Post has published by Olskok
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    Au début de la 2nd guerre mondiale, les blindés alliés sont considérés selon 2 types distincts:

    – Les blindés de cavalerie: Comme leur nom l’indique, ils ont pour rôle de remplacer la cavalerie. Leur objectif est l’exploitation. De ce fait, ce sont des chars qui misent surtout sur leur mobilité et possèdent donc un armement et un blindage assez légers. Les principaux modèles sont le Somua S35 et la série des Cruiser.

    – Les blindés d’infanterie: Ce sont des chars dont le rôle est d’appuyer l’infanterie. Pour se faire, ils ont un armement plus lourd (incluant parfois des obusiers) et un blindage résistant. Ils sont en général assez peu mobiles. Côté Français, on utilise la célèbre série des B1 mais aussi les H35 et R35. Côté britannique, c’est le Matilda puis le Churchill.

    Côté Allemand, il n’y a pas vraiment de chars d’infanterie (seul le Panzer IV en fait partie) mais des véhicules spécialisés dans l’appui (Bison, StugIII…). Les chars moyens/légers se font ouvrir la voie par l’aviation (avec laquelle ils se coordonnent par radio) puis exploitent la brèche.

    Les soviétiques utiliseront eux aussi les deux types de blindés : chars légers et moyens d’exploitation (T-34, BT7, T80…), chars lourds d’appui (KV et IS)renforcés dans leur mission par les canons d’assaut (SU et ISU 152 notamment). La tactique utilisée se rapproche de celle de la 1ère GM : L’artillerie conquiert, l’infanterie occupe (avec l’aide des chars).

    Les Américains utilisent surtout les blindés comme appui feu. En fait dans la tactique US, l’infanterie est au centre, les autres armes servent principalement à la soutenir.

    Comme on peut le voir, dans aucune des armées de la 2ème GM, le char n’a pour vocation d’évoluer de manière isolée. Que ce soient les Allemands, les US ou les soviétiques (soit les 3 armées qui ont utilisé cette arme avec le plus de succès), il y’a toujours nécessité d’une coopération avec d’autres armes (Artillerie, Aviation, Infanterie). C’est d’ailleurs la coordination inter-armes qui est la clé du succès de la Blitzkrieg ou des victoires US et soviétiques.

    D’ailleurs, la plupart des batailles où cette coopération n’a pas existé se sont soldées par un échec. On peut citer notamment la contre-attaque de Moncornet (initiée par De Gaulle)où la 4ème DCR est rapidement arrêtée par les Allemands inférieurs en nombre et en matériel du fait de l’absence de soutien aérien et d’artillerie.

    Par rapport au Tiger (1 & 2), je reste sur le fait que ce sont des chars qui n’ont eu qu’une utilité très limitée pour un coût en ressources exorbitant. En effet, son impact offensif a été très faible alors qu’à l’origine, il est conçu pour percer en force des points lourdement défendus. A Koursk, seule opération d’envergure où le Tiger pourra être utilisé dans les conditions pour lesquelles il a été conçu, il montrera de grosses limites en étant incapable d’obtenir la percée du fait d’une mobilité insuffisante mais aussi d’une fiabilité douteuse.

    Après Koursk, les Tiger ne sont utilisés pratiquement qu’en situation défensive. Ils montrent une certaine efficacité dans un rôle de “bunker mobile”. Toutefois, pas mal de points viennent noircir le tableau :

    – Le coût. En effet, les Tiger se retrouvent employés dans un rôle de chasseur de char à savoir utiliser leur allonge (un 8.8 Kwk 43 L/71 peut dégommer un T-34 jusqu’à 4 kms avec un peu de chance, à moins de 2kms, il a plus de 80% de chances de le détruire)pour démolir les chars ennemis. Or un Jagdpanther (basé sur un chassis de Panther) et le Nashorn (basé sur le Stug) possèdent le même canon pour un coût nettement moindre (que ce soit à la production mais).

    – La difficulté à entretenir les matériels. Les Tiger sont produits en faible quantité et utilisent beaucoup de pièces qu’on ne retrouve sur aucun autre modèle. Il ont en plus la fâcheuse tendance à tomber en panne (du fait des contraintes importantes dues notamment à la masse du blindé). Ainsi, il est très compliqué de se procurer les pièces détachées pour réparer un Tiger en panne.

    – La masse. Le Tiger est un char lourd, l’équipage est donc bien protégé et possède un armement très efficace. Par contre, cette masse peut-être très handicapante. Un Tiger II pèse 70 tonnes et possède le même moteur qu’un Panther de 45 tonnes ce qui nuit à la fois à sa mobilité mais aussi à la fiabilité du moteur qui a malheureusement tendance à lâcher lorsqu’il est trop sollicité. Autre souci lié à ses 70 tonnes : la consommation. Un Tiger consomme environ 100L d’essence aux 100 Km (sur route) et a une autonomie d’environ 100 Km en tout terrain. Cette consommation gargantuesque pose un gros problème d’autant que l’Allemagne manque de carburant et la logistique peine à suivre. Ainsi, beaucoup de Tiger seront abandonnés à l’ennemi à cause d’une simple panne d’essence. En effet, les Allemands manquent cruellement de véhicules capables de remorquer un Tiger. Ainsi, un Tiger en panne est bien souvent perdu. Derniers problèmes liés à sa masse : la casse de la suspension ou des chenilles mais aussi le passage des ponts (qui bien souvent ne peuvent pas supporter son poids).

    De fait, les Tigers, souvent présentés comme les chars ultimes par la propagande nazie (et souvent par Hollywood), sont des véhicules qui, bien que puissants, possèdent aussi une ribambelle de défauts qui annulent pratiquement toutes les qualités de ce véhicule.

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