Post has published by Shingen

Ce sujet a 7 réponses, 6 participants et a été mis à jour par  Pano, il y a 3 mois et 1 semaine.

  • Participant
    Posts1
    Member since: 1 août 2016

    Bonjour (ou bonsoir) à tous !
    Après quelques recherches sur Internet sur la fameuse bataille gagnée par Napoléon en 1806, j’ai compris que la bataille d’Iena a été gagnée grâce à une attaque surprise sur le plateau détenu par les Prussiens.
    En effet, selon les textes que j’ai lu, les Prussiens s’attendaient à une attaque sur leur droite, chose qui a été faite mais qui s’avérait être une diversion.
    La question qui me taraude est: pourquoi les Prussiens n’attendaient-ils pas une attaque sur le plateau ?
    Était-ce parce qu’il s’agissait d’un plateau et que l’attaque sur cette position surélevée leur paraissait très risquée ? Cela me paraîtrait tout de même bizarre étant donné qu’une supériorité numérique assez grande suffirait à faire tomber la position.

    Voilà pour ma question, j’ai conscience que vous n’étiez pas dans l’état-major prussien à cette époque mais si vous avez lu une quelconque information à ce sujet, je me ferais un plaisir de l’apprendre 🙂 .

  • Participant
    Posts911
    Member since: 1 août 2016

    Le plateau n’etait pas accèssible par les français normalement, ils ont du tailler dans la roche un chemin pour y arriver, je l’ai lu dans les mémoires de Marbot.

  • Modérateur
    Posts2995
    Member since: 1 août 2016

    Oui en effet le plateau à l’ouest d’Iéna est difficilement accessible. Alors que sur la droite prussienne il y avait une route gardée par les saxons, route néanmoins sinueuse.
    Les témoins de l’époque rapportent effectivement des colonnes de soldats français contraints de se mettre en fil indienne pour emprunter certains passages, ou encore des sapeurs taillant la roche de nuit pour permettre aux canons de passer. Le tout à la lueur de torches dont une tenue par l’empereur lui-même qui supervise la progression.
    Les prussiens n’ont certainement pas cru possible que plusieurs corps puissent passer par là, avec leur artillerie, et en si peu de temps. On peut y voir ici la marque d’un commandement prussien hésitant et pratiquant une forme de guerre méthodique et surtout dépassée.

    Avant de faire ce post j’ai voulu voir ce qui se disait sur internet ou dans quelques livres à propos de cette bataille. Et je dois dire qu’il n’y a pas grand-chose (auriez-vous des références ?).
    Le manque de récit n’est peut-être pas si surprenant tant cette bataille s’avère peu sophistiquée comparée par exemple à Austerlitz ou Friedland (ce n’est pas une critique négative). En dehors de cette infiltration sur le plateau, c’est avant tout un pur assaut frontal, où la supériorité tactique et surtout morale française ont été déterminantes.
    Si les manœuvres au cours de la bataille furent si simples, c’est aussi parce que la manœuvre antérieur à Iéna, au niveau de la grande tactique, elle fut tout à fait remarquable.
    Mais même tout cela n’est que détails car les raisons de la victoire sont plus profondes. En 1806 l’armée prussienne et l’armée française se ressemblent visuellement, pourtant elles ne font clairement plus la guerre sur la même planète…

    Comparaison n'est pas raison.

  • Modérateur
    Posts8403
    Member since: 1 août 2016

    Tant qu’à y être, creusons la question: Qu’est- ce qui différencie si fondamentalement ces deux armées?
    Est-ce simplement la faiblesse du commandement prussien? Ou bien y a t’il des points d’équipement ou de formation de la troupe plus marquants?

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts1364
    Member since: 1 août 2016

    Ce que je sais : L’armée prussienne vit dans le culte de Frédéric II (ce qui causera d’ailleurs la défaite de l’Allemagne en 18 et en 45, toujours cette fichue idée qu’en allant vite l’Allemagne peut gagner sur deux fronts….) elle ne se soucie guère de s’adapter, d’évoluer, elle tente d’appliquer des recettes qui marchaient sous Frédéric, mais l’on est plus à cet époque, et le roi soldat est mort, or il n’y a pas grand monde de son envergure…. Alors que l’armée française modernise son artillerie (sous l’Ancien Régime cependant) crée les corps d’armée, le modèle divisionnaire etc…. Ce qui donne aux français une forte supériorité sur leurs adversaires.

  • Modérateur
    Posts2995
    Member since: 1 août 2016

    Il y a beaucoup de choses à dire. J’aimerais même y consacrer un dossier.
    Déjà il faut signaler les similitudes, notamment techniques, par exemple la différence ne s’est pas faite au plus gros canon ou au meilleur fusil.

    Pour les différences il y a plusieurs manières de voir la question.
    La façon Jomini, la Grande armée gagne grâce à composition en corps d’armée, sa disposition en « bataillon carré », ses manœuvres : intérieures entre russes et prussiens et extérieures contre les prussiens seuls etc… Mais cela ce n’est que la partie émergée de l’iceberg.

