Post has published by Tiberius
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    J’ai été un peu vif dans ma critique des chars.

    Cependant le char a une valeur limité face à une défense s’appuyant sur des obstacles naturels.
    Il est faible s’il est employé isolément contre une défense un tant soit peu efficace, c’est-à-dire contre presque toutes les armées passé 1942.

    Il a des servitudes importantes : indisponibilité due aux pannes importante, logistique lourde.
    Il est vulnérable car je parle bien de pertes définitives lorsque j’évoque les pertes alliées.
    S’il est employé tactiquement il aide à la percée mais il coûte cher car un canon peut détruire 10 blindés et l’infanterie se remplace plus vite que les chars (sauf énorme disproportion de moyens).

    S’il est employé stratégiquement il peut détruire les forces ennemies dans la profondeur mais il s’expose à plusieurs difficultés. Supposons un rapport de forces de 6000 blindés contre 2000.
    On peut en employer 4000 sur une percée multiple (limitation due au ravitaillement).

    1000 chars périssent lors de combats dus à un engagement prématurée ou bien sont utilisés pour des actions locales malgré les ordres.
    Sur les 3000 restant 1000 tombent en panne ou sont détruits par des barrages en profondeur sur des étranglements géographiques.

    Sur les 2000 restants une bonne moitié est endommagée ou détruite par les contre-attaques des blindés d’un ennemi tactiquement très fort. Il peut se reconstituer un front si le délai est suffisant.
    Du coup il reste 1000 chars sur les 4000 voire moins si on part du nombre total. Cela peut suffire pour déchirer le dispositif adverse mais au fur et à mesure que l’avance se poursuit même si le front n’est pas rétabli le nombre de blindés disponible devient très faible pour des raisons logistiques.

    Imaginez une supériorité de 6000 vs 2000 contre un ennemi d’habileté égale. Vous pouvez voir que la guerre va être longue.
    Je reconnais ensuite qu’à cause de la vulnérabilité du fantassin le canon et la cuirasse du char lui donne un avantage pour surmonter les obstacles une fois le front percé mais cet avantage n’est pas si grand que les victoire allemandes du début de la guerre pouvaient laisser supposer. Masson parlait de l’introuvable guerre éclair. Je ne partage pas tout de l’opinion de cet auteur mais la formule n’est pas si mauvaise (même si elle néglige la rapidité des avances soviétiques de 44/45) et qu’elle convient mieux à un front saturé à l’ouest.
    Pour moi il faut les éléments suivants pour obtenir un succès stratégique :

    1. Logistique solide pour que l’effort soit durable
    2. Pas d’engagement prématuré sur le front
    3. Coopération entre les armes
    4. Capacité à garder unies toutes les armes sans que l’une soit défaillante (si l’une manque tout est compromis face à un adversaire vigoureux)
    5. Grosse supériorité matérielle nécessaire pour supporter les désavantages inhérents à l’attrition rapide des engins utilisés.
    6. Maigreur des réserves mobiles ennemis ou offensive inattendue.

    Certains points se rejoignent mais on voit tout de même qu’une offensive style Bagration exige un effort et une expertise sans failles.

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