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    -Tu-22M “Backfire”

    Principal bombardier supersonique à long rayon d’action en service en Russie à l’heure actuelle, le Tu-22M n’a rien à voir avec le Tu-22, qui avait tellement déçu par ses piètres performances que Tupolev se mit rapidement à étudier un successeur, le tu-22M. Le Tupolev Tu-22M (également appelé Backfire) est un bombardier stratégique et maritime de longue portée développé par Tupolev pour l’armée de l’air soviétique. L’avion est actuellement en service avec l’armée de l’air russe et l’aviation navale russe. L’avion est principalement utilisé pour mener des opérations d’attaques nucléaires et d’attaques conventionnelles-les Tu-95 et Tu-160 étant quant à eux classifiés comme bombardiers stratégiques. Il peut également être déployé dans des missions de reconnaissance maritime.

    En 1962, avec l’introduction du Tu-22, il est devenu de plus en plus clair que l’avion était considérablement inadéquat dans son rôle de bombardier. En plus des problèmes d’inutilité et d’entretien, les performance du bombardier se sont révélées dangereuses. Sa vitesse d’atterrissage était d’environ 100 km/h, ce qui était nettement trop rapide. Par ailleurs l’appareil avait tendance à frapper sa queue sur la piste lors de l’atterrissage. Aussi, Il était difficile à voler et avait une visibilité générale catastrophique. Enfin, avec l’arrivée des jets, la vitesse s’imposa rapidement comme la seule défense efficace face aux intercepteurs. Or, cette vitesse n’était pas le point fort du tu-22, comme beaucoup des bombardiers à réactions de l’époque. En clair, il fallait se hater de trouver un nouveau bombardier.

    Lors du développement, Sukhoi, traditionnel concepteur d’avions de chasse, développa le T-4, un avion en titane à quatre moteurs avec plan canard. Pour rester en course, Tupolev, dont l’expertise est avec les bombardiers, a offert à la Force aérienne soviétique (Voyenno-Vozdushnye Sily, VVS) une version mise à jour du Tu-22, nommé «AM». Par rapport au T-4, il s’agissait d’un design évolutif, avec son attrait dans sa simplicité et son faible coût. Cependant, le gouvernement soviétique était sceptique quant à la nécessité d’approuver le développement d’un avion de remplacement alors que le Tu-22 venait d’entrer au service. Mais à la fin, il fut accepté.

    Beaucoup des étapes de développement dans la fabrication de l’AM étaient uniques à l’époque. Une attention particulière fut accordée à la construction de l’aile à balayage variable – la base de l’ensemble du projet. Deux moteurs à turbo-flan sont montés dans le fuselage de l’appareil (chose rare pour l’époque), avec de grandes prises d’air rectangulaires et deux échappements. Le fuselage est long et mince avec un nez solide et pointu et un poste de pilotage étagé. Le TU-22M était né.

    Le principal armement du Tu-22M est le missile Air-Surface supersonique Kh-22 (Kitchen AS-4) à charge nucléaire tactique ou conventionnelle; mais le Tu622M peut également emporter le missile Kh-15P ( Kickback AS-6) ou 24 tonnes de bombes non guidées. Un emplacement spécialement réservé au Kh-22 est incrusté au ventre du fuselage, alors que deux autres missiles peuvent êtres installés sur d’autres points d’emports.. Le Tu-22M dispose en outre d’un armement défensif dans une tourelle de queue équipée d’un double canon GSh-23 de 23mm contrôlé par un radar d’alerte et de contrôle de tir PRS-4 Krypton (ou Boxtail selon la désignation OTAN).

    Durant la Guerre Froide, les Tu-22M de l’aviation à long rayon d’action soviétique pouvaient menacer toute l’Europe avec leurs armements conventionnels ou nucléaires tandis que ceux de l’aviation navale menaçaient les Task-Forces américaines sur toutes les mers du globe avec pour principale mission la destruction des porte-avions en cas de conflit.

    Ce conflit n’eut pas lieu, mais le Tu-22M fut toutefois utilisé en combat, en Afghanistan. Il fut déployé de Décembre 1987 à Janvier 1988, au cours duquel les avions effectuèrent des missions de terreur et d’appui lors de la tentative de l’armée soviétique de soulever le siège des moudjahidines sur la ville de Khost. Deux escadrons de tu-22M du 185ème GvBAP basé à Poltava furent déployés dans la base aérienne de Maryy-2 au Turkménistan. Capable de larguer de très gros tonnages d’explosifs, ces appareils bombardaient systématiquement les forts et camps rebelles. En octobre 1988, de nouveaux appareils furent déployés; 16 Tu-22M3 furent utilisés pour couvrir les forces soviétiques qui sortaient du pays. Travaillant aux côtés de 30 MiG-27 nouvellement arrivés, l’avion eut également effectué des missions visant à soulager la ville assiégée de Kandahar. La dernière opération des tu-22M furent pour la destruction du passage de Salang.

    Le Tu-22M fut aussi utilisé contre les forces tchétchènes au cours de frappes près de Grozny, durant la première guerre de Tchétchénie. Des tu-22M sont aujourd’hui en service en Syrie, contre le Djihadistes et les rebelles.

    Le Tu-22M reste encore aujourd’hui le bombardier principal de la Dal’naya Aviatsiya, bien qu’il ait fait son temps. Il reste l’un des rares géants de la guerre froide, un souvenir de cette ère de crise.

    Chapitre 6:

    À la fin de 1981, il devenait évident que l’utilisation de grandes forces mécanisées et blindées ne constituait pas une stratégie viable pour sortir victorieux de ce conflit. En raison des résultats médiocres dans la lutte contre les moudjahidines, le général Ivan Pavlovski fut relevé de son commandement de la 40e armée en décembre 1981 et retourna en Union soviétique. Cette situation accentua l’ascension de la puissance aérienne comme force de substitution, remplaçant la force terrestre de la guerre contre les talibans.

    -La VVS comme force de terreur

    Dès le début du conflit, la VVS (force aérienne soviétique) joua un rôle prédominant comme moyen de terreur dans une campagne d’intimidation et de punition de la population afghane-au contraire du Vietnam, la population afghane devint bientôt un martyr de la guerre d’Afghanistan. Les opérations de la VVS progressèrent rapidement d’un accent militaire à un moyen de terreur englobant l’emploi quasi-automatique des biens de l’aviation soviétique comme instruments de punition et de terreur.

    Ce terme de «moyen de terreur» représente assez clairement l’une des manœuvres des soviétiques afin de gagner cette guerre; Au contraire du Vietnam où la population était un «parti tampon», d’un point de vue soviétique, la population afghane était en loin innocente, et pour une grande partie aidait les moudjahidines. Et les soviétiques avaient eu juste: les talibans étaient nourrit et soignés par les civils. Alors que l’effectif militaire, comparé à celui du Vietnam, était deux fois moins important, les pertes civiles afghanes ont largement dépassées celles du Vietnam- Entre 1 et 2 millions de morts afghans (3 millions ont fuit l’Afghanistan) contre «seulement» 600 000 civils vietnamiens. Ces pertes font de la guerre d’Afghanistan l’une des plus sanglante de notre époque, et la force aérienne soviétique y est pour quelque chose.

