Post has published by dan-dan

Ce sujet a 18 réponses, 7 participants et a été mis à jour par  Solduros_390, il y a 4 ans et 4 mois.

  • Participant
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    Member since: 16 avril 2013

    Salut, je me suis posé une question après avoir revue le film Kingdom of Heaven, alors voila, je voulais savoir comment était faite l’armée de Jérusalem.

    Je voudrais si possible avoir une bonne biographie de Beaudouin IV.

    Merci pour vos réponse.

  • Modérateur
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    Member since: 16 avril 2013

    L’armée du Royaume de Jérusalem s’inspirait en grande partie de celle des troupes féodales de l’Europe Occidentale.

    L’ossature de l’armée franque était sa cavalerie lourde montée, composée le plus souvent des barons et autres nobles et chevaliers de Terre Saintes, de chevaliers croisés et de sergents montés. On peut aussi ajouter à cela les différents ordres militaires (hospitaliers, templiers, Saint-Sépulcre et plus tard des teutons).

    Nous pouvons aussi rajouter les turcopoles, mercenaires engagés par les Etats Latins se sont le plus souvent des troupes légères, ces chrétiens syriens pour la plus part mais aussi pour beaucoup des musulmans convertis au christianisme (les Musulmans se montreront impitoyables envers eux).

    Les sergents, présents dans toutes les armées d’Europe, ce sont les troupes a pieds, les “piétons” disposent de diverses armes tels que les vouges, pieu, masse etc…

    Et enfin les troupes de tirs, francs-tireurs, archers, frondeurs et arbalétriers.

    L’armée franque est presque toujours accompagnée de l’évêque de Jérusalem, c’est lui qui détient la Vraie Croix (sur laquelle le Christ fut crucifié), celle-ci est très importante pour le morale des troupes, elle leur donne le courage et l’espoir et serait dit-on à l’origine de nombreux miracles comme à Montgisard où elle implora Saint-Georges d’aider les francs (ce qu’il fit selon la légende).

    Attend un peu pour la bio de Baudoin IV

  • Participant
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    Member since: 16 avril 2013

    Merci, sinon quelle était son effectif comparer à celle de Saladin.

  • Participant
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    Member since: 16 avril 2013

    Lors du siège de Jérusalem, Saladin possaidait 40 000 soldats contre 8000 pour Balian et la ville.

    Les assiégés perdirent la moitié ( voir plus ) de leur troupe tandis que Saladin perdit 10 000 hommes dans la batailles
    .

    Car lors de la brèche faite dans la muraille, le nombre ne comptait plus, c’était la force et la vigueur ( du moins je pense ^^ ). En gros c’est comme dans 300 😉

  • Modérateur
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    Member since: 16 avril 2013

    Merci, sinon quelle était son effectif comparer à celle de Saladin.

    A Hattin les franj disposaient d’environ 17 000 hommes, leurs effectifs n’ont pour la plupart du temps jamais dépassé les 10 000 hommes, par exemple après la 1ere croisade Baudoin 1er n’avait plus que 2000 sergents et quelques centaines de chevaliers. Alors que pour les sarrasins, leurs effectifs s’échelonnaient plus tot au alentour de 30 000 hommes à Hattin.

  • Participant
    Posts58
    Member since: 16 avril 2013

    Il était en position de faiblesse, pourquoi les sarrasins n’on pas attaquer?
    Il aurait pu reprendre Jérusalem.

  • Participant
    Posts2724
    Member since: 16 avril 2013

    C’est ce qu’ils ont fait.

  • Modérateur
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    Member since: 16 avril 2013

    @Rémicas je pense que Dan-dan parlais de la période juste après la 1ère cropisade.

    Si les sarrasins n’ont pas contre attaqués c’est tout simplement que le monde musulman était divisé, les turcs qui avaient complètement écrasé le califat abbasside avaient jeté un vent d’anarchie dans les anciens territoires du Califat, chaque émir et roi se partageant les morceaux et se faisant perpétuellement la guerre, en plus la califat Fatimide d’Egypte de confession chitte, donc considéré comme hérétique par les sunnites faisait tous pour les affaiblir.

