cible adverse

    Ici, il s’agit d’éclairage ou d’espionnage qui sont d’autres mission de recueil de renseignement que la reconnaissance. Lors d’une reconnaissance, vous devez pouvoir dire :

    • est-ce que l’ennemi occupe la position à reconnaitre
    • quelle est la force de sa position, relativement aux moyens employés pour la reconnaissance, et est-ce que par conséquent, il nécessite d’autres moyens pour être traité.

    enfin, quant on parle de reconnaissance terrestre, parce qu’il y a l’emploi des moyens aérien ou spatiaux qui peuvent aussi opérer une partie de la reconnaissance (en étant toutefois limités par les couverts, bâtiments etc…).

  • Participant
    Posts574
    Member since: 26 août 2013

    L’intérêt de la reconnaissance ? Facile ! 🙂

    Pour faire court, je pense que la fin de ma “signature” correspond tout à fait :

    Vouloir juger sans (bien) connaître, n’est-ce pas là le meilleur moyen de se tromper ?

    A la guerre, les erreurs sont chèrement payées. Pour prendre des bonnes décisions, il faut d’abord avoir un max d’infos valables… C’est dans ce cadre que la notion de reconnaissance prend tout son sens. 😉

     

    La guerre, c'est l'histoire de l'humanité !
    Vouloir juger sans (bien) connaître, n'est-ce pas là le meilleur moyen de se tromper ?

  • Participant
    Posts1291
    Member since: 26 août 2013

    Mais la reconnaissance peut tromper, les aviateurs Allemands qui croisaient dans l’Est de l’Angleterre en 1944 en savent qu’elle que chose.

     

    La reconnaissance peut aussi vous causer des torts, il y a des cas où trop de reconnaissance dans un endroit peut conduire l’ennemi à deviner vos plans.

    Un peuple qui n'aime pas son pays, ne mérite pas son indépendance.
    Moi

    Tiens , il pleut
    Napoléon Bonaparte

  • Participant
    Posts574
    Member since: 26 août 2013

    Eh oui, si on glane des informations erronées… D’où l’importance cruciale de toujours tenter de vérifier la pertinence des informations, si possible en faisant des recoupements. 😉

     

    Et bien sûr, la reconnaissance militaire pure se doit d’être (très) discrète… 🙂

     

    La guerre, c'est l'histoire de l'humanité !
    Vouloir juger sans (bien) connaître, n'est-ce pas là le meilleur moyen de se tromper ?

  • Participant
    Posts943
    Member since: 26 août 2013

    La définition de initiale de reconnaissance a perdu de sa valeur avec le temps. Si le mot, venant de l’ancien français “reconoissance”, veut initialement dire “la collecte d’information”, le mot s’est en réalité élargie afin de s’adapter aux avancées technologiques et les nouveaux besoins tactiques militaires à travers la création de nouvelles missions.

    La reconnaissance, c’est la collecte d’information à travers l’envoie d’une unité de reconnaissance pour étudier l’ennemi (son effectif, sa composition, son positionnement). Mais c’est aussi la mobilisation d’éclaireurs indépendamment du groupe d’armée principal afin d’explorer, et/ou sécuriser une zone (ex: explorer un village, sécuriser un pont). Aussi, avec l’apparition d’éléments blindés de reconnaissance, la reconnaissance armée est devenue de plus en plus utilisée. Elle est définie par la Reconnaissance en Force, qui  vise à entrer en contact avec l’ennemi afin de le forcer à réagir et qu’il révèle sa position, sa composition etc. Aussi, il y a la Reconnaissance par le Feu, qui est est le fait de tirer sur une position où le suspecte l’ennemi d’y être, espérant qu’il confirme sa position par un contre-feu (tirer sur un bâtiment pour savoir si il y a des ennemis dedans).

    Par ailleurs, la définition de reconnaissance armée peut être encore plus floue si l’on compte les techniques de Hit-and-Run, d’attaque de Flanc, mais aussi la localisation et exploration rapide d’un défaut dans le dispositif ennemi ( appelée Reconnaissance-Pull), le couverture d’un mouvement allié, etc. La reconnaissance armée, et particulièrement blindé, n’est en réalité que très peu définissable car elle utilise fréquemment des unités blindées légères régulières- L’armée Australienne utilise par exemple, en autre le Australian 2nd Cavalry Regiment comme unités de reconnaissance blindée. Meme chose pour le Canada dont les régiments blindés comprennent des véhicules blindés de reconnaissance tout en effectuant des tâches blindées plus traditionnelles telles que la prise, la pénétration et l’exploitation… La reconnaissance armée est un cas à part de la reconnaissance.  D’ailleurs elle est souvent mise en oeuvre par des regiments blindés.

    @Ambarquiem

    L’eclairage c’est de la reconnaissance. Par contre l’espionnage non.

    Allez bye Fanta !