    En premier temps, les forces soviétiques en Afghanistan ont tenté d’interdire le flux d’approvisionnements et de main-d’oeuvres du Pakistan vers les moudjahidines. Les tentatives soviétiques initiales de fermeture de la frontière ont porté sur l’emploi de puissance de feu massive à partir d’avions (à la fois d’aile fixe et d’hélicoptère) et d’artillerie pour soutenir les progrès des forces mécanisées et blindées. Le journaliste français Gérard Chaliand visita plusieurs provinces afghanes le long de la frontière pakistanaise en 1980. Il déclara: «Au cours des six premiers mois de 1980, les russes étaient surtout préoccupés par le contrôle de la région frontalière pakistanaise, en particulier Kunar et Paktia, et, à un moindre, Les provinces de Ghazni “. Dans le cadre de la frontière pakistanaise, les avions à voilure fixe ont largement soutenu ces opérations initiales en fournissant une puissance de feu massive sous forme de bombardement pré-attaque et de bombardements punitifs avec du napalm et du gaz, tandis que les hélicoptères fournirent un support aérien. En juillet 1980, les forces soviétiques et la DRA détruisirent au moins 60 villages au sud de Kaboul au cours d’une opération de deux semaines.

    Les tentatives soviétiques d’intimidation de la population civile impliquaient un effort aérien commun. Le bombardement intensif des villages par avion et par artillerie servit de prélude à l’entrée de forces mécanisées et blindées dans la région. Ces forces ont ensuite mené une campagne de «terre brûlée» en détruisant les habitations locales, les cultures agricoles, les systèmes d’irrigation, le bétail et les puits, bouleversant les approvisionnements alimentaires. Un officier suédois, après avoir visité plusieurs villages détruits par les soviétiques, nota: «les soldats russes tirèrent sur tout ce qui était vivant dans les six villages- les gens, les poules, les ânes – et ils pillèrent ce qui restait de valeur». Ces opérations soviétiques visaient à faire fuire les villageois de ces régions, dans un effort de créer une zone où les insurgés ne trouveraient aucun soutien.

    La «pacification» du village et la création de «zones mortes» chimiquement contaminées n’étaient que deux outils dans la campagne visant à la destruction de l’infrastructure d’approvisionnement des insurgés. Les soviétiques utilisèrent largement les mines parachutées dans une autre tentative d’interdire les routes majeures allant vers le Pakistan. L’utilisation de cette arme devint une routine pour les soviétiques en Afghanistan, à la fois comme méthode pour interdire les voies d’approvisionnement des moudjahidines et pour protéger leurs bases et les grandes zones urbaines comme Kaboul. Le major-général soviétique Oleg Sarin et le colonel Lev Dvoretsky estiment que, entre 1980 et 1985, Les ingénieurs soviétiques enfuirent environs 91 000 mines antipersonnel. Les hélicoptères à eux seuls laissèrent tomber plus d’un million de mines et, en 1983 et 1984, les avions utilisant le système Vilyui (éjecteur de mines aérien) larguèrent 1,7 million de mines supplémentaires. Ces mines avaient deux objectifs. D’une part, les soviétiques les utilisaient pour mutiler les soldats moudjahidines qui auraient besoin de l’aide de leurs camarades pour atteindre un de leurs hôpital de fortune, réduisant ainsi la taille de la force opérationnelle sur le terrain à un moment donné. D’autre part, les mines placées le long des routes de réapprovisionnement ralentissaient l’approvisionnement.

    En août 1982, les forces soviétiques et DRA ne contrôlaient encore que les principales villes et les principales routes du pays. La mort de Leonid Brezhnev en novembre et son remplacement par Yuri Andropov ont peu contribué à modifier la situation tactique ou stratégique pour les membres de la 40e armée. Andropov faisait la comparaison avec la situation Post-revolution rouge de1917, qui fut succédée par une campagne de terreur du gouvernement contre la population. L’orientation d’Andropov donna un nouvel élan à cette stratégie de terreur et de représailles contre la population afghane. Les Soviétiques révélèrent la nature de cette stratégie dans une attaque contre la ville de Pagman en septembre: jets et hélicoptères soviétiques bombardèrent le le centre-ville pendant plus de deux heures, tuant et blessant plusieurs dizaines de personnes.
    Les forces soviétiques, incapables de coincer les insurgés, eurent de plus en plus recours à des représailles pour punir la population civile pour des actes des moudjahidines. Par exemple, en avril 1983, les Soviétiques répondirent à un soulèvement général dans une des régions du pays par un bombardement de la ville de Herat (150 000 habitants). La campagne, décrite par les responsables américains comme «extrêmement lourde, brutale et prolongée», entraîna la destruction de la moitié de la ville et les décès d’environ 3 000 non-combattants.

    Mike Martin a longtemps parlé de la politique russe visant à cibler les villages voisins en représailles aux attaques des insurgés en déclarant que les Soviétiques étaient «réduits à délibérément avoir tué des civils dans l’espoir vain d’abandonner leurs combattants». 50 avions soviétiques et DRA ou artillerie ont bombardé les villages sélectionnés , Et dans certains cas détruit des champs cultivés. La destruction des cultures constituait un élément continu dans une «politique de famine» soviétique. Martin soutenait que «vers le milieu de 1983, les russes semblaient en faillite d’idées militaires et avaient recours à l’usage répandu de la terreur».

    Cet usage répandu de la terreur avait fait de l’aviation la force fétiche de la 40e armée, et le cauchemars des afghans. Là où les hélices des hélicoptères retentissaient, la mort s’en suivait. Civils et talibans afghans apprirent à fuir instinctivement les hélicoptères. Le poids psychologique avait toute sa place dans la campagne de terreur.

    Cependant, l’incapacité de diviser la population et les moudjahidines, le désir d’éviter les pertes et la frustration soviétique qui en résulte avec le statu quo se sont combinés dans l’adoption d’une méthode apparemment simple et efficace pour abaisser les pertes de personnel. Il est vite apparu qu’une nouvelle stratégie était nécessaire.

    C’est en 1984 que les choses commencèrent à changer. Les premières années de la guerre, qui furent témoins de la campagne aérienne de terreur envers les civils, se conclurent par un échec total, autant sur le plan politique que militaire. Cette campagne de terreur avait mobilisé presque la totalité de la force aérienne, obligeant la force terrestre à se battre contre les talibans. La situation par rapport à 1981 avait changé, mais très peu pour le mieux. Petit à petit, la VVS commença à relâcher la pression sur la population pour tourner ses appareils vers les moudjahidines eux mêmes. La campagne de terreur n’était en loin finie, mais la nécessitée d’en finir au plus vite avec ce conflit la plaça en second plan.

    Du point de vue de la VVS, le conflit commença assez faiblement. En 1981, avec la campagne de terreur, l’aviation commença réellement à peser dans le conflit, même si cela ne menait à presque rien. Entre 1983 et 1984, la VVS commença à gagner ça place dans la guerre contre les talibans, et non plus seulement contre la population. En cette date, l’on pouvait alors témoigner du changement qu’ocurrait la force aérienne en un passage de force de substitution de la force terrestre. Cette date de 1984 signifia un changement crucial dans la guerre de la force aérienne russe contre les talibans.

    Village afghan après le passage des soviétiques/i]

    -L’assaut aérien

    En 1984, les soviétiques commencèrent à modifier leur stratégie aérienne et terrestre afin d’utiliser plus efficacement leurs effectifs contre les insurgés. La campagne de terreur se prouva défectueuse, en employant des moyens aériens limités dans un rôle ne justifiant pas ce geste. Alors la force aérienne commença à se concentrer vers un combat plus direct contre les moudjahidines. L’assaut aérien est le symbole de cette force de substitution, prenant la place de la force terrestre. En effet, grâce à cette technique de d’assaut aérien, les soviétiques purent enfin pratiquer ce fameux «enveloppement vertical», passant d’une force aérienne à une force aéro-terrestre en un temps record.

