Post has published by Alexander Van Reynaert

Ce sujet a 25 réponses, 16 participants et a été mis à jour par  guiguit, il y a 1 an et 8 mois.

  • Participant
    Posts275
    Member since: 12 mai 2015

    Salut à tous et à toutes !
    Je crée cet espace d’échanges consacré aux témoignages après avoir constaté que nombre d’entre vous y faisaient allusion dans les discussions. Je considère personnellement que les témoignages demeurent une source historique essentielle, car peut être plus humaine, plus personnelle, et toujours très intéressante à découvrir… Alors si vous souhaitez partager le souvenir d’une personne que vous connaissez, ou bien évidemment les vôtres, n’hésitez pas, cette section est à vous !! Toutes réactions et autres commentaires sont également les bienvenues… 😉

    Témoignage de Marcel Barbary, ancien de la 1ère DFL aujourd’hui âgé de… 101 ans !

    Mobilisation et campagne de 1940
    Né en 1914, Marcel Barbary a 20 ans lorsqu’il reçoit, comme tous les jeunes hommes de la “classe 34”, son ordre de mobilisation. Il est alors rattaché à un régiment d’artillerie à Poitiers, et entame sa montée au front (avec un fusil 2 cartouches en poche) par voie ferrée, puis à travers champs, les routes étant encombrées de civils en exode. Arrivé au point de regroupement, son régiment reçoit immédiatement l’ordre de se replier vers le Sud (!) dans une ambiance de panique généralisée…

    Un soir, les officiers ordonnent de stopper la retraite et de creuser une tranchée (vieille habitude) pour accueillir les Allemands au matin, mais l’ouvrage n’avançant pas très vite, ordre est donné de monter le camps et de dormir. Le lendemain, le travail reprend dans la brume lorsqu’un gars s’écrie “voilà les renforts” ! Tout le monde lève la tête pour apercevoir un détachement allemand qui, les mettant en joue, les font prisonniers immédiatement.
    Ils sont ensuite escorté (4 soldats allemands pour environ 2000 hommes selon Marcel), puis convoyés vers Stuttgart toujours par voie ferrée.

    Le camps et l’évasion
    Lors du tri des prisonniers, Marcel est bien traité : il est “tourneur sur métaux”. Il est rembarqué dans un train (décidément…) en direction de Cingem, pour y travailler dans l’usine Maggi, partiellement réquisitionnée par la Wermacht.Il y retrouve alors son jeune cousin, “Pierrot”, employé en qualité de plombier.

    Comment vous expliquer le plan d’évasion de Marcel… pour faire clair, c’est entre folie et mission impossible ! Lui et son cousin avaient remarqué qu’un train en provenance de Suisse amenait des bouteilles de lait tous les jours à la gare, qui se trouvait entre l’usine et le hangar où ils dormaient avec les autres détenus. Ce train repartait ensuite le soir, les bouteilles vides remplaçant les pleines. Ensuite, les 2 Allemands chargeaient de surveiller la colonne (de vieux réservistes contents de leur “planque”) avaient pris l’habitude de discuter à l’avant de la colonne… bonne nouvelle hein ?.. Enfin, les cousins devaient, à l’approche de la Suisse, sautaient du train avant d’arriver à la frontière (qu’ils savaient gardée), puis la rejoindre à pied via les terrains boisés. On aviserait là-bas comment rejoindre Londres ou l’Afrique du Nord, la routine quoi…

    Vers la fin 1941 (Marcel ne me l’a pas précisé), revenant de l’usine, ils décident de mettre leur plan à exécution, accompagnés d’un espagnol aventureux : ils s’infiltrent dans la gare, se glissent dans le train et se cachent entre les cageots de bouteilles vides ; tout se déroule bien, mais ils seront découverts à la frontière suisse et ramenés au camps sous escorte de ces messieurs de la Gestapo. La seconde tentative est la bonne, Marcel et son cousin seuls arrivant à franchir la frontière et à trouver refuge chez l’habitant. Puis, ils rejoignent l’Espagne A PIED (des Rambos !) grâce à un passeur et croupissent 6 mois dans le tristement célèbre camps de Miranda, où Marcel faillit mourir des conditions de vie inhumaines. Profitant de la pression des Etats-Unis (fournisseur alimentaire), les prisonniers français purent rejoindre le Portugal, terre d’asile, et de là Tanger par bateau.

