Post has published by Maxsilv
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    Mais masxilv, il n’y avait rien d’autre à faire qu’utiliser les légions.

    Justement, c’est à Marius qu’un plébiscite (à l’initiative d’un tribun de la plèbe, d’où la réaction de Sylla qui casse quelques années après leur pouvoir) accorde les légions pour mener la guerre contre Mithridate, roi du Pont, qui a profité de la guerre sociale pour s’emparer le la province d’Asie. Même si la logique voudrait que l’imperium militiae (donc le commandement des légions) soit détenu par le consul de cette année 88, c’est-à-dire Sylla, le commandement confié à Marius, s’il offusque les optimates et entre en conflit avec le mos maiorum (la coutume des anciens, donc la tradition), n’a absolument rien d’illégal.
    Par la voie des institutions, Marius est le véritable commandant de l’expédition contre le royaume du Pont, indépendamment du fait qu’il n’exerce aucune magistrature. Face à cette victoire du chef de file des populares, le parti défenseur des intérêts de la plèbe, Sylla semble accepter la décision, mais quitte Rome.
    En réalité, il part lever des légions en Campanie, au Sud de la péninsule pour ensuite marcher sur l’Urbs et exiger du Sénat qu’il rende le commandement de Marius caduque, pour le forcer à rentrer à Rome. Il confisque ensuite littéralement le pouvoir par des mesures de terreur et, même s’il est légitimé par des lois, sa marche contre Rome, si celle-ci est compréhensible, n’en reste pas moins un acte qui viole le pomerium, l’enceinte sacrée de la cité.

    Bref, Sylla n’utilise pas l’armée qu’il a à sa disposition, puisqu’il n’en a pas. En revanche, il s’en crée une pour forcer la République à défaire Marius de son commandement et ainsi tenir en échec ses opposants politiques. Il n’est donc pas question, comme César par la suite, d’utiliser ses légions en réponse à une décision du Sénat qui le déclare ennemi public, il s’agit d’un acte parfaitement prémédité, un moyen pour Sylla, en totale rupture avec le déroulement normal des institutions, de mettre en échec son rival Marius. Je pense qu’il est donc assez délicat d’affirmer que c’était la seule option possible.
    En effet, quelque soit le bien fondé de son initiative, le meneur des optimates se place à l’amorce de la guerre civile en agresseur et non en agressé.

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