    Les soviétiques tirèrent du conflit d’Afghanistan la nécessité d’une mobilité rapide et d’un appui massif et réactif, plutôt qu’un encerclement par des forces motorisées terrestres. L’accent est mit sur l’idée d’un «enveloppement vertical», donnant de l’importance aux opérations impliquant l’utilisation massive d’hélicoptères et de forces aéroportées. En effet, L’hélicoptère est une plate-forme polyvalente et flexible, avantageuse pour l’insertion et le support de troupes d’assaut aérien, sans le risque d’un parachutage massif et exposé et l’utilisation disproportionné de ressources aériennes limitées. Il faut faire liaison avec la notion «d’hélicoptère de manœuvre», très soutenu par les soviétique; là, l’hélicoptère n’était plus un soutien, mais un élément essentiel de l’opération, au même niveau que le fantassin sur le champ de bataille.

    Selon le Major James Holcomb de l’armée américaine et l’analyste soviétique Graham Turbiville, la mise en œuvre d’un assaut aérien se base sur la coopération avec la/les forces d’assauts principales et les GMO [Groupes de Manœuvre Opérationnels] afin d’aider leur pénétration en profondeur (au niveau opérationnel) dans le dispositif ennemi, ainsi que d’effectuer d’autres missions tactiques isolées. Ces forces d’assaut aérien pourraient être déployés en devant de la ligne de front, fonctionnant indépendamment du reste des forces, et ayant comme objectif les lignes de communications de l’ennemi. elles pourraient également agir comme force de blocage dans les opérations conçu pour piéger les forces ennemies entre le marteau -force d’assaut principale- et l’enclume -force d’assaut aérien. Cela confirme les propos du français Benoit Michel, chef d’escadrons dans l’armée de l’air, insinuant que l’utilisation des forces aéroportées russes est multi-roles (notion partagée avec les britanniques) au contraire de l’exemple américain, voyant les OAP [Opération Aéroportée] comme un moyen d’influence et d’insertion stratégique.

    1930 fut témoin de la création des Desants, troupes aéroportées soviétiques. En 1955, l’on comptait 7 divisions de VDV/Desants (de 10 000 hommes chacune). En 1979, les Desant soviétiques comprenaient non seulement les forces aéroportées (VDV), mais aussi une force d’assaut aérien nouvellement créée, les DshBs, où Desantoshturmovaya Brigada- Brigade d’assaut d’atterrissage. Les DshBs se basaient quasiment sur l’utilisation de l’hélicoptère dans tout les rôles possibles. Par ailleurs, que ces unités soient des brigades est en soi une indication de leur statut particulier, puisque la brigade n’était pas une formation standard dans les forces armées soviétiques. Aussi, au contraire de l’unité aéromobile américaine, les hélicoptères soviétiques ne sont pas organiques à la brigade. Il appartiennent à l’armée de l’air. Enfin, tous le personnel de ces unités sont entraînés au saut en parachutes, et portent le béret bleu traditionnel et le gilet rayé des forces aéroportées.

    De tels assauts aériens requièrent toujours une longue préparation. Si l’assaut est en coopération avec une plus grande opération, l’on enverra une équipe de reconnaissance chercher les plus propices LZ. Il est aussi nécessaire d’étudier le terrain ciblé, notamment la température et l’altitude: Un hélicoptère Mi-8 peut transporter au niveau de la mer, 24 soldats tout en étant lui même armé. Mais dans les montagnes, ou la températures est extrême et l’air rare, il ne peut prendre que 12 hommes, si ce n’est moins.
    Par ailleurs, afin de tromper l’ennemi du lieu de la réelle ZA, de fausses ZA étaient proposées; les hélicoptères se dirigeaient vers ces positions puis changeaient brusquement d’itinéraire pour ce diriger vers la véritable ZA.

    Une formation standard pour un assaut aérien consiste en plusieurs éléments. Un groupe d’hélicoptères de combat nettoie une ZA pré-désignée de toutes forces hostiles. Ce groupe peut aussi être accompagné d’avions d’attaque au sol.
    Un second groupe, toujours composé de Mi-8mt (version surarmée) va débarquer les troupes aéroportées sur la ZA. Pendant le vol et cette phase d’atterrissage, les troupes héliportées tirent sur les positions ennemies à travers les fenêtres ouvertes. L’on débarque entre autre un FAC, qui va aider dans l’acquisition dans cibles.
    Ce groupe est suivit par le corps principal de l’assaut aérien, dont les appareils volent en colonne. L’on y voit des Mi-6 et Mi-8mt, volant en paire, avec une distance précise entre chaque duos. Le nombre d’hélicoptères dans ce groupe dépend de leur disponibilité et de la taille de la force d’assaut. Généralement, ce groupe est escorté par 2-4 Mi-24. À la fin du débarquement, les hélicoptères de transports armés participeront à l’appui-feu des forces alliées. Si il n’y a pas assez d’hélicoptères pour héliporter l’effectif total, alors l’on procédera à un nouveau «convoi», même si l’on perd l’effet de surprise.
    Pendant le processus d’atterrissage, l’officier supérieur en charge de l’assaut fourni un contrôle sur l’opération via un hélicoptère séparé de type Mi-9 ou MI-8 VZPU, servant aussi de FAC aérien.
    Un quatrième groupe d’hélicoptères est assigné à l’évacuation et au sauvetage au cas où l’assaut est un échec.

    L’assaut aérien est même arrivé à un niveau bien plus tactique, employant seulement une paire d’hélicoptères. Pendant que l’un dépose ses troupes au sol, le second le couvre, et appuie par la suite les forces terrestres engagées.

    Le terrain montagneux de l’Afghanistan a mis à l’épreuve tout le dispositif soviétique. Dans un théâtre européen, il ne manque pas de ZA, Ce qui est tout le contraire des montagnes afghanes. Dans ce genre de terrain, l’on avait régulièrement recours à plusieurs petites ZA, car il n’y en avait pas d’assez larges pour contenir l’atterrissage de toute une compagnie ou bataillion simultanément. L’on divise alors le corps principal en sous-unités, devant se regrouper en un lieu précis après débarquement. parfois il est arrivé qu’une sous-unité du corps principal débarque sur l’une de ces petites ZA, trop près de forces ennemies, et ne doit alors se défendre immédiatement. Par exemple, en Novembre 1981, une compagnie de parachutistes opéra un assaut aérien, 70 km au Nord de Kabul. En tout, pas moins de six ZA furent assignées aux hélicoptères. Par ailleurs, ces ZA ne pouvaient être utilisées que par un hélicoptère à la fois, le second de la paire devant attendre dans les airs afin d’atterrir. Au final, l’assaut dura deux fois plus de temps qu’il ne fallait. Aussi, dans le cas où l’hélicoptère ne peut atterrir sur sa ZA, il devait flotter 2-3 mètres au dessus du sol le temps que ses hommes sautent.

    Les Soviétiques ont mené des opérations héliportées de plusieurs tailles. Le 21 avril 1984, une force rebelle détruit le une partie du pont Mattok sur la rivière Ghorband, au sud du tunnel de Salang. Quand ils essayèrent de répéter l’attaque, les soviétiques lancèrent un assaut aérien comme celui décrit si-dessus. La force afghane, estimée à 1 500-2 000 hommes, fut disloquée et éparpillée. Les rebelles survivants essayèrent de se cacher dans une vallée, mais les soviétiques débarquèrent deux compagnies, environ 200 soldats, sur les deux sommets de la vallée, contrôlant le seul accès de sortie. Presque immédiatement, les moudjahidines piégés, furent soumis à des frappes aériennes par hélicoptères et avions. Toutes tentatives pour avancer hors de la vallée étaient bloquées par les troupes soviétiques. Apparemment, ils y eut de nombreuses protestations sur les tirs alliées qui étaient trop proches des soldats russes, mais le résultat n’en resta pas moins la destruction de l’adversaire.
    Ainsi, dans une opération relativement brève, Les soviétiques ont pratiquement éliminé la menace moudjahidine avant que le pont ne soit totalement détruit.

