Post has published by guiguit

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    Posts2009
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    A quelle(s) réunion(s) auriez-vous voulu être…. ou pas ?


    La période de la Révolution et de l’Empire a été riche en moments décisifs. De nombreux évènements (batailles, conclusion d’alliances, coups d’Etat, séance parlementaire….) ont été souvent préparés à l’avance où les décideurs se réunissaient avec ses conseillers pour savoir quelle décision prendre. Voilà pourquoi je vous propose de raconter ici une ou plusieurs réunions qui ont eu lieu durant cette période. Je pense que cela permettra de connaître les facteurs qui ont influencé certaines décisions.

    L’état-major russe au soir de la Moskova :

    Dans le camp français, Napoléon reçoit le maréchal Ney, l’homme du jour qui sera fait prince pour ses actions de la journée. Caulaincourt, le conseiller diplomatique de l’Empereur, pleure son frère tombé lors d’une charge de cuirassiers. Murat, Davout et d’autres déplorent que la Garde impériale n’a pas été engagée pour achever l’armée russe et que la bataille devra recommencer le lendemain, plus ardue encore. Berthier, que Napoléon n’a pas écouté, boude dans sa tente et ne reparlera à l’Empereur qu’au Kremlin.

    Sur le champ de bataille lui-même, on fait le compte des morts aussi bien russes que français…. Bilan effroyable : 27 000 Français hors de combat dont 48 généraux. «Les Russes se sont fait tuer comme des machines.» écrira l’Empereur.

    Dans le camp russe, les pertes ont aussi été lourdes : 48 000 morts, blessés ou prisonniers. Le prince Bagration, un des meilleurs commandants du Tsar, a été grièvement blessé et mourra sous peu de ses blessures. Dans la soirée, les généraux russes se réunissent dans les quartiers du commandant en chef, le maréchal Koutousov.

    L’état-major est divisé en deux factions.

    D’un côté, il y a ceux qui veulent continuer la bataille. Non pas par esprit suicidaire, par fanatisme ou par incompétence militaire mais, cela signifierait abandonner Moscou à la Grande Armée. Moscou, c’est la première capitale de la Russie, une ville sacrée. C’est aussi la cité où le Tsar est couronné, où il devient le représentant de Dieu sur Terre, une ville sainte. Va-t-on abandonner cette sacro-sainte capitale aux mains de ce que le Tsar a toujours désigné comme les «diables Français» ? De l’autre, se tiennent des gens comme le maréchal Barclay de Tolly. Ils veulent continuer la politique de la terre brûlé qui par attrition fera tomber l’armée de Napoléon. Quitte à abandonner Moscou ? Oui. C’est triste, cela leur déchire le cœur mais il faut le faire. Le ton est haussé. On accuse les uns de n’être que des «Allemands» qui n’entendent rien à la Russie. On rétorque folie.

    A la fin du brouhaha, Koutousov prend enfin la parole. Il ne prend pas parti mais donne des ordres. Ordres qui reflètent son opinion. L’armée abandonnera le champ de bataille et ne défendra pas Moscou. Elle ira dans l’Est où elle sera rejointe par les levées populaires et les armées des frontières. A ce moment-là seulement, l’heure de la contre-attaque sonnera. Les généraux, peu importe leur avis, se retire alors pour exécuter les ordres.

    http://www.abitibi-orthodoxe.ca/images3/Koutouzov.jpg

    Un tableau patriote russe qui représente cette réunion : Koutousov donne l’ordre d’abandonner Moscou aux Français et de se replier à l’Est. L’enfant présente symbolise le peuple russe qui comprend la dureté de ce sacrifice.

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