    La poursuite de la guerre
    Après avoir traversé une partie du Maroc puis l’Algérie (Rambos je vous dis…), ils arrivent en Tunisie dans la seconde moitié de 1942 et s’engagent dans les transmissions de la 1ère Division Française Libre. Ils reçurent ensuite 5 mois d’entrainement, suivis de manoeuvres sur le matériel américain fraichement livré.

    Puis la division débarque à Naples en avril 1944, participe aux combats mémorables du Garigliano, Cassino et se bat au Tivoli, avant de traverser Rome et de rejoindre Forence en juin, non sans livrer de rudes combats. La campagne d’Italie est terminée.

    Marcel participe ensuite au débarquement de Provence, près de St-Tropez, mais sa jeep s’enfonce jusqu’au capot dans l’eau et cale subitement. Notre ami se retrouve désespéré, coincé AU MILIEU DES TIRS ALLEMANDS (les balles ricochent sur sa jeep, et plusieurs soldats français tombent autour de lui) ; il sera finalement tracté par un Duke et s’en sortira indemne… physiquement du moins. La mission de la division est de “nettoyer” la côte des défenseurs allemands retranchés, et Barbary prend ainsi part à la bataille de Toulon. Puis la 1ère DFL délivre la rive droite du Rhône (Lyon compris) et livre des combats plus au Nord avant que Marcel ne combatte aux environs des Poches de l’Atlantique, où son unité contribue à l’encerclement des troupes allemandes dans les réduits défensifs des batteries côtières.

    Il rejoint le front nord-est le 2 janvier 1945 et résiste avec sa division à la contre-offensive ennemie de la poche de Colmar le 7, avant de continuer sa progression au coeur du Reich. Fin mai, la division reçoit l’ordre de mettre cap au sud pour participer aux derniers combats contre les troupes italiennes (ce qu’il en reste) dans les Alpes du Sud, et Marcel fête officiellement la capitulation du 8 mai sur la place Masséna, à Nice !

    Pour les plus courageux qui auront tout lu, avant tout un grand merci, et je serais très heureux de rapporter vos réactions à Marcel, qui s’avère être mon voisin. Il va bien, participe toujours aux commémorations en tant que plus vieux porte-drapeau de France, et a publié son témoignage : “Histoire d’une évasion”, que vous ne trouverez pas en librairie.

    A présent c’est à votre tour, chers amis, de nous faire partager vos témoignages !

  • Modérateur
    Posts1944
    Member since: 12 mai 2015

    Une très bonne idée, ce sujet. Tu transmettras mes compliments à ton voisin.

    .

    A l'inverse du généraliste, le spécialiste est celui qui en sait toujours plus sur un sujet de plus en plus restreint. Le spécialiste parfait est donc celui qui sait absolument tout sur absolument rien.

  • Participant
    Posts289
    Member since: 12 mai 2015

    Quelle belle histoire, tout mes compliments à cette homme !