    Un autre exemple est un assaut aérien en octobre 1984 dans le secteur du ravin de Pizgoran. Il a démontra la dépendance croissante des soviétiques à des débarquements aériens à grande échelle, impliquant des fusiliers motorisés en tant que force de contre-insurrection. Le 25 octobre, 24 hélicoptères Mi-8 transportèrent 1 280 hommes dans la zone de combat. Pendant l’opération, Mi-24 Hinds, MiG-23 Floggers et Su-25s fournirent un support appui-feu important pour la force d’atterrissage. L’opération se finit en un succès.

    Dans “Wings of the Motorized Rifleman”, 29 avril 1980, le lieutenant-colonel Romanov décrit un assaut aérien de la taille d’un bataillon (400 à 500 soldats). L’opération commence par la sécurisation de la ZA, probablement par un peloton renforcé. La préparation de la ZA comprend un tir de roquette de l’hélicoptère et un «Mad Moment» (moment de folie) par les soldats d’infanteries tirant depuis l’intérieur de l’hélicoptère juste avant l’atterrissage. Quelques minutes plus tard, la force principale arrive. Alors que l’ennemi est concentré sur l’assaut principal, une force attaque l’ennemi par l’arrière. Cette force bloque l’avance de la réserve adverse et soutient l’attaque principale. Lorsque renforcement est demandé, les hélicoptères livrent des canons de montagnes et des mortiers, pendant que des mines sont déposées pour protéger les flancs. Le but de l’article semble être triple: L’utilité de l’hélicoptère; la coopération afin de réussir au mieux des opérations aériennes et finalement La valeur des agressions par hélicoptères, en particulier en relief montagneux.

    Enfin, un dernier exemple montrant l’assaut aérien dans une opération plus importante. Début Janvier 1985, le commandant de la 70e brigade d’infanterie motorisée reçu un rapport de renseignement selon lequel l’ennemi avait prévu de tenir une conférence le 25 Janvier au village de Rumbasi (situé au sud-ouest de Kandahar). La décision fut prise de détruire l’ennemi lors de cette réunion. Le commandant de la brigade décida de mener un assaut aérien tactique près de Rumbasi afin de bloquer les moudjahidines dans le village, pendant que ce dernier serait attaqué par une force terrestre. Le 4e bataillon d’assaut aérien devait s’occuper de l’assaut aérien, pendant que la brigade devait s’occuper d’éradiquer les moudjahidines dans le village, et s’occuper de la région. La force d’assaut aérien se divisait en deux groupes. Le premier, plus léger en terme d’effectifs, devait saisir l’LZ à l’Est de Rumbasi, et sera suivi par le corps principal. Leur objectif était de détruire tout ennemis à proximité de la LZ, établir leurs positions à l’est et au sud-est de Rumbasi et bloquer l’ennemi dans le village jusqu’à l’arrivée de la force principale (la brigade).

    Le 25 janvier, à 13 heures, la première force d’assaut aérien s’envola vers la LZ pré-désignée. Le corridor aérien était d’une seule colonne d’hélicoptères, qui opéraient à basse altitude. Deux Mi-24 Hind, accompagnés de 4 chasseur-bombardiers de type Su-17, préparèrent la LZ pour atterrissage. Parallèlement, les 4 hélicoptères de transport Mi-8 se couvraient mutuellement avec leurs roquettes et mitrailleuses de bords. Pendant le débarquement, l’ennemi tirait sur les soviétiques avec des armes légères, mais aussi des lance-grenades lourds. Par conséquent, la LZ pour le corps principal fut déplacée d’un kilomètre au sud-est. Le débarquement du premier groupe fut intense et brutal, mais il se débrouilla efficacement et détruisit les moudjahidines menaçant son LZ. Par la suite ils établirent et tinrent leur positions de blocage autour de Rumbasi. Cependant, le feu ennemi empêchait le corps principal de prendre sa position près du village. Le premier groupe devait alors opérer seul face à la majorité des talibans du villages.
    Il fallut attendre l’arrivée de la brigade pour recevoir l’appui de son artillerie. Les deux hélicoptères Mi-24 étaient bientôt à cours de carburant et de munitions, et aucunes artilleries n’avaient été amenées. Il fallut attendre que la brigade soit à portée de feu pour que son artillerie déloge l’ennemi de ses positions, permettant au corps principal de progresser à sa position prévue, insistant à la bonne continuation de l’opération. Les moudjahidines qui essayèrent de se s’enfuir furent abattus par les troupes d’assaut aérien.

    Les pertes pour les soviétiques furent de 2 morts et 3 blessés, alors que les moudjahidines perdirent plus de 100 hommes, en plus de nombreux prisonniers.

    Le succès de l’opération est du à 2 points. L’effet de surprise; l’élément de surprise est capital lors d’assauts aériens. Dans ce cas là, il permit aux soviétiques de surprendre l’ennemi. L’efficacité et l’héroïsme des troupes héliportées du premier groupe furent aussi décisifs pour l’opération.

    Toutefois, des erreurs ont été faites, et des leçons sont à apprendre. Selon le type de mission et la contre-réaction anticipée de l’ennemi, un groupe d’assaut devrait consister au minimum d’une compagnie renforcée. Une telle unité devrait emporter plusieurs soutiens organiques comme une unité de sapeurs, des mortiers ou une section de AGS-17 (lance-grenades). Tout ce soutien aurait pu être remplacé par un appui aérien continue, chose qui ne fut non plus, pas préparé.
    Aussi, l’opération démontra un manque de coordination entre les forces terrestres et troupes d’assaut aérien. Une coordination temporelle est vitale afin que l’une des deux forces ne se retrouve pas seule à l’ennemi. Malgré ces fautes, l’opération fut un succès et les pertes furent extraordinairement légères.

    Les assauts aériens ont toujours était une option attrayante pour l’armée soviétique, les commandants souhaitant détruire des cibles importantes ou capturer des terrains vitaux ou des installations dans l’arrière ennemi. la guerre d’Afghanistan a permis de mettre cette doctrine en pratique et d’affiner l’hélicoptère comme une arme efficace, décisive, et ayant sa place dans toutes opérations aéro-terrestres. Symbole de la transition effectuée en 1984, la tactique de l’assaut aérien fut si importante quelle joua a un rôle quasi-strategique: du passage d’une force terrestre à une force aérienne (aéro-terrestre).

    -Une force de Substitution

    Comme nous avons pu le voir précédemment, l’aviation a dès 1981 joué un rôle important dans la lutte indirecte contre les moudjahidines, à travers une campagne de terreur contre la population qui mit la VVS en premier plan. Pourtant cette stratégie s’avéra infructueuse, notamment pour une utilisation atouts limitées pour des résultats insuffisants. Alors il fut décidé que non seulement la campagne de terreur allait continuer, mais qu’en plus la force aérienne allait prendre la place de la force terrestre dans la lutte, cette fois-ci directe, contre les talibans.

