Post has published by Second Empire

Ce sujet a 4 réponses, 4 participants et a été mis à jour par  Second Empire, il y a 1 an et 6 mois.

  • Participant
    Posts333
    Member since: 4 novembre 2016

    Bonjour,

    Cela fait des années que je lis que Napoléon III, comme avec l’Italie, avait demandé à Bismarck en échange de se neutralité dans le conflit Austro-Prussien des compensations sur la rive gauche du Rhin.

    Oui mais en quoi consistait exactement ses compensations ? Toute la rive gauche comme sous Napoléon Ier ? Ou bien “seulement” des régions comme la Sarre ?

    Merci pour vos réponses.

  • Participant
    Posts2823
    Member since: 4 novembre 2016

    Très certainement le Luxembourg, qui était à cette époque sous sphère d’influence française. D’ailleurs, Napoléon III avait demandé officiellement à Bismarck l’incorporation du Luxembourg en échange de la neutralité française.

    La Sarre? Peut-être, mais j’en doute connaissant le personnage de Bismarck. Ce n’est pas un Metternich, et il ne souhaite pas qu’un recul de la Prusse soit traduit par un affaiblissement de sa puissance, par risque d’entrer en guerre avec un Danemark revanchard. Et puis, la crise du Rhin est toujours dans les mémoires. Bismarck tente de manipuler le nationalisme allemand en sa faveur, mais en laissant un territoire allemand échapper aux mains des français, il y a un risque de scission politique entre les factions conservatrices et nationalistes du pays. Enfin, comme on est dans une logique d’équilibre de puissance depuis le congrès de Vienne, il va s’en dire que les autres Grandes Puissances auraient eu leur mot à dire en cas d’agrandissement excessif de la France en Rhénanie. Le meilleur scénario pour une Sarre française, c’est la restitution des frontières de 1814. Mais à moins d’un concours de circonstances visant à mettre sous pression la Prusse (par exemple le rassemblement de toutes les troupes françaises en Alsace et une alliance forte avec l’Italie), je reste sceptique.

  • Modérateur
    Posts2015
    Member since: 4 novembre 2016

    Le plus marrant dans toute cette intrigue (ou coup de put…, comme vous voulez), c’est que Bismarck promet vaguement des terres sur lesquels il n’a aucune autorité. Qui plus est, les discussions entre les deux hommes d’Etat se font dans la discrétion pour ne dire dans le secret. Résultat, lorsque l’affaire éclate au grand jour, le chancelier a le beau jeu de dire à Napoléon III qu’il est obligé de se soumettre à l’opinion publique ! Il avait même demandé à un député de le dénoncer dans une prise de parole au parlement prussien !

  • Modérateur
    Posts2995
    Member since: 4 novembre 2016

    Les concessions évoquées furent la Belgique et le Luxembourg. Pays, où comme l’a très bien souligné @Guiguit, n’étaient pas sous l’autorité de Bismarck ! Il a donc promis du vent !
    Le Luxembourg faisait tout de même parti de la confédération germanique.
    Il n’a pas besoin d’en faire plus face à un Napoléon III déjà satisfait que les puissances germaniques se déchirent, mettant fin à l’Europe issue de 1815 et permettant le retour de la France.
    Si les négociations avaient été plus loin, est ce que Bismarck aurait « cédé » un peu plus, notamment des territoires allemands ? Possible, mais on ne le saura probablement jamais. Cette hypothèse est en revanche fermement contestée par les nationalistes allemands.

    Le problème c’est que Napoléon III, espérant remporter une victoire sans coup de feu, a tardé pour réclamer l’application de ces concessions. Il aurait dû le faire pendant la guerre en menaçant la Prusse d’intervenir contre elle si les promesses n’était pas immédiatement tenues.
    En outre il renonce à la Belgique pour ne pas froisser les anglais.
    Les prussiens, désormais victorieux de l’Autriche et ayant les mains libres, font tout pour retarder les négociations. Ils rappellent ainsi qu’il faut l’accord du roi des néerlandais pour un tel accord du fait des liens unissant l’aristocratie des Pays Bas et du Grand-Duché de Luxembourg.
    Bismarck se sert également de cette affaire pour stimuler le nationalisme allemand et engendrer les germes d’une future crise avec la France…
    Finalement un accord est trouvé. Le Luxembourg acquiert un statut de neutralité et la garnison prussienne qui y stationnée est évacuée. Du vent quoi !

    Comparaison n'est pas raison.

  • Participant
    Posts333
    Member since: 4 novembre 2016

    D’accord. J’avais lu, écrit très rapidement, que Napoléon III réclamait des “compensations sur le Rhin”, j’avais compris des territoires de la Prusse rhénane mais je me suis donc trompé.

    Pour la Belgique et le Luxembourg, j’ai cru que c’était une compensation réclamée suite au refus Bismarckien de céder des territoires rhénans.

    Merci pour vos réponses 🙂

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