Post has published by Ambarequiem

Ce sujet a 27 réponses, 10 participants et a été mis à jour par  Ardavis, il y a 1 an et 12 mois.

28 sujets de 1 à 28 (sur un total de 28)
  • Participant
    Posts1037
    Member since: 17 juin 2014

    Je vais présenter l’évolution de l’infanterie française de 1914 à 1916 (et je pousserai peut-être jusqu’à 1918), dans l’espoir de constituer un premier dossier.
    C’est une révolution complète qui sera opérée par l’armée française en 18 mois, qui fera passer l’armée française d’un système hérité du premier empire (quand ce n’est pas de l’ancien régime), à un système qui inspire encore l’organisation des armées d’aujourd’hui.

    Août 1914 : La ligne de fusils, le choc des baïonnettes.

    Le régiment d’infanterie de 1914 est l’héritier des régiments de Napoléon Bonaparte. Ces régiments ont perdu leurs compagnies d’élites (grenadiers et voltigeurs), et gardent ce que l’on appelle les compagnies du centre. Les régiments d’infanterie comprennent une section de six mitrailleuses (ce en quoi elle est sur un pied d’égalité avec son homologue allemande) 3 ou 4 bataillons de 1000 hommes qui comprennent eux même 4 compagnies de 250 fusiliers sous divisées elles-mêmes en 2 pelotons de 2 sections, composées de deux demi-section de deux escouades de 15 fusiliers et un caporal. La division d’infanterie rassemble deux brigades de deux régiments, un régiment d’artillerie à trois groupes de 75 (36 pièces), un escadron de cavalerie et une compagnie du génie.

    http://i50.tinypic.com/5twbbm.jpg

    Le régiment comprend majoritairement 4 armes à feu :

    http://armesfrancaises.free.fr/FR%20Lebel%20mle%201886%20M93-VD-FF.jpg
    le fusil Lebel modèle 1886M93,

    http://armesfrancaises.free.fr/rev%201892-WEB.jpg
    le revolver modèle 1892,

    http://armesfrancaises.free.fr/Mousq%20d%27art%20Mle%201892-VD-WEB.jpgle mousqueton modèle 1892,

    http://www.mitrailleuse.fr/France/StEtienne/Photos/Jardin.jpg
    et des mitrailleuses Puteaux ou Saint Etienne.

    Pour caricaturer, ce régiment d’infanterie c’est 3400 fusils autour d’un drapeau. Par contraste avec l’évolution de l’armement, la tactique du régiment d’infanterie est conforme à peu de chose près à celle des régiments de (ou des) Napoléon(s) : des troupes d’infanteries avancent en rang serrés couvertes par une chaine de tirailleurs. Si sous l’Empire, les colonnes s’organisent par bataillons pour le choc de la charge à la baïonnette, en 1914, les concentrations sont heureusement moins denses qu’une colonne de bataillon, au moins pour les unités destinées à mener l’assaut.
    “L’infanterie agit par la combinaison du mouvement et du feu, son but est d’avancer, le feu n’est que l’auxiliaire du mouvement. La marche en avant de l’infanterie, bien plus que son feu qui parfois n’est pas très meurtrier, constitue la véritable menace qui détermine la retraite de l’ennemi”. “L’infanterie doit marcher et tirera pour marcher, la mitrailleuse doit tirer et marchera pour tirer”
    Tel est l’axiome qui préside à la tactique de combat de l’ensemble de l’infanterie. Si vous le comprenez faites-moi signe, parce que pour moi ça reste flou. L’emploi des mitrailleuses reste principalement défensif. Les mitrailleuses françaises, réparties par sections de 2 pièces entre les bataillons sont trop dispersées pour avoir un effet décisif pour la défense des positions, et sans moyens de liaison avec les compagnies d’infanterie les mitrailleurs ne peuvent pas appuyer efficacement les assauts. Des chasseurs arriveront avec succès à amener une mitrailleuse pour couvrir leurs premiers assauts en Alsace, et ils rencontreront le succès tant que les allemands n’auront pas réussis à la neutraliser.

    http://rosalielebel75.franceserv.com/soldats/infanterie-de-ligne-en-avant-a-la-baionnette.jpg

    Le combat de l’infanterie en 1914 dans l’imaginaire collectif, c’est des compagnies chargeant en rangs serrés derrière leurs officiers justes sortis de Saint-Cyr en gants blancs et casoar. J’aurais tendance à dire que c’est extrêmement réducteur, et que ça relève de la légende complète. Les charges à la baïonnette ne sont pas le mode de combat principal de l’infanterie, et si quelques officiers tout justes sortis de l’école peuvent avoir subi le bourrage de crâne de l’offensive à outrance, et mené des unités au massacre, c’est loin d’être le cas de tout le monde.
    La puissance des nouvelles munitions utilisant de la poudre sans fumée présente deux inconvénients majeurs par rapport aux anciennes armes à poudre moire : la fumée qui procurait un couvert aux troupes qui montent à l’assaut disparait, donc tous vos mouvements sont visibles de l’ennemi. Et la trajectoire des projectiles devient beaucoup plus tendue, ce qui rend les balles plus dangereuses. Avec la poudre noire, pour toucher une cible à 800 mètres, votre balle devait passer au-dessus des têtes des soldats situés plus près. Avec les nouvelles balles, la trajectoire est dangereuse pour tous les soldats jusqu’à 800-1000 mètres, et en plus, la balle est capable de traverser successivement plusieurs hommes.
    C’est donc la chaine de tirailleurs qui mène le combat principal, par le feu de ses fusils. Les hommes se couvrent des accidents de terrain, des arbres, et avancent par bonds successifs. Les tirailleurs font feu sans consommer les cartouches de leurs magasins qu’ils gardent pour repousser une tentative de contre-attaque allemande, ou pour préparer la charge à la baïonnette qu’ils doivent finalement mener pour chasser définitivement l’ennemi de sa position. Autant dire que peu de troupes se sont trouvées en position favorable pour mener de telles charges à fond. Eventuellement, certain combat de rencontre entre français et allemands en formation de marche débouchant à l’aube de la brume face à face ont pu tourner à la charge à la baïonnette en rang serrés, mais c’est pratiquement le seul part à prendre dans ce cas de rencontre fortuite où le premier qui tourne le dos et sûr de se faire plomber par l’adversaire.