    La doctrine post-SGM mettait en valeur l’intensification de l’utilisation de la puissance aérienne, mais limitait son rôle au support aérien. En 1979, la doctrine soviétique se conformait à ce principe. Cependant, le terrain favorable à l’aviation, accentua la décision d’une force de substitution. Aussi, la réticence de Moscou à augmenter l’effectif humain en Afghanistan, l’envie de minimiser les pertes et enfin l’efficacité prouvée de la force aérienne dès le début du conflit à travers la campagne de terreur amenèrent les soviétiques à intensifier la présence de la puissance aérienne dans des rôles qui auparavant étaient privilégiés aux forces terrestres, mais aussi à diminuer l’effectif de cette force qui avait déçu plus d’un par son inefficacité.

    En effet, en 1980, l’on compte une trentaine hélicoptères et plus de 1800 chars d’assauts dans la 40e armée. En 1984, c’en est tout le contraire: l’on a pas moins de 325 hélicoptères en 4 régiments (il fut de 200 appareils en 1981). Du coté blindé, deux régiments entiers sont ramenés en URSS. Au niveau opérationnel, ce changement est d’autant plus flagrant: lors de Panjshir V (1982), les soviétiques et afghans eurent à disposition 600 chars, 1500 IFV, 500 canons, 109 hélicoptères et 26 ailes-fixes. Pour Panjshir VII (1984), l’on compte seulement 500 blindés (chars-IFV inclues), 272 canons, 196 hélicoptères et 200 avions.

    Mais au delà de l’effectif, c’est toute la stratégie russe qui est modifiée. L’opération Panjshir VII illustre correctement cette force de substitution et ses effet à un niveau opérationnel. L’acceptation croissante et l’utilité de “l’enveloppement vertical aérien” ont même commencé Se dirigeant vers les manuels doctrinaux officiels de l’Armée rouge. Alors que les précédentes opérations, notamment les précédentes Panjshir, furent ouvertes par un traditionnel barrage d’artillerie soviétique, l’offensive Panjshir VII commença par un bombardement vertical de 2 jours (bombardement stratégique), qui fut par la suite suivi de l’assaut des troupes. C’est par ailleurs la première campagne de bombardement intensive faite par les soviétiques depuis la seconde guerre mondiale. Aussi, l’on voit de plus en plus l’utilisation de l’assaut aérien, permettant de délivrer un important contingent de troupes en un lapse de temps par héliportage. Cet aspect donne un avant-gout de l’effet d’une force de substitution; d’un passage d’une force terrestre à une force quasi-aérienne, entrainant un changement dans le matériel, mais aussi dans les rôles des outils de combats employés.

    Cependant, l’effectif, le manque de moyen, fut problématique tout le long du conflit. Il n’y eut jamais assez d’hélicoptère pour escorter les convois, ou d’avions pour répondre à toutes les frappes aériennes demandées. Ceci est particulièrement vrai pendant les périodes de grandes offensives, où la majorité des besoins aériens étaient réquisitionnés, laissant le reste du front sans force aérienne. Par exemple, Panjshir VII mobilisa plus de 60% de de la flotte d’hélicoptères pendant plusieurs jours. Cela se terminait par une saturation des appareils; certains aéronefs faisaient 8 missions par jours, suivies de 6 missions par nuits- Les pilotes étaient à bouts de souffles, tout comme les machines.

    Cependant, les soviétiques n’arriveront jamais à terminer leur transition. Il n’y aura jamais assez hélicoptères et avions pour remplacer totalement le vide créé par l’absence de blindés. Cette réticence du Kremlin de ne pas vouloir employer trop de ressources dans ce conflit, est d’après beaucoup ce qui a causé toutes les difficultés des combats en Afghanistan: Il aurait fallut au minimum un millions de soviétiques pour tenir correctement le pays. Cette transformation n’aura aucuns effets stratégiques sur le conflit et la lutte de contre-insurrection, notamment à cause de l’absence d’une alternative sociale et politique pour l’Afghanistan. De 1979 à 1989, l’on resta sur une invasion et occupation militaire brutale, tout autant contre les moudjahidines que la population dans sa totalité. Finalement, la substitution d’une guerre routière et terrestre à des tactiques d’assauts aériens et de l’aéro-mobilité n’a fait que prolongé efficacement de quelques années l’inévitable. Dans un environnement de guerre non conventionnel, «posséder l’air» offre un certain nombre d’avantages très réels; Cependant, l’expérience américaine au Vietnam et l’expérience soviétique en Afghanistan ont montré que le contrôle de l’air était soit une condition nécessaire, mais certainement pas suffisante, pour la victoire.

    Chapitre 7:

    -L’arrivé des SAMs-Le missile Stinger

    Comme nous le montre ce dossier, l’utilisation de la puissance aérienne – et particulièrement des hélicoptères – a toujours été une part importante de la guerre en Afghanistan. La capacité des talibans à descendre des aéronefs revêt alors une importance considérable.

    Le ciel afghan n’a jamais été sûr pour les pilotes soviétiques. Dès le début du conflit, les pilotes devaient se méfier des falaises et parois des vallées qui pouvaient abriter plus d’une mitrailleuse lourde. Avant 1986, l’arme antiaérienne la plus efficace des moudjahidines s’est avérée être le “Dashka” de 12,7 mm et la mitrailleuse lourde “Zigriat” de 14,5 mm. Un déserteur soviétique, Alexander Zuyev, nota que les tactiques de défense aérienne des moudjahidines étaient “relativement primitives” en 1984, “mais leurs mitrailleuses anti-aériennes de 12,7 mm et 14,5 mm pouvaient être dangereuses au-dessous d’une altitude d’environ 4 500 pieds (1300 mètres)” . Ces armes lourdes furent de plus en plus fréquentes, notamment à cause de la livraison de copies chinoises par ces derniers. Par exemple, il n’y avait que 13 mitrailleuses lourdes dans la vallée de Panjshir en 1982, mais, à la fin de 1984, il y en avait près de 250.
    Mais alors que la plupart des appareils étaient sommairement «bulletproof» à ce genre de calibre, ils l’étaient beaucoup moins à des missiles anti-aériens guidés; Danger qui s’imposa rapidement sur le champs de bataille.

    En effet, les MANPADS (missile sol-air portable à l’épaule) étaient la seule chose qui empêchait les aéronefs soviétiques et afghans de maîtriser totalement les cieux. Généralement réservés aux armées conventionnelles, les moudjahidines s’en procurèrent assez aisément, soit en tant que prise de guerre d’un combat, soit comme aide d’états ne préférant pas voir les soviétiques s’établirent en Asie.

    En premier temps, les talibans réussirent à faire mains-basse sur des stocks de l’armée Afghane. Cela concernait le plus souvent des Sa-7 Strela II, MANPAD dont les performances médiocres sauvèrent un bon nombre d’appareils soviétiques.
    En second temps, les moudjahidines furent réapprovisionnés en MANPADS de qualités par des états étrangers. Par exemple, ils reçurent des copies de SA-14 (successeur du SA-7) venant de Chine ou d’Iran, quelques Blowpipe britanniques (l’efficacité du missile est souvent contestée), des des FM-43 Redeyes par les américains, mais aussi des FM-92 Stingers par la CIA. C’est ce dernier qui fut le plus répandu, avec 250 lance-missiles, et entre 500 et 2000 missiles Stingers.