  • Modérateur
    Posts8402
    Member since: 26 août 2013

    @noble7

    Par ailleurs, la définition de reconnaissance armée peut être encore plus floue si l’on compte les techniques de Hit-and-Run, d’attaque de Flanc, mais aussi la localisation et exploration rapide d’un défaut dans le dispositif ennemi ( appelée Reconnaissance-Pull), le couverture d’un mouvement allié, etc. La reconnaissance armée, et particulièrement blindé, n’est en réalité que très peu définissable car elle utilise fréquemment des unités blindées légères régulières- L’armée Australienne utilise par exemple, en autre le Australian 2nd Cavalry Regiment comme unités de reconnaissance blindée. Meme chose pour le Canada dont les régiments blindés comprennent des véhicules blindés de reconnaissance tout en effectuant des tâches blindées plus traditionnelles telles que la prise, la pénétration et l’exploitation… La reconnaissance armée est un cas à part de la reconnaissance.  D’ailleurs elle est souvent mise en oeuvre par des regiments blindés.

    Est ce que ces actions ne correspondent pas plutôt à l’éclairage, comme dans les compagnies d’éclairage et d’appui?

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts943
    Member since: 26 août 2013

    Qu’est ce que tu entends par “eclairage” ?

     

    Allez bye Fanta !

  • Modérateur
    Posts8402
    Member since: 26 août 2013

    J’entends l’acceptation du terme éclairage dans l’armée française, qui ont des unités dites “d’appui et d’éclairage”.

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts1036
    Member since: 26 août 2013

    L’éclairage c’est de la reconnaissance. Par contre l’espionnage non.

     

    Non, l’éclairage c’est de l’éclairage :). L’éclairage implique d’être le plus discret possible et de d’utiliser les armes uniquement pour de l’autodéfense. L’éclairage est une mission de sûreté, lorsque la reconnaissance et l’un des mode d’action offensif possible pour une unité.

    Pour différencier éclairage et reconnaissance :

    • je me poste en lisière de bois pour trouver l’ennemi et ses positions dans un village, je suis en éclairage de l’objectif.
    • je rentre dans le village pour déterminer si les positions de l’adversaires sont solides et quels moyens sont nécessaires pour prendre l’objectif, je suis en reconnaissance.

    Une unité propre de reconnaissance va bien sûr, au fil d’une mission continue alterner les deux postures : des phases d’éclairage pour savoir si on peut avancer. Des phases de reconnaissances, surtout dans les points clefs cloisonnés (villages, bosquets, bois, hauteurs etc…), afin de déterminer où est l’ennemi et quel est son dispositif. Il y a des unités spécialistes de l’éclairage, notamment à la Brigade de Renseignement en France, avec des soldats capable de passer 2 semaines à 15 mètres de votre camp sans que vous ne vous doutiez qu’ils sont là (2ème RH). Ils font du renseignement en profondeur qui diffère de ce que peuvent faire les équipes de forces spéciales qui relève de la reconnaissance en profondeur.

    La reconnaissance implique de s’exposer au contraire de l’éclairage, c’est pourquoi les avions font de la reconnaissance aérienne, le vecteur pouvant difficilement se dissimuler.

    J’entends l’acceptation du terme éclairage dans l’armée française, qui ont des unités dites “d’appui et d’éclairage”.

    Les CEA sont en voie de dissolution il me semble. Les mission d’éclairage/reconnaissance vont être reprise par la cavalerie dans les GTIA/SGTIA interarmes. Les sections TE sont réparties entre les compagnies, et je ne sais pas qui va reprendre le volet antichar, la cavalerie a des arguments il me semble (Jaguar avec MMP). Les CEA vont sûrement être maintenues sous une forme modifiée dans les troupes avec spécialité commando (groupes de commando montagne et parachutiste).

     

  • Participant
    Posts943
    Member since: 26 août 2013

    Dans la situation que tu as décris l’on est alors en reconnaissance puisque tu vas collecter des infos pour une force alliée.  C’est surtout parce que la la langue francaise a plusieurs mots pour reconnaissance: éclairage, repérage. Au final on va analyser une position pour pouvoir agir de façon approprié lors de la réelle attaque.

    Allez bye Fanta !

  • Modérateur
    Posts2015
    Member since: 26 août 2013

    Je poste ici une courte vidéo sur les chasseurs à cheval belge, aujourd’hui unité de type “ISTAR”. Cette unité de reconnaissance est en partie responsable de la garde de l’aéroport international de Mazar-e-Sharif . On y découvre les nouvelles méthodes de reconnaissance apportée par la technologie.

  • Participant
    Posts574
    Member since: 26 août 2013

    Super ! Merci d’avoir partagé cette vidéo… 🙂

     

    Il faudrait presque appeler cette unité “les chasseurs” tout court, car question (vrais) chevaux… 😆

     

    La guerre, c'est l'histoire de l'humanité !
    Vouloir juger sans (bien) connaître, n'est-ce pas là le meilleur moyen de se tromper ?

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