    J’avais eu un arrière grand père qui a était déportés en camp de concentration, et un autre qui a était gazé a Ypres et qui a survecu, son carnet doit etre quelque part à la maison, je cherche cela et je vous en dit plus dans un autre post

    "Le dedans des pauvres sent déjà la mort"
    Louis-Ferdinand Destouches dit Céline, Voyage au bout de la nuit, 1933

  • Participant
    Posts275
    Member since: 12 mai 2015

    Merci à vous @kymiou et @censier pour ces premiers retours positifs. Je ne manquerai pas de lui faire part de vos compliments, en attendant l’histoire de l’ancêtre de notre cher ami, qui s’annonce déjà passionnante ! 😉

  • Participant
    Posts1364
    Member since: 12 mai 2015

    Je connais un Allemand habitant désormais au fin fond de la Savoie, qui a fait la légion étrangère, maintenant il prend une retraite bien méritée: sur son unité initiale, ils ne sont plus que deux en vie…

    Sa retraite est due à une situation propre à l’armée, en effet vient le jour de la remise des médailles, et c’est la que notre homme découvre la situation financière de la France: il faut acheter soi même ses médailles :woohoo: donc le soldat s’insurge, résultat: dégradation au rang de simple soldat. Littéralement dégoûté par cela, il a quitté l’armée pour venir habiter en Savoie et il n’a pas perdu la main, j’ai déjà mangé un sanglier qu’il avait lui même abattu.

  • Participant
    Posts639
    Member since: 12 mai 2015

    Le debut de ton témoignage van reynaert ressemble beaucoup à ce qu a vécu feu mon grand pere(né en 1920) qui s etait porté volontaire à dix neuf ans mais a été refusé. Eleve de l’école des mines, il fut donc engagé l’année suivante 1940, dans la DCA, il n’arriva jamais à detruire un zinc allemand et dû subir la terrible retraite de l’armée francaise il ne comprenais rien à ce qu il se passait et il mangeait chaque jour des tomates (il les haira toutes sa vie). Ce fut l un des rares à passer de la zone libre à la zone occupée(non sans risque) afin de poursuivre ses études. Il n’a été que peu impliqué dans le conflit mais son histoire represente bien l impreparation de l’armée française.

  • Participant
    Posts1189
    Member since: 12 mai 2015

    Je me demande une chose : comment est-ce possible que le voisin de Van Reynaert ait été pris dans la classe “34” alors qu’il en avait 26 ans ?

  • Participant
    Posts275
    Member since: 12 mai 2015

    Bien vu @Hellshing, je me suis trompé dans mes notes : c’est en fait avec la classe 34 que Mr Barbary effectue son service militaire, et non sa mobilisation.

  • Participant
    Posts289
    Member since: 12 mai 2015

    J’ai retrouvé le carnet de mon arrière grand-père résistant pendant le WW2

    Il n’a rien marqué sur sa mobilisation et sur la bataille de France, le récit commence en 1941, mon ancêtre entre dans la résistance et il se fait arrêter par la Gestapo, quelques jours plus tard, il se retrouve en camp, il essayera de s’enfuir deux fois et réussira à s’enfuir il n’a quasiment rien écrit sur son séjours dans les camps, les seuls mots qu’il a écrit dessus après guerre c’est je cite:
    «Tant d’horreur commise, je m’en souviendrai toute ma vie.»
    Il mourut quelques années après la guerre, sur sa tombe, un drapeau français flotte, il reçu la légion d’honneur

    "Le dedans des pauvres sent déjà la mort"
    Louis-Ferdinand Destouches dit Céline, Voyage au bout de la nuit, 1933

  • Participant
    Posts275
    Member since: 12 mai 2015

    Waouw, je trouve très émouvante l’unique phrase qu’il a laissé en “témoignage”… sais-tu ce qu’il a fait quand il était résistant ??

  • Participant
    Posts289
    Member since: 12 mai 2015

    @Alexander Van Reynaert, malheureusement, le carnet que j’ai en ma possession est très abîmé, mais avec un peu de chance mes grands-parents en connaissent un peu plus, je demanderais et j’éditerai mon message si j’ai quelque nouvelle, au passage si je n’ai pas écrit son nom c’est pour préserver un peu la vie privé de ma famille

    Bien à vous

    "Le dedans des pauvres sent déjà la mort"
    Louis-Ferdinand Destouches dit Céline, Voyage au bout de la nuit, 1933

  • Participant
    Posts291
    Member since: 12 mai 2015

    bon moi je vais bientôt assister un un GRAND moment historique:un changement constitutionnelle pour permettre au “président” de ce représenter 😆

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  • Modérateur
    Posts1944
    Member since: 12 mai 2015

    Cela s’est passé vers le 24 mai 1940 quelque part dans le sud des Flandres. La percée allemande fonçait vers la Manche et les armées alliées du front nord, françaises, britanniques et belges se retrouvaient irrémédiablement enfermées dans une poche qui mènera à l’évacuation de Dunkerque.

