Post has published by Ixarys

Ce sujet a 1 réponse, 2 participants et a été mis à jour par  mongotmery, il y a 10 mois et 2 semaines.

  • Participant
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    Member since: 27 décembre 2014

    Quand on pense à l’extinction de l’humanité, on s’imagine souvent un holocauste nucléaire, une invasion extraterrestre, une apocalypse quelconque, une révolte robotique ou une épidemie dévastatrice qui raillerait de la surface du monde les primates améliorés que nous sommes.
    Et si nous disparaissions simplement… Parce que nous deviendrons obsolètes ?

    Je viens de terminer le livre Homo Deus, de Yuval Noah Harari. L’auteur essaye de faire des prévisions sur le futur à partir de ce qu’elle peut observer dans le monde d’aujourd’hui.
    Si elle précise bien qu’il existe bien plus de possibilités que ce qui est dans le livre, les 3 questions posées à la fin du livre n’en sont pas moins angoissantes :

    – Les organismes ne sont-ils réellement que des algorithmes, et la vie se réduit-elle aux traitements des données ?

    Il y a une idée qui fait sensation ces dernières années, et qui prend sa source dans la Silicon Valley, que l’auteur surnomme le dataïsme. Cette nouvelle forme de “religion” est d’après lui l’idéologie qui pourrait remplacer l’humanisme dans les prochaines décennies, ou qui en tout cas part favori.
    Contrairement à l’humanisme, ce n’est pas l’expérience humaine (émotions, par exemple) qui est important, mais plutôt le partage de cette expérience, des datas au reste de la société. L’humain n’est plus qu’une composante, et non l’objet central, depuis ce point de vue.
    Et même, dans le cas des émotions, ce ne serait que le produit de mélanges chimiques, donc d’algorithmes très développés. La frontière entre être vivant (conscient) et robots (non-conscients) sauterait !

    Le grand danger avec le dataïsme, toujours d’après l’auteur, serait que même si cette idéologie a du succès, cela ne la rendrait pas exacte pour autant (d’autres religions ont bien prospérés sans détenir la science infuse). Sauf que le dataïsme permettrait, pour la première fois, de fournir aux différentes branches scientifiques un point commun : l’informatique et la musique ne seraient qu’une accumulation d’algorithmes. Ce point commun pourrait donc souder la communauté scientifique derrière le dataïsme, rendant très compliqué la remise en cause de cette idéologie.

    – De l’intelligence ou de la conscience, laquelle est la plus précieuse ?

    Si les organismes ne sont que des algorithmes, les Homo Sapiens sont condamnés. Enfin, je crois.
    Après tout, nous pourrions bien construire des machines très perfectionnées, ou des surhommes, qui traiteraient bien mieux et bien plus vite que nous. Nous deviendrons alors obsolètes.
    Comme les chevaux furent remplacés par les voitures, les Homo Sapiens seront remplacés par mieux.
    Serons-nous alors traités comme un poids mort, ou serons-nous chouchoutés ? C’est la question à 100 000 balles, mais la façon dont nous traitons les animaux ne me porte guère à l’optimisme.

    – Qu’adviendra-t-il de la société, de la politique et de la vie quotidienne quand des algorithmes non conscients, mais hautements intelligents nous connaîtrons mieux que nous-mêmes ?

    Si les questions précèdentes nous laissent peut-être du temps avant de voir leur apparition, voilà une question très directement liée à aujourd’hui. Les recommandations Google ! De Youtube, Facebook et que sais-je encore !
    Ça nous arrange bien de ne pas devoir faire l’effort de chercher. Les algorithmes étudient nos centres d’intérêt, nos choix et réactions, et réagissent en conséquence pour nous proposer des sujets qui “matchent”.
    Plus les algorithmes se perfectionneront, plus nous leur laisseront faire des choix importants pour nous. Et ce serait parfaitement logique : l’algorithme nous connaîtra mieux que nous-mêmes, il fera donc des meilleurs choix pour mon avenir.
    Cela nous rendra sans doute plus heureux. Mais au détriment de quoi ? De notre pouvoir d’agir ?
    Et puis, si les algorithmes font des meilleurs choix que nous, ne se porteraient-ils pas mieux sans nous dans les pattes ?

    Voilà.
    Je savais pas réellement comment aborder le sujet, mais je veux essayer de partager ça. Le réchauffement climatique, la crise des immigrés, les conflits au Moyen-Orient, bien sûr que c’est grave. Mais ce qui se profile à l’horizon, ça ridiculise tous nos problèmes immédiats, en tout cas en apparence.
    J’espère que je n’aurai pas l’air d’être un… Prophète de l’Apocalypse, ou un truc de ce genre. J’aimerai juste essayer d’en discuter, voir si le problème n’est pas aussi insoluble qu’il n’y parait.
    Bref, débattre, quoi !

    Qu’en pensez-vous ?

  • Modérateur
    Posts8403
    Member since: 27 décembre 2014

    Le sujet est d’actualité, c’est certain. Il est intéressant aussi, assez profond, et mérite de ‘sy attarder.

    Je n’ai pas lu le livre Homo Deus, de Yuval Noah Harari, mais d’après ce que tu écris je le trouve assez alarmiste.
    Le dataïsme qu’elle décrit me parait plus le produit d’une imagination de science-fiction. Actuellement, la tendance est à réduire cette volonté de tout expliquer par l’analyse de données, au profit d’une intégration plus pertinente des connaissances.

    Le modèle des “modèles boite noire” a atteint des limites dans ses utilisations. Son développement est trop coûteux par rapport aux gains, car ces gains sont limités par les précautions d’utilisation de ce genre de modèles.

    Pour ce qui est la possibilité que l’humain sera remplacé par des machines, il faudra toujours des humains pour concevoir et faire fonctionner ces machines. Par contre, il y a une vraie question sur la place de la société dans un tel monde futuriste: tout le monde ne trouvera pas de l’emploi.
    Et là ta questions sur le traitement des humains “en surplus” se pose, mais c’est celle du traitement d’humains par d’autres, et non du traitement par d’hypothétiques machines rebelles.

    Plus les algorithmes se perfectionneront, plus nous leur laisseront faire des choix importants pour nous. Et ce serait parfaitement logique : l’algorithme nous connaîtra mieux que nous-mêmes, il fera donc des meilleurs choix pour mon avenir.

    J’ai envie de dire que c’est faux. Actuellement, les algrotimes de proposition de choix sont très réducteurs et enferment dans un “monde” de publications similaires. L’algoritme ne pourra jamais comprendre, ou en tout cas toujours en retard, l’évolution d’une personne dans sa mentalité, selon l’âge, les expériences….

    Et puis, si les algorithmes font des meilleurs choix que nous, ne se porteraient-ils pas mieux sans nous dans les pattes ?

    L’algorithme est fait pour nous aider. Il ne se portera pas mieux sans son “client”. Pour qui fera t’il les choix sans nous pou l’alimenter avec nos données, et pour l’améliorer sans cesse?

    Bref, je pense que ce genre de discours est éloigné de la réalité, et en même temps c’est compréhensible si on prend en compte la complexité de ces domaines (informatique, algorithmique…).
    Le réchauffement climatique est à mon avis bien plus important comme question.

    D’ailleurs, les trois exemples de problèmes que tu cites sont l’objet d’intenses publications sur les réseaux sociaux, que les algorithmes voient passer. Mais les problèmes continuent et n’en sont pas améliorés, les réseaux sociaux et leurs algorithmes restent quelque chose de superficiel dans le monde actuel, quelque chose parole dans le vide et non d’action.

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

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