    http://images-00.delcampe-static.net/img_large/auction/000/117/584/297_001.jpg
    Ligne de tirailleur, ici aux manœuvres

    Les bataillons se déplacent généralement en colonne double, c’est-à-dire en deux colonnes de deux compagnies, ce qui leur permet de garde une réserve satisfaisante que ce soit pour soutenir un assaut ou pour passer sur la défensive. Les compagnies de tête déploient un peloton en tirailleur sur leur front, et gardent le second en réserve pour venir le renforcer. La progression se fait en se couvrant au maximum du terrain, les sous unités manœuvrent en perroquet ou en tiroir. Mais, même dans ces conditions, il faut beaucoup de chance pour approcher indemne de la ligne ennemie, l’attaque implique que vous avanciez tout votre corps, pendant que le défenseur derrière un parapet n’expose qu’une partie plus réduite de son corps. Puis, lorsque vous êtes arrivé à courte distance de l’ennemi, il faut le déloger de son retranchement. Pour cela, le soldat n’a qu’un seul outil, la baïonnette. Il faut gravir le parapet pour aller déloger votre ennemi à la baïonnette. Un ennemi qui possède de 5 à 10 cartouches dans son fusil…

  • Participant
    Posts2925
    Member since: 26 février 2013

    Et bien ça promet ! Je suivrai ce dossier avec attention !

    Omnia Sunt Comunia

    Je suis anarchiste au point de traversé dans les clous pour ne point avoir de soucis avec la maréchaussée.

  • Participant
    Posts179
    Member since: 24 décembre 2015

    Beau sujet et bon début! Hâte de voir la suite! 🙂

  • Participant
    Posts372
    Member since: 18 août 2015

    Sujet très intéressent et simple, bravo.
    La tenue de 1914 était complétement en décalage avec son temps mais alors comparé aux allemands sur le champs de bataille, c’était la classe… et très meurtrier aussi 😉

  • Participant
    Posts1617
    Member since: 21 avril 2012

    L’uniforme allemand n’avait permis uniquement, en guise d’esthétique, une petite ligne dorée sur le côté du pantalon. L’écusson sur le casque à pointe n’étant pas visible sur le champ de bataille vu que les Allemands avaient pensé à recouvrir le casque par une housse de toile. Il paraît même qu’il a existé des casques à pointe dont la dite ponte était dévissable pour éviter d’être trop visible… Quant aux Français, ils avait beau être magnifiques dans leurs uniformes, ils étaient des cibles faciles avec leur haut bleu fonçé et le bas rouge ! 😛 D’autant plus que l’uniforme était suffoquant l’été et ne protégeait pas assez l’hiver, autant dire que le “paraître” était important dans l’armée française…
    Ah, seuls les Britanniques avait un uniforme qui mêlait habilement classe et discrétion. 🙂

    Une Spartiate équipant son fils : "Reviens avec ce bouclier au bras ou bien dessus"

  • Participant
    Posts1037
    Member since: 17 juin 2014

    Les français n’ont pas attendus de mourir en masse pour tenter de se dissimuler: le manchon couvre képi en toile bleue est de mise dès le début du conflit. Pour le bas de l’uniforme, il y a un choix à faire: détacher les pants de la capote, ce qui gène la marche mais assure plus de dissimulation.
    Attacher les pants vers l’arrière, ce qui découvre une part importante du pantalon rouge, et vous transforme en phare au milieu de la nature, mais ça facilite la marche, et pour attaquer, il faut marcher.

    http://files.laguerre14-18.webnode.fr/200000141-7230d732b4/soldat%20francais%201914.jpg

    D’autant plus que l’uniforme était suffoquant l’été et ne protégeait pas assez l’hiver, autant dire que le “paraître” était important dans l’armée française…

    Je n’ai jamais compris pourquoi on a fait combattre les soldats en tout temps avec les capotes. Si le vêtement long protège relativement bien de la pluie et du froid, porter un vêtement long sous le soleil, c’est pas top!
    Je sais que l’armée se bat dans le nord de la France, mais ce n’est pas une raison, il y a quand même des jours où il ne pleut pas :).

    Les français ont failli avoir l’uniforme Réséda,mais il a fallu qu’un député s’en mèle…

  • Participant
    Posts372
    Member since: 18 août 2015

    “Je n’ai jamais compris pourquoi on a fait combattre les soldats en tout temps avec les capotes. Si le vêtement long protège relativement bien de la pluie et du froid, porter un vêtement long sous le soleil, c’est pas top!
    Je sais que l’armée se bat dans le nord de la France, mais ce n’est pas une raison, il y a quand même des jours où il ne pleut pas :). ”

    Je confirme durant l’été et surtout le mois d’aout le climat en France et dans le nord est très chaud, il est même parfois supérieur a la normale.

  • Participant
    Posts291
    Member since: 22 novembre 2014

    j’imagine les tirailleurs qui ont ce costume en Afrique sous 40 degrés et 100% d’humidité xD

  • Participant
    Posts372
    Member since: 18 août 2015

    Dans le désert, déjà dans les prairies c’était pas discret mais dans le sable…

  • Participant
    Posts1037
    Member since: 17 juin 2014

    j’imagine les tirailleurs qui ont ce costume en Afrique sous 40 degrés et 100% d’humidité xD

    Je connais des endroit du nord de la France où il y a régulièrement 100% d’humidité aussi, bon il y fait très rarement 40°.