    Pour anecdotique qu’elle soit, l’histoire qui suit illustre bien l’ambiance de ces jours-là, avec des Alliés bousculés, disloqués, démoralisés, vivant une sorte de fin du monde et des Allemands euphoriques pour qui tout semblait facile.

    Je tiens l’histoire d’un personnage de ce récit : le chauffeur. Il était au volant d’une Citroën Traction réquisitionnée et hâtivement repeinte en brun-vert avec une cocarde noir-jaune-rouge qu’on aurait crue tracée à la brosse à WC. Son passager était un étudiant bombardé sous-lieutenant de réserve car il avait des diplômes. Ils avaient perdu tout contact avec leur unité d’artillerie sans canons ni chevaux depuis les combats sur la Lys, rapport aux stukas.

    A l’arrière, la voiture transportait les dossiers administratifs de l’unité, états des effectifs, listes des malades ou punis, comptabilité des dépenses, etc… Ayant longtemps erré de prairies en sentiers champêtres, la voiture finit par approcher d’une route nationale bordée de taillis tellement épais qu’ils empêchaient d’en voir autre chose que la trouée étroite ouverte par la piste agricole. Un convoi militaire défilait sur la route et deux MP, campés au carrefour près de leur side-car et reconnaissables à leur bâton à cercle rouge et blanc ; ils en faisaient des moulinets pour presser le mouvement. A l’approche de la voiture belge, l’un d’eux fit signe d’attendre. La Citroën s’arrêta donc.

    Au bout d’un moment, le sous-lieutenant dit :

    –  T’as vu la couleur des camions ? Pas des Français, çà. Des Anglais, sûrement…
    –  Probable. Ils ont l’air pressés et comme on sait qu’ils ne pensent plus qu’à rentrer chez eux… !

    Mais l’officier avait un doute.

    –  Quand même, tu as vu le casque des MP ?
    –  Oh tu sais, mon lieutenant, ce sont des motards. Même les nôtres ont des casques bizarres !

    A cet instant précis, un canon autotracté passa devant eux, porteur d’une énorme croix noire ! Par pur réflexe, le chauffeur engagea la marche arrière et l’un des deux « MP », se tournant à demi, fit « non » de l’index : restez-là ! Son mouvement mit en évidence la chaîne et la plaque hausse-col caractéristiques des feldgendarmes.

    Le convoi s’éloignant, l’Allemand s’approcha nonchalamment de la Citroën, jeta un regard curieux vers les boîtes de papiers sur les places arrières, puis demanda :

    – Haben Sie irgendwelche waffen ?

    Pour la dotation en armes, les « administratifs » de l’Artillerie passaient toujours après les autres. Le lieutenant tendit son arsenal : un minuscule 6,35 mm qu’il tenait de famille et qui aurait été mieux à sa place dans un sac à main pour dame en voyage.

    Le feldgendarme saisit la babiole entre deux doigts, se mit à rire et le jeta dans le fossé comme une chose pas propre. Après quoi il sortit son propre pistolet et le brandit sous le nez du chauffeur, plus mort que vif :

    – DIES ist eine waffen !

