Post has published by jddelsignore
Participant
Posts1563
Member since: 29 juillet 2012

Suite à un bug, Kymiou ne parvient pas à poster sur ce sujet… Je vous transmets donc son texte ; notez bien que je ne l’ai évidemment pas modifié. 😉

—————————————————————————-

« Il faut aussi prendre en compte que l’armée romaine ne va pas bien. Dans les campagnes du siècle précédent, elle avait eu affaire à des territoires riches où le butin représentait, pour le légionnaire, un solide à-côté dans son revenu.

Rien de tel sous Auguste. L’adversaire typique est un barbare ayant peu à piller. Le soldat se retrouve réduit à sa simple solde, or, on l’y arnaque joyeusement ! Le tarif était d’un denier – soit 10 as – par jour. Mais depuis l’établissement de ce barême, le denier avait pris de la valeur au point de correspondre à 15 as, mais on ne payait toujours de 10 !

On compte deux grosses mutineries à l’aube du règne de Tibère, l’une en Pannonie (sud de la Hongrie) et une autre, beaucoup plus grave, dans l’armée du Bas-Rhin. Elle parlait carrément de descendre sur Rome ! Impossible d’envoyer les légions du Haut-Rhin régler l’affaire : elle-même n’était plus très sûre. Curieuses mutineries, d’ailleurs, où tout en refusant les ordres de leur hiérarchie, les soldats maintenaient la discipline et vaquaient au train-train quotidien. Des légions autogérées, en quelque sorte. Ce qui les rendaient d’autant plus dangereuses.

Germanicus fut envoyé négocier. Les doléances étaient multiples : la pauvre solde, la brutalité des centurions, le poids des corvées, le maintien forcé de vétérans légalement démobilisables, etc. Quelques agités proposèrent à Germanicus de prendre le commandement et de s’emparer de l’empire. Entendant cela, l’envoyé impérial dégaina son épée et menaça de se percer le coeur devant eux mais il en fut pour ses frais de ce geste théâtral : un loustic lui offrit son glaive en lui affirmant qu’il était mieux aiguisé !

On voit l’ambiance.

Au final, Germanicus accéda à la plupart des demandes y compris pécuniaires. Comme les mutins réclamaient une exécution immédiate, il régla les arriérés de solde sur ses propres deniers tandis que les tribuns rédigeaient sur-le-champ les ordres de démobilisation promis aux vétérans.

Mais il fallut plusieurs années pour un retour définitif au calme. »

A password will be emailed to you.