  • Participant
    Posts2176
    Member since: 16 avril 2013

    Dans les batailles traditionnelles d’une majorité de l’Europe, les chevaliers chargeaient en premier pour vaincre la noblesse adverse. Un choc des élites en quelque sorte. Et quand un des deux camps avait gagnée ce duel, sa cavalerie rechargeait et on envoyait les piétons en renforts pour finir le travail.

    Est-ce qu’il se passait la même chose durant les Croisades ? Comme les musulmans se basaient aussi sur de la cavalerie de harcèlement, le rôle des sergents devait être moindre. Dans ce cas, est-ce qu’on se fiait plus aux tireurs à pied ?

  • Modérateur
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    Member since: 16 avril 2013

    Les Croisés ne répétaient pas de façon mécanique les tactiques usitées en Europe. Il se trouve qu’elles avaient fait leurs preuves sur le théâtre oriental.

    Les armées musulmanes résistaient mal aux charges en haie, lance sous le coude, inventées quelque part entre la bataille d’Hastings de 1066 (où elle n’est pas pratiquée) et le départ de la 1ère croisade.

    Cela explique bien des victoires improbables comme la sortie d’Antioche ou encore la bataille de Gaza (1000) où Godefroid de Bouillon écrase une armée fatimide avec des effectifs frôlant le ridicule et même, contre Saladin en personne, Richard Cœur de Lion à la bataille d’Arsouf (juillet 1191), où les rangs chrétiens qui sont dangereusement le dos à la mer, s’ouvrent subitement sur une charge qui éparpille littéralement l’armée adverse, celle-là même qui venait de reconquérir Jérusalem !

    Pour les Orientaux, tout l’art consistait donc à affaiblir préventivement les chevaliers par la fatigue, la faim et la soif. Ce qui fut réalisé de maîtresse façon par Saladin aux Cornes de Hattin.

    .

    A l'inverse du généraliste, le spécialiste est celui qui en sait toujours plus sur un sujet de plus en plus restreint. Le spécialiste parfait est donc celui qui sait absolument tout sur absolument rien.

  • Participant
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    Member since: 16 avril 2013

    Kymiou, j’ai quelque part (je dois retrouver le site) que les Allemands d’Otton 1er avaient chargé les Hongrois la lance couchée. Mais c’est peut-être faux.

    En fait je parlais plus de déplacements de troupes. Imaginons que 2’000 hommes doivent partir d’Antioche pour le Krak des chevaliers. Est-ce que les croisés vont leur adjoindre un bataillon de tireurs (archers/arbalétrier) pour les couvrir contre d’éventuels raids, ou est-ce que les sergents continueront à jouer un rôle important, ou du moins pas complétement inutile ?

  • Participant
    Posts1913
    Member since: 16 avril 2013

    Il me semble que Baudouin Ier était parti en guerre avec sa garde personnel soit une centaine de chevaliers, et il vainquit des milliers d’hommes grâce à la charge.

  • Modérateur
    Posts1264
    Member since: 16 avril 2013

    …et aussi grâce au pouvoir galvaniseur de la “Vraie” Croix.

  • Modérateur
    Posts1944
    Member since: 16 avril 2013

    Solduros_390 me dit :

    Kymiou, j’ai quelque part (je dois retrouver le site) que les Allemands d’Otton 1er avaient chargé les Hongrois la lance couchée. Mais c’est peut-être faux.


    Lance couchée peut sous-entendre pointe dardée le bras tendu et non lance sous le coude. La nuance est importante puisque seule cette dernière manière permet la charge en rang vraiment serré. Peut-être y a-t-il une simple erreur de traduction ou d’interprétation à propos d’Othon.

    Sans être catégorique ni parier ma vie là-dessus, mais il me semble que la tapisserie de Bayeux démontre à elle seule que la haie compacte n’était pas encore pratiquée.