    Après une période de délibération prolongée, en 1986, le gouvernement des États-Unis décida de fournir aux moudjahidines des missiles de surface-air Stinger. En recul, il est clair que l’impact psychologique et physique du Stinger s’est avéré énorme. La présence même du missile, qu’il s’agisse du plein effet ou non, força une altération fondamentale de la nature des tactiques aériennes soviétiques dans tout l’Afghanistan. Le Stinger, cependant, constitua la deuxième phase dans les tentatives de l’Occident pour améliorer les capacités organiques des défenses aériennes des insurgés. Déjà au début de 1986, les moudjahidines reçurent les premiers envois de Blowpipe SAM britanniques. Le Blowpipe à guidage optique s’est révélé grand et lourd aux yeux des insurgés. il demandait à l’opérateur de guider le missile avec un joystick contrôlé par le pouce tout en surveillant la cible avec une vue monoculaire. Les moudjahidines, qui n’étaient pas entrainés à utiliser une arme si complexe, montrèrent rapidement le favoritisme au Stinger, beaucoup plus facile à utiliser. En tout état de cause, le Stinger était, selon toutes les indications, une excellente amélioration par rapport au Blowpipe. Daoud Rams, un ancien pilote de MiG-21 de l’armée de l’air afghane, déclara: “Le missile Blowpipe n’a pas été un problème majeur pour les avions de chasse comme le Stinger. Stinger et Blowpipe étaient de véritables problèmes pour les hélicoptères, mais nous étions plus concernés vec les Stinger “. Le Blowpipe ne fut pas la réponse aux prières des insurgés, mais l’introduction du Stinger au milieu de 1986 a fondamentalement affaibli un avantage soviétique majeur: la capacité d’exercer une force coercitive par des attaques aériennes.

    En octobre 1986, les Moudjahidines reçurent environ 200 missiles Stinger. Le missile, avec sa vitesse maximale de 2,2 Mach et sa portée effective maximale de 5,5 kilomètres, fut remarquable, notamment comparé au SA-7 avec une vitesse maximale de 1,4 Mach Et une portée effective maximale de 3 kilomètres.
    L’impact physique de Stinger s’est manifesté de diverses façons. Par exemple, un médecin soviétique déclara à propos de l’impact du missile: «Jusqu’en 1987, tous les blessés étaient évacués par hélicoptère … Mais l’arrivée des missiles Stinger mit fin à l’utilisation massive des hélicoptères (ambulances)». Non seulement les missions Medivac furent affectées, Mais aussi la nature essentielle des tactiques aériennes fut changée avec l’arrivée de Stinger. Daoud Rams fait remarquer que «Avant le Stinger, nous étions libres de faire presque tout ce que nous voulions. Après l’introduction de Stinger, nous changèrent toutes nos tactiques, nos altitudes et notre rapidité. Tout. Nous n’avions pas envie de descendre bas et quand nous le devions, Nous volions très vite, et même à haute altitude… Nous ne pouvions plus opérer à volonté quand et où nous le voulions. » Ils est également à observer que l’efficacité de combat des opérations aériennes soviétiques a été considérablement diminuée lorsque le Stinger fut introduit en Afghanistan.

    L’influence de l’arrivée du Stinger sur la guerre est largement controversée:

    Pour beaucoup d’anciens vétérans américains de la guerre froide, la réponse à la question est claire: le missile Stinger à fait gagner les moudjahidines, une idée très partagée. Pour le député Charlie Wilson “Une fois que le Stinger a rendu ses hélicoptères inutiles, cela a mis les Russes à pied contre les Moudjahidines et il n’y a personne sur Terre qui puisse combattre les Moudjahidines à pied” comme il l’a déclaré au Washington Post en 1989.

    Selon une publication de l’US Air Defense Artillery de 1993, les artilleurs Moudjahidines ont utilisé les Stingers fournis furent utilisés dans environ 340 engagements pour 269 touchés, un taux de mortalité de 79 pour cent, ce qui, si précis, le rendrait responsable de plus de la moitié des 451 pertes d’avions soviétiques en Afghanistan. Ces statistiques détaillées sont basées sur l’auto-déclaration des moudjahidines, dont la fiabilité est inconnu.

    Cette impression d’avoir fait gagné le conflit au taliban est largement partagée et propagée par les médias occidentaux, principalement américains. Par exemple, dans un influent spécial de 60 minutes par CBS News sur l’Afghanistan en octobre 1988, l’hôte annonça: “Le Stinger est généralement crédité d’avoir gagné la guerre pour les moudjahidines”.

    Mais cette idée n’est pas sans contradictions. Pour les soviétiques, le Stinger n’a eu effet qu’au niveau tactique. Les chiffres donnés par la publication de l’US Air Defense sont aussi considérés comme grossiers. En effet, par exemple les forces pakistanaises tirèrent 28 Stingers sans descendre un seul l’avion ennemi. D’après les sources russes, 74 Mi-24 auraient été abattus, dont 27 par des Stinger et 2 par des FIM-43M Redeyes.

    Enfin, les soviétiques ne restèrent pas à rien faire; ils s’adaptèrent à la menace. Par exemple, les pilotes devaient commencer leur attaque à une plus haute altitude, et leurs «passes» devaient durer moins longtemps. Aussi, même si certains appareils en étaient déjà équipés, des contre-mesures et des systèmes d’alertes-missiles furent standardisés à tout les appareils. Aujourd’hui encore, les aéronefs soviétiques en Syrie sont équipés de tels systèmes.
    Une tactique plus originale, les Mi-24 furent également utilisés pour protéger des Stingers les avion-cargos entrant et sortant de Kaboul. Le but de la manœuvre était de tourner autour de la piste atterrissage en lâchant en rythme des flares, afin de détraquer les missiles Stinger. Les équipages s’appelaient eux-mêmes “Matveïevitch Matrosov”, d’après un héros soviétique de la Seconde Guerre mondiale qui se jeta à travers une mitrailleuse allemande pour laisser passer ses camarades.

    En ajoutant à cela, toutes données prévenant des moudjahidines devraient être sérieusement considérées erronées: ces derniers devaient divulguer l’efficacité par le nombre de tirs au but aux US afin de recevoir plus de missiles Stinger, ce qui les rendaient peu disposés à admettre des résultats moins performants. En effet, Barnett R. Rubin, dans «La fragmentation de l’Afghanistan», déclara: «… l’ISI a distribué des armes non seulement pour une utilisation dans les opérations, mais aussi (et en plus grande quantité) en tant que récompense pour les exécuter. Pour chaque avion confirmé abattu par un Stinger, par exemple, le commandant responsable recevait deux autres missiles. D’où l’avancement d’un avion soviétique coûtait à l’ISI et à ses fournisseurs de la CIA au moins trois missiles: un qui a été tiré et deux qui ont été livrés en récompense.»

    Pour conclure, Les missiles Stinger ont été d’une grande utilité pour les moudjahidines. Bien que la mitrailleuse lourda garda sa place d’arme fétiche pour descendre les appareils soviétiques, le missile Stinger fut une nette amélioration par rapport aux précédents moyens, beaucoup moins efficaces. Pourtant, l’effet est à relativiser. Ce fut en effet beaucoup plus de peur que de mal, cela due aux mesures radicales prises par les soviétiques et afghans pour contrer cette menace. C’est pour cela que en 1987, soit 1 ans après l’introduction du Stinger, les pertes sont aussi élevées que en 1984, 2 ans avant son apparition.

    Lance-flares installé sur un hélicoptère
    La grande ironie du sort: soldat soviétique avec un missile Stinger

    -Les combats contre les forces aériennes pakistanaises PAF

    Au début du conflit, aucunes répressions furent prises par l’Ouest afin de punir les soviétiques de l’invasion de l’Afghanistan. Au départ, le Pakistan, fidèle dès le début de la guerre froide au US, était très préoccupé par le mouvement soviétique, mais une analyse ultérieure des déploiements des forces ennemies montra qu’il n’y avait pas de menace imminente pour la sécurité du pays. Bien au contraire, les pilotes soviétiques, n’avaient pas la permission de voler à moins de 15 km à la frontière pakistanaise.