    Les uniformes de l’armée d’Afrique sont beaucoup plus légers, voici des tirailleurs marocains en 1912.

    http://rosalielebel75.franceserv.com/armee-afrique/tirailleurs-marocains-1.jpg

    Pour les Zouaves c’est pareil:

    http://rosalielebel75.franceserv.com/armee-afrique/zouaves-3.jpg

    Il n’y que la légion qui a la capote de la métropole, avec un pantalon différent cependant.

    http://rosalielebel75.franceserv.com/armee-afrique/legionnaire-2.JPG

    Chez les coloniaux, c’est pantalon sombre en 1914, puis tenues Kakhi/moutarde par la suite.

    http://rosalielebel75.franceserv.com/armee-coloniale/infanterie-de-marine-2.jpg

    Les uniformes sont quand même adaptées aux conditions climatiques rencontrées.

  • Modérateur
    Posts8413
    Member since: 14 mai 2013

    Intéressant début @ambarequiem!
    Pourrais-tu décrire les tactiques d’avance en perroquet et en tiroir dont tu parles à la fin de ton premier post?

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts1037
    Member since: 17 juin 2014

    Intéressant début @ambarequiem!
    Pourrais-tu décrire les tactiques d’avance en perroquet et en tiroir dont tu parles à la fin de ton premier post?

    Oui, mais ce sera plus cher 😛 !!

    Les tactiques de déplacement sont valables pour deux pions tactiques peut importe leur taille, c’est applicable depuis des entités de la taille d’une armée à un simple binôme de fantassin

    Alors, pour le déplacement en perroquet, on a le premier qui se déplace et tombe en garde dans une position sure, pendant que le second le couvre. Puis une fois à l’abri, le second rejoint le premier sur sa position pendant que le premier couvre sa progression.
    Le nom perroquet vient du fait que le second répète ce que fait le premier.

    http://www.airsoft-attitude.fr/wp-content/uploads/2013/02/perroq10.gif

    En 1914, ce principe peut se décliner de la façon suivante: une compagnie déploie un peloton en tirailleur sur son front, pendant ce mouvement, le second peloton de la compagnie se tient en rang prêt à soutenir par des feux de salve la progression des tirailleurs jusqu’à un premier couvert. Cette couverture est censée s’effectuer sur de longues distance, le Lebel a une hausse graduée jusqu’à 2000 m. Une fois les tirailleur sur leur position, le second peloton va avancer et venir renforcer la ligne sur sa position, en se déployant en tirailleur. Puis, le premier peloton pousse en avant vers une nouvelle position, et on répète cela jusqu’à l’assaut à la baïonnette.

    Pour la progression en tiroir: Le premier se met à l’abri pendant que le second situé à l’arrière le couvre. Une fois cela fait, le second se met à l’abri mais DEVANT le premier qui le couvre. Et ainsi de suite, le but étant a chaque fois de gagner du terrain en dépassant celui qui nous couvre.

    http://www.airsoft-attitude.fr/wp-content/uploads/2013/02/tiroir.gif

    De même, avec notre compagnie, on aurait le premier peloton qui se déploie en tirailleur sur une position, pour couvrir le second peloton qui ira se placer sur une position plus proche de l’ennemi, ainsi de suite, jusqu’à ce qu’un peloton puisse aborder l’ennemi à la baïonnette couvert par le feu de l’autre.

    Bien maîtrisés, ces modes de progression permettent de couvrir chaque partie du feu de l’autre. Néanmoins, à l’époque, le feu des fusiliers n’est pas forcément assez dense pour faire baisser toutes les têtes ennemies, le Lebel est long à recharger, aussi, les soldats approvisionnent l’arme après chaque coup, en gardant les cartouches dans leur magasin en réserve pour un tir plus nourri juste avant l’assaut pour le peloton assaillant, et une fois l’assaut fini pour le peloton en réserve qui vient rejoindre l’assaillant une fois la position prise pour tirer dans le dos de l’ennemi en fuite.

    Les munitions à poudre sans fumée permettent des distances d’engagement plus longues, les fusils ont des hausses jusqu’à 2000 m. Autant dire que le tir à 2000 m sans aucune optique de visée, la précisions à ces distances est aléatoire. Mais, au plus la distance d’engagement se réduit, au plus la munition est dangereuse, et lorsque l’on veut prendre une position il faut s’en approcher. Les défenseurs, retranchés dans une tranchée, ou sur une position avantageuse, peuvent tirer sur l’assaillant à partir de 800 m, avec des possibilité de faire mouche pour les bons tireurs à partir de cette distance. Il s’agit de tirer sur un homme debout qui avance, c’est une cible atteignable à cette distance. Pour l’assaillant, il faut tirer sur un soldat retranché qui n’expose qu’une partie de son corps. C’est beaucoup plus difficile à cette distance. Et plus on se rapproche, plus le feu du défenseur est susceptible d’être ajusté et meurtrier, même pour une réserve, puisqu’une même balle pourrait atteindre deux ennemis placés l’un derrière l’autre. Donc, affaiblir celui qui progresse en tête, et celui qui est une réserve dans le même tir.
    Donc, approcher jusqu’à 100 m de l’ennemi est assez compliqué et coûteux en vies humaine. Puis, il faut lancer l’assaut, c’es à dire tirer rapidement 5 à 8 cartouches, puis se dresser et courir jusqu’à l’ennemi pour le chasser de sa position.
    Le temps que l’assaillant arrive jusqu’au parapet, ou il aurait la possibilité d’embrocher son ennemi, celui ci à 5 à 8 cartouche dans son fusil à tirer pour le repousser. Même Usain Bolt n’irai pas assez vite pour réussir à entrer dans la position sans prendre une balle.