    Par la suite, le chauffeur me raconta que, sur le moment, il avait vraiment eu l’impression qu’on lui présentait un obusier miniature ! Sur ces entrefaites, l’autre gendarme enfourcha sa moto et rameuta son collègue qui, toujours riant, rengaina son « obusier » et sauta dans le side-car. Tout redevint calme…

    Malgré le côté « 7ème compagnie », cet épisode illustre bien la volonté allemande d’avancer à tout prix sans s’occuper des miettes inoffensives laissées derrière elles par les armées alliées en pleine déroute.

    Ce chauffeur, c’était mon père.

    L’histoire finit plutôt bien. Fait prisonnier avec son sous-lieutenant peu après à un simple barrage routier, il finit par se retrouver dans un camp provisoire à Nurenberg. Au mois de juillet de la même année, les Allemands cherchèrent à semer la zizanie parmi les Belges en libérant ostensiblement les Flamands et en gardant tous les autres. Ils organisèrent dans ce but un examen écrit où il fallait, en dix lignes, fournir un semblant de C.V. Comme la majorité des Bruxellois, mon père passa l’épreuve sans difficulté et rentra chez lui, libre et démobilisé.

    Et comme l’examen se tenait généralement sur des longues tables de réfectoires où les candidats étaient pressés les uns contre les autres, c’est fou le nombre de Wallons n’entravant pas le moindre mot de Néerlandais qui réussirent l’épreuve avec l’aide de leurs camarades flamands ! Les Allemands le comprirent vite et interrompirent le processus après quelques semaines.

    .

    A l'inverse du généraliste, le spécialiste est celui qui en sait toujours plus sur un sujet de plus en plus restreint. Le spécialiste parfait est donc celui qui sait absolument tout sur absolument rien.

  • Participant
    Posts587
    Member since: 12 mai 2015

    Ce témoignage vient de mon grand-père. Il a fait le STO mais je ne sais plus où. Un jour, l’alarme retentit, signe que les alliés allaient bombarder la zone. Il se précipita alors vers un abri puis un allemand le rejoint dans sa course et le demanda comment il s’appelait. Il répondit puis l’allemand lui demanda s’il venait d’ici, nein, nein, nein lui répondit mon grand-père.
    Il lui demanda alors s’il venait de Berlin, nein, nein, nein lui répondit mon grand-père. Il lui demanda donc s’il venait de Munich, nein, nein, nein lui répondit mon grand-père.
    Il lui demanda alors s’il venait de Hambourg, nein, nein, nein lui répondit une fois de plus mon grand-père.
    Il finit par lui demande s’il venait de Dresde, nein, nein, nein lui répondit mon grand-père et il rajouta je viens de Paris, je suis français (en allemand si vous plait). L’allemand s’arrêta net, surpris par ce qu’il venait d’entendre, mon grand-père continua sa route et finit rejoindre l’abri mais pas l’allemand.
    Après le bombardement, il ne retrouva pas et n’a jamais su s’il avait survécu. On ne saura peut-être jamais pourquoi il était si surpris de voir qu’à coté de lui, ce trouvait un français.

    La dictature c'est ferme ta gueule !
    La démocratie c'est cause toujours...

  • Participant
    Posts5
    Member since: 12 mai 2015

    Ce sujet est vraiment intéressant. Ces témoignages sont des sources inestimable pour l’historien, et tout le monde à des grands parents qui ont connu la guerre et qui s’en souviennent, quel que soit la place qu’ils y ont joué. Mettre en commun et à l’écrit ces témoignes est donc une très bonne idée.

    Ainsi, je vous proposes quelques témoignages issus de ma famille.

    Dans le cadre de mes études à la fac, j’ai réalisé l’année dernière un parcourt de vie de ma grand mère, née en 1924 à Lodz, en Pologne, et arrivé en France en 1926 “à causes de l’influence Russe sur la politique”. Son père ira travailler aux industrie de Lorraine avant de s’installer à Nancy avec toute sa famille, peut avant le début de la guerre.