    Et la façon Clausewitz : la différence de forces morales.
    L’armée prussienne c’est l’aboutissement d’une armée de l’ancien régime. Elle a la réputation d’avoir la meilleure cavalerie et son infanterie est capable de délivrer une cadence de tir d’enfer. Mais c’est également une armée de professionnels, de mercenaires allemands (mais non prussiens) qui se battent pour l’argent et sont souvent enrôlés de force. La motivation des soldats est évidement faible et les désertions courantes, on compense donc par une forte discipline (toute prussienne) et un sévère drill qui transforme les soldats en vulgaires robots. La logistique est lourde pour que le soldat ne se mette pas à piller.
    Le manque de leadership est également à souligner. Les décisions stratégiques sont prises aux cours d’un conseil de guerre où les différents avis sont écoutés ce qui aboutit toujours à l’adoption de la solution la plus prudente, la moins audacieuse.
    La rigidité, la lenteur, le méthodisme, l’extrême sévérité au sein de l’armée prussienne est le résultat de ses faiblesses morales qui sont-elles la conséquence du fonctionnement d’une société d’ancien régime.

    Côté français en revanche on a une armée qui est l’aboutissement de la Révolution. Il n’y a pas de châtiment corporels, pas besoin car les soldats sont motivés et se battent pour leurs droits, des idéaux, la nation, pour monter socialement, le soldat n’est pas un robot mais le représentant d’une unité au quelle il doit faire honneur etc. Du coup avec une motivation forte (le fameux « feu sacré » cité par Napoléon) la discipline et la logistique sont faibles, les témoins parlent d’un certains chaos dans les marches, mais cela fait avancer plus vite et permet de vivre sur le terrain.
    La Révolution a libéré la créativité au sein des armées et accru la marge de manœuvre de tous les échelons d’où les nouvelles organisations (corps d’armée, divisions, ordres mixtes) et une prise d’initiative accrue.
    Selon Clausewitz la Révolution va accroitre la motivation (il utilise le terme de passion) des soldats français au point de décupler leurs capacités. C’est ce qu’il appelle une montée aux extrêmes et si on ne la suit pas, comme les prussiens en 1806, on se prend une raclée monumentale.

    Comparaison n'est pas raison.

  • Participant
    Posts911
    Member since: 1 août 2016

    Il y a aussi le probleme de cartes, les prussiens en avaient peu, de sorte qu’ils ignoraient ou ce trouvaient telle ville pourtant assez proche, pour ce situer, ou retraiter et devaient demander a la population pour s’eclairer,  du temps perdu suplementaire, alors que Napoleon faisait toujours dresser ses cartes d’avance pour sa guerre éclair.

    C’est la mentalité de l’ancien monde contre le nouveau qui émerge, de la vieille tactique depassée contre une meilleure éfficacité, de la vitesse contre la lenteur, de l’emploi supérieurs combinées des unités infanteries et de cavaleries, des vieux généraux avec leurs tactiques depassée contre de jeunes maréchaux tres actifs, tres experimentés connaissant a fond la nouvelle tactique et brave, sachant entrainer leurs troupes motivés, contre une armée en partie composée de mercenaire, de voltigeurs, qui desorganisent la lente avance prussienne avant d’arriver au contact…et vous comprendrez que les prussiens n’avaient aucune chance de vaincre une armée arrivée au sommet de sa forme, fanatisé par un homme de Genie,Napoleon, pour lequel, ils avaient eu ces mots au commencement de la campagne: “Les généraux prussiens sont de grands imbéciles…”

     

    Il fallait donc une refonte complete de l’armée prussienne…

  • Participant
    Posts574
    Member since: 1 août 2016

    En effet, c’est justement (et tout simplement 😉 ) car jugées impraticables que les pentes du Landgrafenberg n’ont pas été abondamment garnies de défenseurs…

    Or, c’est tout le corps de Lannes (à peu près 20’000 hommes) qui l’escalade… bientôt suivi par l’artillerie et par les environ 5’000 hommes que comptait alors la Garde impériale. Par la suite, un quartier-général est (rapidement) improvisé sur les hauteurs… en un lieu connu de nos jours comme le Napoleonstein ! 🙂

     

    A titre de complément, voici un lien vers un descriptif de cette bataille (avec les forces en présence, des photos actuelles des lieux, etc.  – la totale, quoi ! 😉 ) :

    http://www.napoleon-empire.net/batailles/iena.php

     

    Ce qui est entre autres intéressant, c’est qu’apparemment Napoléon n’avait pas prévu d’exploiter à fond cette possibilité au début : il pensait se retrouver face à toute l’armée prussienne d’une part et, ainsi, il ne pensait pas pouvoir “juste comme ça” leur porter un coup décisif… Il a “rectifié le tir” par la suite ! 😉

     

    La guerre, c'est l'histoire de l'humanité !
    Vouloir juger sans (bien) connaître, n'est-ce pas là le meilleur moyen de se tromper ?

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