  • Modérateur
    Posts8413
    Member since: 14 mai 2013

    Merci d’avoir expliqué ces tactiques. J’ignorais qu’on les appelait ainsi, mais j’avais déjà entendu des évocations sous les expressions “progression sous tir de couverture” et autres.
    Les armes de soutien de l’infanterie (mitrailleuses, mortiers, et même avions durant la 2 GM) permettront l’assaut de positions retranchées en campagne.

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts1037
    Member since: 17 juin 2014

    AHHH, Spoiler, attend, les armes de soutien d’infanterie c’est pour la suite 🙂

  • Participant
    Posts231
    Member since: 12 avril 2012

    Les français ont failli avoir l’uniforme Réséda,mais il a fallu qu’un député s’en mêle…

    Avec des arguments magnifiques du genre:
    “L’absence de couleurs distinctive et la ressemblance du réséda au Feldgrau allemand pourrait entrainer des mépris parmi les soldats.”

    “Le pantalon garance c’est la France!”

    Ou mieux:
    “A contre jour, on ne les verra pas.”

    Enfin bref, de fins tacticiens 😆 ou alors des victimes de la mode.

  • Participant
    Posts1037
    Member since: 17 juin 2014

    Avec des arguments magnifiques du genre:
    “L’absence de couleurs distinctive et la ressemblance du réséda au Feldgrau allemand pourrait entrainer des mépris parmi les soldats.”

    “Le pantalon garance c’est la France!”

    Ou mieux:
    “A contre jour, on ne les verra pas.”

    Enfin bref, de fins tacticiens ou alors des victimes de la mode.

    Certains de ces arguments sont cependant justes. le fait de voir les troupes pour savoir où elles sont sur le champs de bataille est primordial, ça permet au commandement d’ajuster ces ordre à la réalité de la situation, et d’envoyer rapidement des réserves. Si le commandement, placé en retrait du front ne distingue pas ses troupes depuis son observatoire, il doit compter presque uniquement sur les estafettes, ce qui diffère les renseignements et la prise de décision.
    Sur le premier argument avancé, je ne comprend pas ‘il s’agit de des méprises, ou de du mépris, ce qui donne deux sens différents. D’un côté, la méprise est toujours possible en cas d’uniformes présentant des similitudes: on engage le combat à des distances où l’œil humain ne distingue pas forcément les détails, donc c’est inévitable. A l’heure actuelle, malgré tous nos moyens technologiques, ça arrive encore. Alors, le fait d’avoir un uniforme tranché a surement évité des pertes inutile à l’armée française. Les pertes du fait de l’ennemi sont plus dues aux choix tactiques limités de l’infanterie: fusillade+ charge à la baïonnette qui implique d’avancer vers l’ennemi, que du fait de l’uniforme visible, parce que les allemands lorsqu’ils attaqueront subiront des pertes dans les même proportions. La peur des méprise empêchera les alliés d’adopter des tenues camouflées lors de la WW2, parce que les allemands ont été les premiers à les déployer à grande échelle.

    Si l’uniforme risque d’engendrer du mépris, c’est moins juste, l’uniforme n’est pas important, c’est le drapeau qui l’est. Le fait que le pantalon garance ça soit la France, c’est moins vrai que “la veste rouge c’est les anglais”. Parce que le pantalon rouge c’est valable uniquement depuis Charles X. Si les anglais ont abandonné leur veste rouge, on pouvait abandonner ce reliquat de monarchie.

  • Participant
    Posts1037
    Member since: 17 juin 2014

    Premières nouveauté : des antiquités.

    En 1914, la guerre s’enterre, rapidement à l’est sur les points où les français doivent passer sur la défensive pour concentrer les troupes dans la contre-attaque de la Marne et la course à la mer, et plus tardivement à l’ouest. Les allemands subissent le passage sur la défensive dicté par le passage à l’offensive de l’armée russe qui a fini sa mobilisation. Partout où ils le pourront, les allemands choisiront donc les endroits les plus propice à la défensive, en s’appuyant sur les quelques hauteurs du relief du nord de la France. Les tranchées se généralisent, parce qu’elles sont la meilleure protection contre l’artillerie de campagne à tir tendu qui a fait des massacres de part et d’autre. Les tranchées permettent aux soldats de se protéger efficacement des obus fusants utilisés de part et d’autre en tir antipersonnel. Il n’y a que le tir des obusiers (relativement rare côté français), et des mortiers qui sont susceptibles de faire des dégâts sur une troupe postée dans une tranchée.
    Du fait de l’ouverture du front Russe, les allemands vont tomber à cours de réserve pour mener une offensive sérieuse sur le front ouest. Heureusement pour les français qui eux tombent à cours de munitions.
    La fin de l’année 1914 sera marquée par l’introduction de deux éléments pour l’infanterie française. Ces deux armes n’ont rien d’innovant, ni même de moderne, puisque dans un premier temps, elles utiliseront la poudre noire comme explosif. Ces deux armes existent déjà depuis quelques siècles, ce sont les grenades et le mortier.

    Les crapouillots :

    Je traite des mortiers, bien qu’ils relèvent de l’artillerie, parce que ces armes avec une portée très courte doivent s’inclure dans le dispositif de l’infanterie, et compter sur les fantassins pour aider à leur transport et pour leur protection. A terme, les mortiers passeront à l’infanterie pour une meilleure coordination des feux.