    La première anecdote à eu lieu peut après la capitulation de la France. Ils tenaient alors une brasserie à Nancy, avec notamment une grande cave pour se protéger des bombardements. Et dès le début de l’occupation, ils commencent donc à recevoir des Allemands.
    Mes arrières grands-parents étaient originaire de Silésie, longtemps sous occupation Allemande, et par conséquent relativement apprécié des germaniques. Ils étaient plus respecté que le reste des Polonais. D’autant que l’on parle de soldat “lambda” qui avait peu de la haine qui au contraire fait l’apanage des SS. Ainsi, un jour, un camion Allemand arrive pour faire le plein (de bières et de saucisses, je suppose). Et pour charger la marchandise, ils avaient une dizaine de prisonniers français.
    Du coup, pendant que les surveillant rentraient voire le patron, qui connaissait donc l’Allemagne de l’est, ils se mettent à discuter, puis à boire, encore et encore… si bien qu’a force d’être resservit par mon arrière grand père, ils ne remarque même pas que leur dizaine de prisonnier s’est dissous aux quatre coin de la ville pendant qu’ils tapaient la discute avec le tenancier.
    En fait, les Allemands s’en fichait un peu. D’un coté comme de l’autre, c’était juste des soldats. Et ils ne semblaient pas montrer un grand intérêt à aller leur courir après.
    Toutefois, avec le temps, se seront mes arrières grand-parents qui “en auront marre de voire des Allemands” et qui finiront par quitter la ville. Ils iront dans la campagne voisine, ou un parent leur donnera une petit châteaux à garder pendant que eux fuyaient à l’étranger. Ils y resteront et ça leur permettra de manger à leur faim pendant toute la guerre. (ils élevaient des lapins et des cochons)

    Par la suite, ma grand mère continuait d’étudier avec sa sœur à Nancy, jusqu’à a fin de la guerre. Elles avaient fini par obtenir un appartement en ville, près de la place Stanislas. Et un jour, en rentrant de leur cours, elles virent le ciel se remplirent d’avion américain. Comme beaucoup, elles montèrent sur les toits et les balcons pour les voire passer, quand ceux ci entamèrent leur descente… En effet, Nancy était aussi une importante base militaire. Vous imaginez bien que leur sang n’a fait qu’un tour. En un instant tout le monde s’est précipité ans les caves pendant que les américains bombardaient grossièrement la zone de l’aérodrome.

    Je n’ai pas trouvé du coté de mon père d’ancêtres ayant réellement combattu (j’ai un arrière grand père, polonais lui aussi, qui à déserté l’armée Allemande en 14 et en 39, ce qui l’a conduit en France). Mais ces témoignages de ma grand-mère montre d’une certaine manière la résistance au quotidien, ou comment continuer à vivre alors que tout s’écroule autour de nous. C’est d’autant plus frappant qu’elle avait à peu près mon âge pendant la période de la guerre. (ça laisse à réfléchir)

    Voila, donc, du coté polonais de mon ascendance. J’espère pouvoir redonner un peu de souffle à ce sujet d’un réel intérêt. Et j’invite qui me lira à ajouter ses propres témoignages, qui sont une part non négligeable de notre mémoire collective.
    (Si ce sujet reprend de l’intérêt, j’ajouterai plus tard ce qu’il en est de mes grands parents maternels, et d’un oncle, aussi, qui à fait la guerre d’Algérie, et qui nous en montre un angle… disons “inattendu” de la guerre.)

  • Modérateur
    Posts197
    Member since: 12 mai 2015

    De magnifiques témoignages !
    Une grand-mère de 90 ans m’a parlé des soldats allemands qui venaient réquisitionner sa ferme. Un jour, ils sont partis du village suite à l’avancé des alliés. Elle et sa famille se sont réfugiés dans une autre ferme en attendant l’offensive. Le lendemain, les bombardements sur Laval (Mayenne) s’entendaient à plus de 20 kilomètres ! D’ailleurs, une bombe a été retrouvé il y a un peu plus d’un mois : http://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/laval-53000/gare-de-laval-bombe-securisee-les-trains-circulent-nouveau-4128879

  • Participant
    Posts275
    Member since: 12 mai 2015

    @Dènguar DeVanis
    A quand ce témoignage d’un angle inattendu ?… 😉

  • Participant
    Posts5
    Member since: 12 mai 2015

    A quand ce témoignage d’un angle inattendu ?