    Rapidement, il fut clair pour le Pakistan qu’il n’y avait aucune menace militaire conventionnelle pour eux de l’URSS et qu’ils pouvaient organiser un soutien pour les moudjahidines sans craindre de graves répercussions. Cependant, cette aide laissa des traces et des début de 1981, le nombre d’unités volantes détachées de la 40ème armée soviétique augmenta et leurs avions et leurs hélicoptères commencèrent à patrouiller près, ou même derrière, des frontières pakistanaises.

    Au début, Ce n’était que des opérations de reconnaissance qui étaient effectuées, mais très bientôt, les premières attaques contre les camps de réfugiés afghans sur des sols pakistanais furent entreprises. Ces lieux étaient des cibles capitales, car ce sont des endroits où les moudjahidines se retirent pour se reposer et s’entraîner et où les services militaires pakistanais recrutent des combattants pour la guerre en Afghanistan. Immédiatement, le Pakistan s’est tourné vers les États-Unis avec une demande pour un meilleur équipement, y compris de nouveaux avions (A-7 Corsair), SAM, radars, ainsi que des éléments pour ECM et ELINT. À la fin de 1981, la situation changea alors, avec les services militaires pakistanais qui s’impliquèrent plus directement dans l’organisation, le soutien et la gestion des Moudjahidines. Par la suite, les États-Unis décidèrent eux aussi de participer à cet effort de manière plus intensive. Initialement, les États-Unis avaient offert un soutien dans les armes et les fournitures pour les moudjahidines, mais très rapidement, après que les avions du VVS commencèrent à opérer sur la frontière pakistanaise plus agressivement, une décision fut prise pour réapprovisionner le PAF (force aérienne pakistanaise) avec des F -16s. Cette action fut nettement appréciées par le Pakistan qui avait des informations fiables sur les plans indiens pour attaquer et détruire les installations de recherche nucléaire du pays, à Kahuta. Shamim déclara au général Zia que “les avions indiens pourraient atteindre la zone en 3 minutes alors que le PAF prendrait 8 minutes, permettant aux indiens d’attaquer l’installation et de revenir avant que le PAF ne puisse la défendre”. Parce que Kahuta était proche de la frontière indienne, il fut décidé que la meilleure façon de dissuader une attaque indienne serait de se procurer de nouveaux chasseurs avancés.

    Entre mai 1986 et novembre 1988, les F-16 de la PAF abattirent au moins huit intrus d’Afghanistan. Les trois premiers (un Su-22, un Su-22 probable et un An-26) furent abattus par deux pilotes du 9e Escadron. Les pilotes du 14e escadron en détruisirent cinq (deux Su-22s, deux MiG-23 et un Su-25). La plupart de ces attaques étaient par AIM-9 Sidewinder, mais au moins un (un Su-22) fut détruit par canon. Le lieutenant de vol Khalid Mahmoud fut crédité de trois de ces tueries. Un F-16 fut perdu dans ces combats lors d’une rencontre entre deux F-16 et quatre MiG 23 de la VVS le 29 avril 1987.

    Aujourd’hui, la PAF est l’une des plus puissantes forces aériennes du monde entier ayant une expérience réelle avec les F-16s dans le combat aérien. Les pilotes PAF restent des exemples d’expertise et de professionnalisme. Ces hommes sont les seuls à avoir abattu des jets provenant de 4 Forces aériennes différentes [Indiennes / Israéliennes / URSS / Afghanes].

    Le souhait des soviétiques d’attraper au moins un des F-16 pakistanais fut influencé par plusieurs réclamations irakiennes, selon lesquelles leurs MiG-23ML abattirent de nombreux Phantoms, Tomcats et des Tigres iraniens. Les soviétiques voulaient certainement montrer leurs capacités et étaient désireux de s’engager. Une bonne illustration de cela fut lorsque, le 26 septembre 1988, le major Vladimir Astahov et le capitaine Boris Gavrilov interceptèrent deux AH-1J iraniens à environ 75 kilomètres au sud-est de Shindand et les descendirent, supposément avec des missiles R-24. Cependant, ce fut aussi le dernier engagement des intercepteurs soviétiques pendant la guerre en Afghanistan. À cette époque, les troupes soviétiques s’étaient déjà retirées de la majeure partie de l’Afghanistan, et le DRAAF était seule à se battre contre les moudjahidines de plus en plus puissants.

    Ldr Hameed Qadri posant avec une partie du Su-22 qui abattit à bord de son F-16
    HUD du Lt Badr-ul-Islam lors en pleine action contre un Su-22

    -Attaques chimiques et aviation

    L’utilisation d’armes chimiques par les soviétiques fut largement questionnée. Bien que ce ne fut pas la première fois qu’une telle arme fut utilisée par de grandes nations (Les USA l’utilisèrent quelques années plus tôt), il se pourrait que dans le cas de l’Afghanistan, son utilisation aille plus loin que le cas expérimentale, mais s’intègre réellement dans le style de combat soviétique.

    Le terme de « produit chimique » comprend une variété de substances chimiques, telles que les agents irritants, les gaz létales, les gaz blister, les gaz nerveux et les toxines. Utilisé massivement, l’une de ces substances peut invalider et même tuer des milliers de personnes. Depuis la Première Guerre mondiale, la guerre chimique provoqua peur et horreur. Il fallut tout de même longtemps pour que la communauté internationale l’interdise en 1925 sous le Protocole de Genève, l’un des plus anciens accords de contrôle des armements chimiques.

    L’objectif russe en Afghanistan favorisa l’utilisation d’armes chimiques. En effet, les Soviétiques n’eurent jamais l’intention d’occuper la totalité de l’Afghanistan. 80-90% du territoire était inutile à leur yeux. Grâce à l’utilisation d’armes chimiques, Ils détruisirent champs et cultures, obligeant notamment les habitants à fuir. Cela s’appliquait dans leur campagne de terreur envers les civils afghans.

    Les soviétiques et leur allié la DRA utilisèrent des armes chimiques, mais de manière sélective. L’utilisation d’une grande variété Des agents chimiques leur donna la capacité de répondre à une situation tactique spécifique avec l’arme qui est le plus efficace. Cette guerre chimique d’Afghanistan fait preuve d’une intégration totale dans la tactique soviétique et Leur pensée opérationnelle. La plupart des agents chimiques non-persistants furent essentiellement utilisés comme adjuvant d’une puissance de feu. Les armes chimiques persistantes furent plus utilisées pour interdire des zones et des routes.

    L’association de la force aérienne et l’utilisation d’armes chimiques représente le paroxysme de la guerre de contre-insurrection soviétique en Afghanistan. Dans les deux éléments, les moudjahidines n’ont aucunes défenses viables et durables, et les soviétiques en profitèrent.

    Les attaques chimiques commencèrent tôt, et dès lors, l’hélicoptère était le premier moyen de semences. Une première attaque chimique eut lieu 6 mois avant le 27 Décembre 1979. 5 attaque de pré-invasion furent reportés, toutes mettant en scène des aéronefs soviétiques (bien que la nationalité des pilotes est inconnue). Plus de 43 autres attaques seront faites pendant le conflit, avec 3000-4000 morts associées à des produits chimiques. Presque tout les rapports impliquent des attaques délivrées par des aéronefs, alors que très peu impliquent des tirs de mortiers. Par exemple, une attaque chimique eut lieu le 6 Juin 1980. Un témoin afghan indique qu’un Mi-24 aurait largué une bombe au centre d’un village, relâchant un nuage toxique.

    L’introduction de l’arme chimique dans l’aviation témoigne de son intégration. Son utilisation par des aéronefs et autant offensive et contre-offensive que défensive; dans ce cas l’on parle plus de l’artillerie.