    La nécessité du mortier en 1914 est issue du creusement des tranchées sur la majorité du front continue. L’artillerie de campagne reposant uniquement sur les pièces de 75 ne peut rien ou presque contre les troupes retranchées, il faut un tir en cloche capable de passer par-dessus un parapet. Si les français ne sont pas totalement démunis de mortiers (mortiers de 220 et 270mm du système de Bange) qui sont des obusiers lourds dont les obus pèsent quelques centaines de kilogrammes, le matériel léger lui fait défaut. Au contraire, les allemands ont déjà en ligne des minenwerfer qui sont capables de causer des dégâts importants à l’infanterie française dans les tranchées. Pour combler un manque de soutien qui ne permet pas à l’infanterie d’attaquer efficacement les positions allemandes, on va ressortir des forteresses des armes qui ne seraient pas étrangères à Napoléon Bonaparte, des mortiers de 15cm à âme lisse. Ce matériel qui utilise encore l’ancienne poudre noire a une portée relativement limitée : 600m. il faut donc une coopération importante avec l’infanterie pour creuser des tranchées d’approche permettant de placer l’arme à bonne distance des objectifs visés, parce qu’à découvert, le moindre fusilier derrière le parapet d’une tranchée serait capable de mettre hors de combat l’équipe des servants avant que la pièce ne soit en position de tir. L’antique mortier ressorti en octobre 1914 ne possède qu’une seule qualité : une relative légèreté qui en rend le service aisé. Pour le reste, l’utilisation de la poudre noire le rend aisément repérable par le nuage de fumée qui se dégage, et l’arme est sensible à l’humidité (dans les tranchées au nord de la France en plein automne ce n’est pas top). Il en va de même pour les bombes à poudre noire qui rencontreront de nombreux ratés. Si de nouveaux explosifs peuvent être utilisés pour les bombes, il n’en va pas de même pour la charge propulsive, puisque la plupart des essais se solderont par l’éclatement du tube. Divers bricolages remplaceront assez rapidement ces antiques mortiers, avant de laisser place à des modèles plus efficaces que je présenterai par la suite.

    http://marieclauderando.free.fr/col_d27eze-_fort_de_la_revere_21_2_2012/1328820998-af-24.jpg
    Manoeuvre des mortiers lisses

    Les grenades :

    La grenade est une arme tout droit sortie de la fin du XVIIe siècle (comme la baïonnette d’ailleurs). Elle était utilisée pour l’assaut de batteries d’artilleries retranchées, et l’assaut des places fortes. Les grenadiers avançaient en tête de colonne pour assommer les adversaires, et ouvrir une brèche au reste des soldats pour investir la position. Avec la diminution de la fréquence de la guerre de siège au XVIIIe, et l’essor de la guerre de mouvement napoléonienne, le besoin d’une telle arme a diminué au fil du temps, et les grenadiers n’ont plus été qu’armés du fusil, tout en constituant toujours une élite dans les armées.

    Avec le retour à la guerre de siège à grande échelle en 1914, le besoin de grenade refait surface. Si arriver à proximité d’une position ennemie par une tactique de feu et mouvement reste possible pour les fusiliers (bien que parfois couteux en vies humaines tout de même), sortir du dernier abri où l’on a atterri pour entrer dans la tranchée ennemi uniquement avec son fusil et sa baïonnette est pratiquement impossible, en effet, pour vous laisser avancer, tous les supports doivent cesser leur feu pour éviter de vous toucher. Donc, pour couvrir la dernière vingtaine de mètres qu’il reste, le soldat est seul avec son fusil, debout en train de courir. Son adversaire est retranché derrière un parapet, avec de 5 à 10 cartouches à placer dans une cible qui se rapproche de lui. Dans ces conditions, même un mauvais tireur ne peut pas rater sa cible.

    De plus, l’avance vers la tranchée ayant prélevé son lot de victimes, la première vague d’assaut se retrouve souvent en infériorité numérique face aux défenseurs, ce qui ‘arrange pas l’équation. Donc, pour entrer dans les tranchées ennemies, la grenade est l’arme qui est susceptible de rééquilibrer la balance, pour permettre à l’assaillant d’entrer dans la tranchée.
    Bien sûr, les armées n’étaient pas totalement dépourvues de grenade au début du conflit, mais pour la France, il s’agit d’antiquités contenant aussi de la poudre noire. Et elles sont en nombre très insuffisant par rapport aux besoins, ce qui amène les armées à des bricolages comme les pétards raquettes.

    http://rosalielebel75.franceserv.com/armesportatives/grenade-a-main-modele-1882.jpgGrenade française en 1914 et son mode de lancement

    http://rosalielebel75.franceserv.com/armesportatives/grenade-a-main-modele-1882-1.jpg

    http://rosalielebel75.franceserv.com/armesportatives/petard-modele-1886-3.jpg
    Pétard raquette

  • Modérateur
    Posts8413
    Member since: 14 mai 2013

    Intéressant! Les crapouillots étaient donc inférieurs aux minenwerfer allemands, ou leur niveau s’est-il rapidement amélioré après l’abandon de la poudre noire dans les explosifs,
    Par ailleurs, y avait-il une différence notable de portée et de précision (je pense à l’âme lisse)?

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts1037
    Member since: 17 juin 2014

    Je ne pense pas qu’il y ait une grande différence de précision, le minennwerfer est aussi une pièce à âme lisse, le mortier rayé est une invention post WW2. Pour la portée maximale, elle est de l’ordre de 1300 m pour un Minennwerfer contre 600 m pour un crapouillot, mais la portée pratique des deux armes doit tourner autour de 300m. Les crapouillots ont vite été remplacé par des bricolages puvant encaisser la poudre sans fumée (du genre de la douille d’obus de 75 sur un sabot en bois). Parce qu’un crapouillot dans lequel on met de la poudre sans fumée, ça donne ça :

    http://www.fortiffsere.fr/artillerie/index_fichiers/image364.jpg

  • Modérateur
    Posts8413
    Member since: 14 mai 2013

    D’accord, du coup avec 300 m de portée c’est vraiment une arme qui a besoin des tranchées.

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts1037
    Member since: 17 juin 2014

    1915 : Une armée en transition

    L’année 1915 voit une armée française en transition sur plusieurs points, le plus marquant étant celui de l’uniforme. L’armée va évoluer pour s’adapter à la forme de guerre qui lui est dicté par les tranchées et le “front continu”.