    Plus tard que prévu… mais j’oublie pas ! ^^

  • Participant
    Posts24
    Member since: 12 mai 2015

    Feu mes grands parents étaient résistants lors de la seconde guerre mondiale.
    Quelques jours avant le jour j, mon grand-père parti dans un convoi de 3 camions. Manque de chance, le camion dans lequel il était eu un problème de moteur et ne put donc pas partir.
    Peu après, lui et son équipe entendirent des coups de feu provenant de la route. C’ était les nazis qui avaient été prévenu par une taupe qu’ un convoi de résistants allait par cette route là saboter je ne sais quoi.
    Aucun des résistants des deux premiers camions ne revint et quelques jours plus tard on apprit la nouvelle qu’ il avait été massacré ou fait prisonnier.

  • Participant
    Posts1291
    Member since: 12 mai 2015

    Je vous propose 3 anecdote de ma famille :cheer:

    1c’était l’orsque vichy instaura la trvail en allemagne obligatoire il s’est réfugié dans le maqui ce qui est intéressanr c’est que l’orsque le allemand sont venuent ils on rien trouver un allemand a tendue un paquet de cigare , à feliciter mon ariere grand père et à dit vous lui donnerez ça ( une petite anecdote ) ( du côter maternel )

    2 mon ariere grand mère qui tenait une boulangerie pres d’ouradour sur glane a vue les ss venir lui commander a boire etc et elle a vue une amie dans le lot 🙁 des victimes au moment ou les ss se sont restaurer ( elle avait pourtant dit à son amis de pas y aller , elle était au courant de ce que les ss alaient faire par l’intermédiare d’un de ses amis ) mais l’amis était une tête de mule résultat ( coter paternel )

    3mon arriere grand mère avait di ( devant un allemand qui ne devait pas parler français pour elle au moment ou elle s’est exprimer ) elle a dit : tien regarde voila un sale bôche un schleu ( c’était l’amour enver les allemand mon aïeul ) l’allemand en question à repondue en parfait français mais ne l’a pas deporter (excuser le fait que je me souviens 0lus de tout ce que l’on m’a dit, et donc je me souviens plus de la replique de l’allemand )

    Un peuple qui n'aime pas son pays, ne mérite pas son indépendance.
    Moi

    Tiens , il pleut
    Napoléon Bonaparte

  • Participant
    Posts943
    Member since: 12 mai 2015

    Tu sais écrire en francais ?

    Allez bye Fanta !

  • Participant
    Posts1768
    Member since: 12 mai 2015

    Tu sais écrire en francais ?

    Pourrais-tu être moins agressif? Je suppose que c’est une histoire de correction auto.

  • Participant
    Posts1364
    Member since: 12 mai 2015

    Tu sais écrire en francais ?

    Pourrais-tu être moins agressif? Je suppose que c’est une histoire de correction auto.[/quote]

    Non un correcteur auto ça te met des mots à la place d’autres mots, là ce sont juste des mots mal orthographiés.

  • Participant
    Posts57
    Member since: 12 mai 2015

    J’ai un témoignage de mon arrière grand père qui explique comment il a fuit le front avec ma famille en catastrophe (ma famille habitait et habite toujours dans les Ardennes). Le problème c’est que le témoignage fait 20 pages donc je fais comment ? Un résumé appuyé par des extraits ?