    L’aviation utilisa toutes sortes d’armes chimiques. En premier temps, l’on se contentait d’équiper les appareils de barils toxiques, les hélicoptères en particuliers. Par la suite des roquettes avec des têtes chimiques furent de plus en plus utilisées. Iconiquement, Les pilotes devaient porter des masques, réduisant légèrement leur visibilité. Un narrateur norvégien en tournage en Afghanistan témoigne de l’attaque chimique sur le Village de Charpur en Juin 1980:

    »Dans la matinée nous avons été réveillés par des hélicoptères qui volaient par ici [près du village]. Brutalement nous partîmes du village, mais laissant un homme derrière nous; il était blessé et on ne pouvait le porter. Les hélicoptères lâchèrent se que nous pensions à ce moment être des bombes. La seule chose que nous vîmes fut une sorte d’explosion et un nuage jaune. La seconde vague hélicoptères vint et bombardèrent [le village] avec des roquettes chimiques.»

    Un journaliste hollandais filma deux fois des hélicoptères Mi-24 Hind larguer des tonneaux, qui libérèrent un nuage jaune tuant au moins une personne.

    C’est le 22 mars 1982, que dans un rapport public du, le Département d’Etat américain accusa les soviétiques d’utiliser du phosgène, des agents nerveux et d’autres agents toxiques en Afghanistan. Le rapport indiquait:

    «Durant la période allant de l’Eté de 1979, à l’Eté de 1981, le gouvernement US reçut des preuves de 47 attaques chimiques séparées avec un nombres de morts allant à plus de 3 000… Le rapport indique que les aéronefs à ailes-fixes et hélicoptères étaient très fréquemment utilisés pour disséminer des agents chimiques par roquettes, bombes et sprays. Des mines terrestres chimiques firent aussi utilisées par les soviétiques. Le nuage chimique étaient souvent gris, ou bleu-noir, jaune ou une combinaison de couleurs.»

    Une autre preuve de l’intégration des agents chimiques pourrait être le mise en œuvre au niveau opérationnel. Les agents chimiques non persistants furent souvent utilisés avant des offensives. L’on peut s’imaginer que dans un conflit futur, la situation sera la même.

    moudjahidines portant des masques à gazs volés aux soviétiques

    -Méfiance sur les pilotes Afghans

    Bien que les soviétiques préférèrent sûrement combattre seuls, ils ne purent s’abstenir de leur seul et unique allié, l’armée afghane. Alors que la communauté internationale critiquait l’intervention soviétique en Afghanistan, la DRA (armée afghane), fut d’un avis contraire. Déjà avant 1979 elle combattait les talibans, et l’invasion fut plus reçu comme une aide dans cette guerre de contre-insurrection.

    Pourtant, la situation resta tendue entre les deux camps. Bien qu’ils combattent un même ennemi, avec les mêmes armes, sous une même idéologie (communisme), et malgré l’endoctrinent politique lourd des soldats afghans, il y eut toujours une méfiance entre la 40e armée et la DRA; Situation comparable aux relation entre les italiens et les allemands pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Sous l’autorité soviétique, la DRA fut construite jusqu’à 302 000 hommes en 1986. Pour minimiser le risque d’un coup d’État, elle fut divisée en différentes branches, chacune inspirant son homologue soviétique. Le ministère des forces de défense comptait 132 000, le ministère de l’intérieur 70 000 et le ministère de la sécurité de l’État (KHAD) 80 000. Cependant, ce sont des figures théoriques: en réalité, chaque service était en proie à des désertions, l’armée seule souffrant de 32 000 par an. En 10 ans de guerre, 203 000 soldats afghans avaient déserté la DRA; De quoi justifier cette méfiance de la part des soviétiques. Cela était soutenu par les piètres performances des agents afghans, bien que ce ne soit pas une totalité. La principale raison pour laquelle les soldats afghans étaient si inefficaces était leur manque de moral, car beaucoup d’entre eux n’étaient pas vraiment fidèles au gouvernement communiste mais voulaient simplement gagner leur vie dans ce pays si ravagé. Aussi, dans de très nombreux cas, la religion joua sa part, les soldats ne voulant pas tirer sur des «frères», chose qui se passe encore aujourd’hui, en Irak ou Syrie.

    Le lieutenant Mohammed Nassim Shadidi, déserteur de la FAA (force aérienne afghane) au début de 1984, et qui vola à bord d’un HIND B, est le mieux placer pour décrire les tensions entre les deux partis.

    Shadidi a été choisi parmi les stagiaires d’un programme de recrutement de l’armée afghane pour devenir officier cadet. Il a été formé à l’académie militaire de l’armée de l’air située à Kaboul, puis a passé 10 mois à la base de Mazar-I-Sharif apprenant à voler le Mi-8. Après un Tour de service dans un Mi-8, il a été envoyé à l’aéroport national de Kwajarawash et fut formé sur le Mi-24 HIND B.

    Malgré l’endoctrinement politique lourd des Pilotes afghans, il était évident pour Shadidi que les soviétiques ne les croyaient pas pleinement pour mener des opérations sans surveillance contre les moudjahidines.
    D’après Shadidi, à Shindand, aucun Afghans n’étaient autorisés sur la base aérienne parce que les Soviétiques avaient installé des équipements de soutien et de maintenance pour leurs bombardiers de reconnaissance de l’aviation navale.

    Conclusion:

    L’absence d’une doctrine de contre-insurrection appropriée a entravé gravement les opérations soviétiques pendant les trois premières années de la guerre. L’amélioration des tactiques soviétiques pour lutter contre l’insurrection comprenait l’utilisation accrue d’hélicoptères et de techniques d’assaut aérien, l’emploi élargi des forces de spetsnaz et une amélioration significative de l’équipement pour toutes les forces. La 40e armée a validé l’utilité des techniques d’assaut aérien employés par les forces héliportées- VDV et DShB. Le général d’état-major soviétique, Grekov, aussi le chef d’état-major de la 40e armée, a identifié la perfection des opérations d’assaut aérien comme la principale leçon de la guerre. En outre, la guerre a été marquée par l’introduction de nouveaux systèmes d’armes soviétiques, y compris des véhicules de combat d’infanterie (BMP-2), des mortiers (Vasilek 82 mm), des lance-grenades (AGS-17), des avions (Su-25 Frogfoot) et des armes automatiques (ASU-74-fusil d’assaut). Cependant, tout ceci est arrivé n’a fait qu’éterniser le conflit, au lieu de le résoudre.
    La puissance aérienne, comme la technologie, n’est qu’un des nombreux outils pour mener des opérations de contre-insurrection. La mobilité, l’intelligence et la puissance de feu fournies par les actifs aériens modernes peuvent être décisives pour atteindre le succès au niveau tactique ou opérationnel. La façon dont les russes sont passés d’une force marginalement terrestre, à une l’utilisation instantanée de la puissance aérienne, fut le véritable succès de la guerre. Ce succès doit toutefois être traduit en une victoire stratégique, chose qui ne fut pas faite. Les planificateurs militaires soviétiques en Afghanistan, comme leurs homologues américains au Vietnam, ont appris que le triomphe sur le champ de bataille n’entraîne pas nécessairement une victoire politique. Dans un environnement insurrectionnel, la puissance aérienne, aussi parfaitement utilisée soit telle, ne peut pas compenser une stratégie politique ou militaire déficiente.

    Peu à peu, les soviétiques ont appris ce que les américains ont compris au Vietnam: Lutter contre une force insurrectionnelle avec des forces conventionnelles, aussi bonnes soient telles, est une affaire longue et ardue.

    Allez bye Fanta !

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