    Les changements de l’uniforme

    La réforme de l’uniforme des soldats français vient d’une décision du ministre de la guerre de passer la couleur de l’uniforme au bleu horizon en juillet 1914. Prise trop tardivement pour être appliquée avant le début des combats, cette décision va quand même garantir une arrivée rapide d’effets bleu horizon ou en drap “tricolore” (un bleu plus clair que le bleu horizon). Mais atteindre une production d’effets suffisante pour ré équiper toute l’armée et garantir la fourniture des nouvelles unités demande du temps et de la matière en quantité. Aussi, l’année 1915 verra dans une certaine mesure le retour de “l’armée de Bourbaki” où la plus grande hétérogénéité régnera au niveau des effets vestimentaires, parfois au sein d’un même régiment.

    Les soldats toucheront en priorité des capotes et des képis bleus, pour les pantalon, le stock de pantalon garance fini d’être écoulé sous des sur-pantalon de couleur foncée (bleu ou noir); puis remplacé en fonction des disponibilité par des pantalons bleus, ou par des pantalon noirs ou parfois marrons en velours côtelés. L’équipement en cuir du soldat est aussi censé passer de la couleur noire à la la couleur fauve, mais le manque de matière donnera naissance à des équipements “ersatz” en toile. Dans cette première année de la guerre de tranchée, le soldat se laissera pousser la barbe, et donnera naissance à cette image du poilu, indissociable de la guerre des tranchées. Image furtive néanmoins, l’apparition des gaz de combat poussera rapidement les soldats à sacrifier cette barbe à la moustache, en effet, comment voulez-vous assurer l’étanchéité de votre masque à gaz avec une barbe impressionnante.

    http://rosalielebel75.franceserv.com/soldats/fantassin-1915-1.jpg

    Evolution de l’armement

    Les grenades, d’abord passent du stade du bricolage à la production en masse. Un premier modèle de grenade moderne au corps quadrillé, la grenade Besozzi est acheté en Italie, puis produit en France pour ne pas gêner l’effort de guerre italien.

    http://www.passioncompassion1418.com/decouvertes/ImagesDecouvertes/Grenades/BesozziE.jpgGrenade Besozzi

    Puis les français vont produire des grenades percutantes ne pouvant pas être relancées par l’adversaire, délicate d’emploi, ces grenades sont assez dangereuses pour les grenadiers qui les transportent.

    http://www.passioncompassion1418.com/decouvertes/ImagesDecouvertes/Grenades/poire1.jpgGrenade percutante P1

    Puis vient la grenade fusante F1 au profil plus moderne. Cette grenade dite “défensive” parce qu’avec un rayon létal de 200 m possède un corps quadrillé qui produit une dizaine d’éclats mortels (pour 38 sections, un rendement plutôt décevant, mais il n’en reste pas moins que cette grenade est une arme redoutable). Cette grenade deviendra la principale grenade de l’armée française au cours de la seconde moitié du conflit, et se verra doté de tous les dispositifs de mise à feu adoptés successivement par l’armée française.

    http://www.passioncompassion1418.com/decouvertes/ImagesDecouvertes/Grenades/F1l.jpgGrenade F1 avec allumeur à percussion modèle 1915

    http://www.passioncompassion1418.com/decouvertes/ImagesDecouvertes/Grenades/F1d.jpgGrenade F1, modèle équipé du nouvel allumeur automatique Billant modèle 1916 B

    Par opposition à la grenade défensive, sera développé la grenade offensive OF1, moins puissante, avec un corps lisse, elle est plus destiné à étourdir l’adversaire qu’à le tuer.

    http://www.passioncompassion1418.com/decouvertes/ImagesDecouvertes/Grenades/OF1b.jpg
    Grenade OF1, équipée d’un allumeur automatique Billant

    Au fur et à mesure de la monté en puissance de la production de guerre, les modèles artisanaux seront abandonné au profit de ces grenades qui offrent différentes possibilité tactique aux soldats.

    Avec les grenades vient la nécessité de les lancer le plus loin possible. Si le bras peut le faire jusqu’à un trentaine de mètres, il faut parfois pouvoir les lancer plus loin. Pour ce faire, on va voir arriver aux tranchées un certain nombre de lance grenades qui reprennent le modèle des catapultes antiques. La sauterelle d’Ymphi reprend le principe du scorpion romain, ce sera l’un des modèle d’arbalète lance grenade les plus utilisé.

    http://i39.tinypic.com/35ko3mr.jpg

    Le fusil Lebel n’étant plus en production depuis une dizaine d’année au moment du déclenchement du conflit, et présentant quelques inconvénients : magasin tubulaire long à charger et qui déplace le centre de gravité de l’arme au fur et à mesure du tir, sensibilité à la boue etc…
    Le Lebel est remplacé par le fusil Berthier déjà en dotation dans les troupes coloniales. Ce fusil présente l’avantage d’être approvisionné par lame chargeur, ce qui rend son approvisionnement plus rapide. Un premier modèle avec chargeur de 3 cartouche sera d’abord distribué : le Berthier 07/15, puis remplacé par un second modèle avec chargeur de 5 cartouches Berthier modèle 1916.

    http://www.lesfrancaisaverdun-1916.fr/uniforme/fusil2.gifFusil Berthier 07/15

    La mitrailleuse en dotation dans l’armée française, la Saint Etienne modèle 1907 présente quelques inconvénients, l’acier de l’arme résiste mal à la chaleur dégagée par les tirs, et l’entretien de l’arme qui comprend plus d’une soixantaine de pièces est complexe. Il existe en 1914, une deuxième mitrailleuse en service dans l’armée française, la Hotchkiss modèle 1900/1914 qui se trouve être plus résistante à la chaleur, et moins complexe d’entretien, du fait d’un nombre de pièce inférieur de moitié à la Saint Etienne. Hotchkiss est une firme privée, c’est pourquoi elle n’a pas eu directement les faveur de l’armée pour la fourniture des mitrailleuse. A partir de 1915, au vu des qualité des l’arme dans l’environnement dans lequel elle combat, la Hotchkiss remplace progressivement les autres modèles de mitrailleuse, d’autant qu’elle est plus rapide à produire et que les besoin vont encore s’accroître.

    http://www.mitrailleuse.fr/France/Hotchkiss/Hotchkiss.jpg

    Le nombre de mitrailleuses va passer à 8 pièces par régiment dans l’armée française en 1915. Les mitrailleuses, auparavant dispersées entre les bataillons sont rassemblées dans une compagnie de mitrailleuse, à l’instar de ce qui se fait dans l’armée allemande.