    Solduros ajoute :

    En fait je parlais plus de déplacements de troupes. Imaginons que 2’000 hommes doivent partir d’Antioche pour le Krak des chevaliers. Est-ce que les croisés vont leur adjoindre un bataillon de tireurs (archers/arbalétrier) pour les couvrir contre d’éventuels raids, ou est-ce que les sergents continueront à jouer un rôle important, ou du moins pas complétement inutile ?

    Quant à la question du déplacement des troupes et l’usage de la piétaille, j’ai ce que tu cherches dans ma bibliothèque, tiré in extenso de « L’art de la Guerre » du général E. Wanty (cela concerne précisément la bataille d’Arsouf et les jours qui la précèdent):

    « Richard Coeur de Lyon forma le projet de reconquérir Jérusalem en en longeant d’abord la côte. Il divisa son armée (environ 10000 hommes) en douze détachements mixtes infanterie-cavalerie, les gens de pied sur le flanc Est, exposé aux attaques, les bagages du côté de la mer. L’avant-garde et l’arrière-garde étaient fournies par les ordres militaires religieux, Templiers et Hospitaliers.
    « Grâce à un témoins arabe de l’entourage de Saladin, nous prenons ici une vue précise du rôle de l’infanterie : « elle formait comme un rempart autour des chevaux ; les hommes, armés de fortes arbalètes, tenaient nos cavaliers à distance. Les chevaliers chevauchaient au centre de la colonne et n’en sortaient que pour des charges soudaines quand il s’agissait de dégager les fantassins ou de forcer un passage… »

    » La situation était très particulière : cette colonne de Croisés était accompagnée sur un itinéraire parallèle par l’armée de Saladin, qui la harcelait sans répit. Aux étapes, le ravitaillement des Croisés était assuré par la flotte.

    Plus loin encore : en août 1192, sous Jaffa, Richard fut surpris avec un détachement. Il ne pouvait être question de charger. Les chevaliers, démontés, fichèrent profondément dans le sable la pointe de leur bouclier et le fût de leur lance inclinée vers l’avant. Entre ces piquiers, Richard installa ses arbalétriers sur deux rangs pour assurer la continuité du tir. La cavalerie turque dut s’arrêter net devant le mur de lance ; au moment de faire demi-tour, les arbalètes entrèrent en action. Richard réussit à se tirer de ce mauvais pas grâce à cette nouvelle combinaison des deux armes.

    Et l’auteur conclut : » Richard Coeur de Lion fut le premier de son époque à confier un rôle à l’infanterie si dédaignée et à tirer parti de son armement plus puissant. Elle avait, en somme, la mission de recevoir, arrêter ou freiner le premier choc, d’abriter la cavalerie en s’interposant entre les chevaux et les archers ennemis.

    Réf : L’art de la guerre, Gen. E. Wanty, Ed. Gérard, coll. Marabout Université, Verviers 1967.

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    A l'inverse du généraliste, le spécialiste est celui qui en sait toujours plus sur un sujet de plus en plus restreint. Le spécialiste parfait est donc celui qui sait absolument tout sur absolument rien.

  • Participant
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    Member since: 16 avril 2013

    Merci Kymiou. Je comprends mieux pourquoi Richard était considéré comme un bon tacticien. Surtout qu’il me semble qu’à Arsouf, il ne voulait pas d’une charge massive de cavaliers. Mais un noble n’en fit qu’à sa tête et entraîna toute la chevalerie derrière lui, menant ainsi à la victoire.

    Aurait-il le premier compris que la charge n’était pas toujours le meilleur moyen de l’emporter ? Contre le harcèlement permanent des Turcs, des chevaliers à pied et donc solidaires du reste de la piétaille formaient une meilleure défense combinée que des cavaliers qui auraient pu être isolés et qui auraient ainsi laissé leurs fantassins avec une protection amoindrie.