  • Participant
    Posts1291
    Member since: 12 mai 2015

    Desoler j’ai des lacunes en orthographe et j’ai ecris mon truc alors que j’étais trés fatiguer

    Un peuple qui n'aime pas son pays, ne mérite pas son indépendance.
    Moi

    Tiens , il pleut
    Napoléon Bonaparte

  • Modérateur
    Posts2015
    Member since: 12 mai 2015

    Mon témoignage est une histoire. C’est ma grand-mère qui me l’avait raconté.

    Il était issu d’un milieu qui n’était ni populaire ni aisé. Pourtant, et c’est assez rare à l’époque pour être souligné, il était polyglotte. Il s’exprimait en néerlandais, en anglais aussi bien qu’en allemand ou en français, sa langue maternelle. Au début de la guerre, ce n’était qu’un adolescent trop jeune pour être sous l’uniforme trop vieux pour être considéré comme un enfant. Mais, apparemment, l’administration allemande manquait de personnel. Il fut donc engagé volontaire dans un service allemand. Il portait un uniforme noir et reçut même un pistolet en cadeau. Son travail consistait à délivrer des certificats, des permis, des convocations…. Il se montrait employé-modèle : toujours à l’heure, bien habillé, un bel accent. En somme, un vrai petit Aryen ! Travail, famille patrie !

    Ses parents n’avaient jamais été des nationalistes tonitruants sans pour autant penser qu’une seule patrie des travailleurs leur donnerait un bonheur incertain. Au contraire, c’est un patriotisme simple et ombrageux couvant comme un feu qui les habitait. Et quand ils apprirent ce qu’était en train de faire leur fils, ils le mirent à la porte. Sans oublier de lui servir toutes les insultes qu’ils connaissaient…. Il devint un proscrit dans son quartier alors qu’en Europe se construisait «l’Ordre nouveau» qu’il contribuait modestement à bâtir. Ses amis l’évitèrent. Les résistants inscrivirent son nom sur les listes noires des traîtres à la Patrie qu’il faudrait purger lorsque viendrait l’heure de sa Libération.

    Mais, tout était faux.

    Les papiers qu’il rédigeait évitaient à des jeunes de servir d’esclaves à la machine de guerre nazie, permettaient à des familles de se procurer de quoi se nourrir. De temps en temps, quelques braves pouvaient rejoindre les Alliés et continuer la lutte pour le compte de la Belgique. Car la Belgique n’avait pas capitulé et demeuré en guerre contre le IIIe Reich et il s’était juré de chasser les Allemands de son sol. Il était au cœur d’un réseau de résistance, en étant son élément infiltré. Travail changé en esclavage, famille décimée et patrie renaîtra !

    Et le réseau tomba. La Gestapo avait une efficacité toute germanique. Ses sicaires arrêtèrent tous les membres, pendirent les uns, décapitèrent à la hache la cheffe. Pourtant, notre adolescent ne fut pas compromis. Sauf quand un officier vérifia les papiers d’un des hommes qu’il sauva… Et lui-même dut prendre la fuite, coursé par deux sous-officiers, des adjudants m’a-t-on précisé…. Il les abattit. Son chargeur ne comptait plus qu’une balle, pour lui. Avait-il peur de livrer aux nazis des informations ? Avait-il peur de ce qu’on pourrait lui faire ? Nul ne le sera. Il se cacha. Partout. Plusieurs jours dans une citerne où il contracta la dysenterie et peut être même le cancer qui le tuera à 40 ans, plus tard.

    A la Libération, quand loi et liberté étaient retrouvées, il revint. On voulut le pendre pour les uns, le fusiller pour les autres. Mais comme son ange gardien veillait sur lui, son action de résistant fut prouvée. Ses parents l’accueillirent. Finalement, on voulut le décorer, beaucoup le décorer…

    Il reprit l’uniforme. Vert cette fois-ci. Et c’est sous le drapeau américain qu’il termina la Deuxième Guerre mondiale sur le Rhin. Le troisième Reich était tombé et la Belgique pourrait vivre encore longtemps «grande et belle» comme le dit la chanson.

    Cette adolescent devenu homme, c’était mon grand-père.

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