    1915 voit aussi l’arrivée aux tranchées d’une vraie artillerie de tranchée française, avec les mortiers de 58mm T n°2, capable d’envoyer dans les tranchées allemandes des bombes de 16 à 45 kg.
    http://www.lesfrancaisaverdun-1916.fr/photos/p337.jpgMortier de 58 T n°2

    Une arme plus étonnante encore est inventée par Edgar Brandt, il s’agit du mortier pneumatique de 60 mm. Cette arme mis en oeuvre par des bouteilles d’air comprimées ou des pompes manuelles envoyait sans bruit ni lueur, des grenades de 60mm jusqu’à 400 mètre, avec plus de 90% des projectiles tombant dans une tranchée à une distance de tir de 100m. C’est l’arme idéale des coups de main des corps francs.

    http://i18.servimg.com/u/f18/13/91/84/98/07kill10.jpgMortier Pneumatique Brandt

  • Participant
    Posts1037
    Member since: 17 juin 2014

    De nouveaux moyens de protection

    Le combat dans les tranchées présente un indéniable avantage en termes de protection, la majeure partie du corps est soustraite aux coups de l’ennemi. Inconvénient majeur, la partie la plus exposé aux éclats des projectiles d’artillerie c’est la tête. Combattre en tranchée implique donc de protéger d’avantage la tête, ce constat apparaît rapidement. Les soldats seront d’abord dotés d’une cervelière, destinée à être portée sous le képi, ce qui la rend particulièrement inconfortable, elle sera le plus souvent portée sur le képi, ou sans, et peu pratique ainsi que peut efficace, elle finira souvent comme gamelle individuelle ou contenant à munitions pour les soldats rechargeant leur Lebel au coup par coup.

    http://www.histoire-passy-montblanc.fr/wp-content/uploads/2015/08/cerveliere-1.jpgCervelière sur le képi

    Très rapidement, un modèle de casque inspiré des bourguignottes du moyen âge est mis au point par le sous-intendant Adrian va rapidement être mis en production. Les troupes françaises seront les premières troupes du conflit à être doté de casques entièrement métalliques (les casques à pointe allemands étant en partie en cuir). Ce casque léger et confortable à porter deviendra l’allié le plus sûr du soldat, même si les premiers exemplaires, avec une peinture trop brillante ont coûté quelques vies. En effet, s’il protège de manière convenable des éclats, ce casque ne résiste pas ou peu aux balles, et les snipers allemands profiteront de quelques cibles qui brilleront dans les tranchées. On camouflera les casques d’abord avec de la boue, puis avec des couvres casques en tissus, avant d’avoir une version avec une peinture mate.

    http://www.histoire-passy-montblanc.fr/wp-content/uploads/2015/08/essayage.jpgPerception des nouveaux casques Adrian en 1915

    Le 22 avril 1915, en dépit du traité international de La Haye, les allemands lancent une vague gazeuse dérivante de 150 tonnes de Chlore. Les effets du gaz sur les troupes non protégées sont traumatisants. Mais cette attaque, contrée malgré les gaz cassent l’effet de surprise qu’aurait pu constituer l’attaque d’une vague dérivante sur une vague portion de front. Mieux, les soldats allemands capturés avec des tampons de protection donnent au français, le moyen de protection contre les gaz. Rapidement, on va voir arrivé au front des moyens de protection contre les gaz. D’abord des tampons filtrant lorsque les gaz employés n’étaient que suffocant, puis les lunettes deviennent nécessaire avec les gaz lacrymogènes.

    http://www.lesfrancaisaverdun-1916.fr/uniforme/masque-p2.gifTampon P2

    Les français commencent la lutte contre les gaz en 1915, avec des tampons comme le P2. A la fin de l’année, ils ont des masques complets comme le M2. Ce masque ne comporte pas encore de cartouche filtrante. La solution neutralisante imbibe le tissu.

    http://www.lesfrancaisaverdun-1916.fr/uniforme/masque-m2-3.gif

    Ce masque est distribué au début de l’année 1916.

  • Modérateur
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    Member since: 14 mai 2013

    @ambarequiem écrit:
    Le nombre de mitrailleuses va passer à 8 pièces par régiment dans l’armée française en 1915. Les mitrailleuses, auparavant dispersées entre les bataillons sont rassemblées dans une compagnie de mitrailleuse, à l’instar de ce qui se fait dans l’armée allemande.

    Je suis étonné de la mise en compagnie au niveaurégimentaire des mitrailleuses françaises, si j’ai bien compris: certes, cela permet d’avoir un entretien et des moyens de transports des munitions et éventuellement des armes elles-mêmes plus centralisés et donc plus faciles et simples, ce regroupement ôte de la réactivité aux bataillons d’infanterie.
    Dans le cadre défensif allemand, cela se comprend.
    Mais pour les Français qui attaquent, les bataillons doivent pouvoir rapidement se défendre des contre-attaques adverses une fois les premières tranchées atteintes: des mitrailleuses rapidement à disposition sont alors vitales. D’autant que la faiblesse des moyens de communication à cette époque rend difficile l’appel au PC de régiment.