  • Modérateur
    Posts1944
    Member since: 16 avril 2013

    Aurait-il compris…?

    Il me semble que c’est le cas. Richard perçoit l’avantage de combiner deux armes et transmettra le “truc” à ses successeurs qui remplaceront les arbalétriers par les archers, moins coûteux et surtout à la cadence de tir plus rapide.

    Dans le même temps, la chevalerie française évolue vers une haute conscience de classe, imbue de sa supériorité et toujours prête à sous-estimer l’adversaire.

    Dès le début de la guerre de 100 ans, la confrontation des deux visions donnera ce qu’on sait…

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  • Participant
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    Member since: 16 avril 2013

    Les Anglais du 13ème siècle restaient très féodaux dans leur mentalité. Les chevaliers montés demeuraient l’unité d’élite du royaume. Il n’y a qu’à voir comment ils menèrent les guerres contre l’Ecosse jusqu’en 1333. Après cela, ils comprirent que la tactique militaire avait évolué et ils l’appliquèrent en France. Mais c’est une autre histoire.

  • Modérateur
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    Member since: 16 avril 2013

    @ Elessar

    Il me semble que Baudouin Ier était parti en guerre avec sa garde personnel soit une centaine de chevaliers, et il vainquit des milliers d’hommes grâce à la charge.

    Exact. Le chroniqueur Foucher de Chartres, qui participa à cet engagement, nous en a fait le récit. J’en repique les phrases essentielles :

    « Notre chemin côtoyait la mer et à un certain endroit, se révélait beaucoup trop resserré pour le passage d’une armée(…) C’est là que les Infidèles se flattaient de nous arrêter et nous égorger tous(…) Le seigneur Baudouin (N.B. Baudouin Ier, fraîchement nommé roi de Jérusalem après la mort de son frère Godefroid – nous sommes en décembre 1101) range aussitôt en bataille son armée divisée en plusieurs lignes et nous avançons, bannières déployées mais à pas lent. »

    Ce premier engagement – qui n’est qu’une brève escarmouche – est interrompu par la nuit. Les Chrétiens campent sur place et on tient conseil. L’ennemi est en nombre, bien retranché, mais manque de cohésion : on a repéré des Turcs, des Arabes et des Sarrasins (c’est Foucher qui le précise).

    Le chroniqueur poursuit : «  Au matin, on s’arrêta au parti de rebrousser chemin, en faisant marcher devant les bêtes de somme chargées de nos bagages(…) Nous voyant retourner en arrière, les Infidèles descendent en toute hâte pour nous poursuivre comme des fugitifs (…) Faisant subitement volte-face, nos hommes d’armes chargent ceux qui nous poursuivaient et les mettent en fuite en ne leur laissant même pas l’envie de se défendre.

    Il s’agit, clairement, d’un cas de fausse retraite pour attirer dans la plaine un ennemi embusqué. Une tactique simple mais exigeant un professionalisme que l’on prête rarement, d’ordinaire, aux armées médiévales.

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    A l'inverse du généraliste, le spécialiste est celui qui en sait toujours plus sur un sujet de plus en plus restreint. Le spécialiste parfait est donc celui qui sait absolument tout sur absolument rien.

  • Participant
    Posts2176
    Member since: 16 avril 2013

    Il s’agit, clairement, d’un cas de fausse retraite pour attirer dans la plaine un ennemi embusqué. Une tactique simple mais exigeant un professionalisme que l’on prête rarement, d’ordinaire, aux armées médiévales.

    C’est tout le débat autour d’Hastings. La plupart des historiens prétendent que Guillaume fit exprès de faire battre en retraite son armée pour attirer les Saxons avant de se retourner pour attaquer. Mais les historiens anglo-saxons avancent qu’ils s’agit d’un coup de chance, en tout cas pas d’un acte volontaire car les armées médiévales n’avaient pas la capacité d’accomplir de telles manœuvres. Ton exemple montre le contraire bien qu’il soit postérieur à Hastings.

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