    Sinon, cette suite est très intéressante. Je ne connaissais pas le mortier pneumatique de Brandt, c’est une arme très originale et intéressante.

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts1037
    Member since: 17 juin 2014

    Mais pour les Français qui attaquent, les bataillons doivent pouvoir rapidement se défendre des contre-attaques adverses une fois les premières tranchées atteintes: des mitrailleuses rapidement à disposition sont alors vitales. D’autant que la faiblesse des moyens de communication à cette époque rend difficile l’appel au PC de régiment.

    Le rassemblement en compagnie n’exclue pas que les mitrailleuses accompagnent des vagues d’assaut. Les offensives de 1915 sont des attaques d’envergures impliquant généralement les régiments au complet. Tout le régiment avance généralement d’un coup dans un assaut.
    Le régiment d’infanterie se déploie généralement en triangle base en avant, avec deux bataillons sur son front, et un bataillon en réserve. Dans cette configuration, la compagnie de mitrailleuse se place au centre, derrière les bataillons de front et devant le bataillon de réserve. Ça permet de protéger les mitrailleuses tout en les tenant disponibles pour stopper les contre attaques, et de grouper l’effet des huit pièces, ce que ne permet pas la dispersion dans les bataillons. La montée en puissance du nombre de mitrailleuses est assez lente pour les français, les mitrailleuses produites par les manufactures d’Etat étant longue à produire. C’est pourquoi la Hotchkiss sera finalement préférée, elle est beaucoup plus rapide à produire. Il faut noter que la brigade d’infanterie touche aussi une compagnie de mitrailleuse au cours de l’année 1915, ce qui en fait doubler le nombre par rapport à l’année 1914 (3×8 pièces contre 2×6 en 1914).

  • Modérateur
    Posts8413
    Member since: 14 mai 2013

    D’accord, l’organisation des supports de mitrailleuses est donc au noveau régimentaire, mais c’est une bonne dimension pour les caractéristiques des combats de tranchées de la 1GM.

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts1037
    Member since: 17 juin 2014

    Le regroupement en compagnie permet aussi de renforcer l’instruction des mitrailleurs qui était assez déficiente jusque là. Ça permet de formaliser le rôle des mitrailleuses dans l’offensive, ce qui n’était pas encore fait jusque là (après plus d’un an de guerre). Le rôle des mitrailleuses dans l’offensive peut reprendre 4 missions :

    – Renforcement d’un front momentanément stationnaire (suite à un assaut, pour assurer la possession d’un terrain précédemment conquis en donnant le temps d’organiser ce terrain et de préparer la reprise du mouvement).

    – Préparation d’une attaque en complétant l’action de l’artillerie ou en s’y substituant quand il est nécessaire d’agir très vite et par surprise.

    – Couverture des flancs d’une attaque.

    – Occupation d’un intervalle créé entre deux unités.

    Le nombre de mitrailleuse, même s’il augmente est encore insuffisant au regard des besoins du terrain. Mais on sait de mieux en mieux les utiliser, alors qu’on est partie en guerre sans savoir vraiment quoi en faire, surtout dans l’offensive. Maintenant, les troupes qui montent à l’assaut ont un soutien de mitrailleuse qui suit à petite distance, ou qui protège leurs flancs des contres attaques, c’est déjà un grand mieux.

  • Participant
    Posts26
    Member since: 15 décembre 2014

    Dossier très intéressant j’attend la suite avec impatience. Juste une question est ce que tu vas aussi te lancer dans un dossier sur les armées des autres belligérants ou juste la France ? 🙂 Sinon où as-tu trouvé tes infos ?

  • Participant
    Posts1
    Member since: 16 octobre 2016

    Bonjour à tous,

    Étant collectionneur d’uniformes, je profite de ce dossier pour préciser quelques points sur l’évolution de l’uniforme et l’année charnière que sera 1915 avec l’homogénéisation progressive de la tenue.
    Comme vous l’avez dit, le bleu horizon apparaît rapidement pour compenser les problématiques liées au voyant uniforme gris de fer bleuté et rouge. Dès fin 1914, des études sont engagées. Ce sera une société française du centre de la France (Balsan) qui finira par trouver la formule du fameux bleu horizon. Rapidement, les premiers effets sont produits pour équiper les troupes de première ligne. L’arrivée de nouvelles tenues est d’une importance cruciale pour une intendance qui ne parvient pas à remplacer les pertes des 6 premiers mois de conflit. Les premières tenues BH sont de différents modèles. Les plus connus sont le fait du grand couturier Paul Poiret. Il faudra attendre 1915 pour que le modèle définitif soit adopté. Pantalon, capote et vareuse modèle 1915 voient le jour. La pièce la plus emblématique est probablement le casque Adrian Modèle 1915 qui remplace avantageusement la cervelière. Toutefois, le temps d’écouler les stocks de tenues, l’uniforme 1915 ne sera distribué en masse qu’à partir de 1916. C’est donc à Verdun qu’il fait son apparition pour la première fois en grande quantité. La capote, avec ses larges pans et sa double boutonnière, protège avantageusement les soldats qui pataugent dans la boue et le froid. Les poches sont renforcées pour permettre l’emport de munitions supplémentaires. Cette tenue restera règlementaire jusqu’en 1920. A noter que le port de la vareuse sans la capote est règlementairement accepté en 1918 au moment de la reprise de la guerre de mouvement.
    Sur le cliché ci-dessous, on reconnaît :
    -Une capote du modèle 1915
    -Une vareuse modèle 1915
    -Un ensemble de casques Adrian avec l’insigne toutes armes
    -Un képi de fabrication non réglementaire
    -Une gourde Mdle 1877
    -Un ensemble de bonnet de police (modèle réglo et dits « du commerce »)

    http://i67.tinypic.com/fnse51.jpg

    Bonne soirée,

    Ardavis

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