Post has published by cuirassier
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    Comment combiner les principes de la guerre :

    Le but de cette partie est de démontrer par un exemple simple comment combiner ces principes.
    Supposons deux armée (Rouge et Bleue) manœuvrant l’une contre l’autre sur un terrain assez simple ; une plaine avec un petit bois favorable à la défense. Ces deux armées sont assez similaires et comprennent chacune 3 unités. Elles ont la même liberté d’action et donc personne n’a l’initiative avant le contact.

    Du fait que ces deux armées sont similaires ; il va falloir prendre des risques, faire preuve d’audace pour prendre l’ascendant sur l’ennemi.
    Ainsi l’armée Bleue lance une manœuvre de diversion pour attirer deux unités rouges et se replient dans le bois. Le commandant de l’armée Bleue a bien réalisé une économie de moyens ; en faisant preuve d’audace et en profitant d’un avantage du terrain, il a fixé deux unités ennemies avec une seule. Soit un rendement de 200 % !

    http://img11.hostingpics.net/pics/998899principes1.jpg

    Quelle est donc la nouvelle situation ? L’armée Bleue a encore 2 unités en réserve donc elle dispose d’une plus grande liberté d’action que les rouges, on peut même dire ici que les bleues disposent de l’initiative.
    Attention les rouges n’ont pas l’initiative mais ils leur restent de la liberté d’action grâce à leur unité de réserve ou à la possibilité de désengager une des unités fixées.

    Là encore le bleu devra faire preuve d’audace pour saisir cette opportunité. Ainsi rapidement ils concentrent ses efforts en envoyant ses deux unités de réserves sur la dernière unité rouge. Cette dernière est débordée et annihilée. Enfin les bleues peuvent envoyer leurs deux unités «libérées » sur les arrières rouges et compléter leur victoire. (Voir ci-dessous).

    http://img11.hostingpics.net/pics/345975principes2.jpg Il ne faut pas voir les manœuvres, les flèches que comme un simple déplacement physique de troupes. Il s’agit en fait de vecteur avec leur direction et leur intensité d’où le fait que l’on parle de concentration des efforts et non pas de concentration des forces.

    Voici donc un exemple de comment combiner les principes. Un bon exercice serait qu’à chaque fois que vous analysez une bataille ; vous pourrez essayer de repérer si oui ou non le stratège a respecté ces principes*.

    Le principe d’incertitude :
    Malheureusement faute de sources je ne peux que vous donnez la définition du manuel TTA 106. C’est bien la preuve du manque de considération pour ce principe.
    « destiné à faire monter le doute, le trouble, l’angoisse, la peur chez le combattant, chez les chefs civils et militaires et dans la population, avec pour but final d’abattre la volonté de l’adversaire, de le paralyser »,

    Le principe de Foudroyance :
    Pour celui-là non plus les sources sont rares, du moins celles disponibles au public.
    Définition du TTA 106 :
    « Ayant pour but non de tout détruire, mais de briser le rythme ou les rythmes de l’adversaire dans ses diverses activités, de façon à l’empêcher de se reprendre et à le tenir en retard permanent sur l’action »

    En fait ce principe repose sur l’effet de surprise et la rapidité des manœuvres au point de sidérer l’ennemi en allant plus vite que lui. Cela entrainera un retard sur la conception et l’application de sa réaction. Cela a aussi un effet important sur le moral des commandants et des soldats ennemis.
    Pour être rapide et saisir les opportunités à temps ; il faut être bien renseigné sur l’ennemi, dissimuler ses intentions et ses manœuvres. Mais aussi avant l’action il faut anticiper plusieurs scénarios possibles afin que pendant la bataille vous ne perdez pas de temps à refaire un travail de réflexion.

    http://poche.st.nazaire.pagesperso-orange.fr/photos%20de%20une%20guerre%20de%20sept%20ans_fichiers/Colonne%20de%20prisonniers%20francais%20en%20juin%201940%20020.jpg Exemple de foudroyance : mai 1940. Les panzers, grâce à l’effet de surprise et à la rapidité de leur manœuvre, foudroient les soldats français qui ne s’attendaient pas à les voir fondre sur leurs arrières et se rendent en nombre. La réaction du commandement français sera quant à elle toujours en retard par rapport à la situation réelle du terrain.

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    *exemple d’analyse de bataille par le manuel FT-02 : la bataille d’Austerlitz :

    « Napoléon en analysant parfaitement le terrain et les manœuvres adverses a imposé son plan aux coalisés et obtenu un succès incontestable. Il accepte le risque d’un débordement en ne consacrant initialement à la défense de l’aile droite française qu’un détachement réduit mais appuyé sur un terrain favorable, avec un rapport de forces extrêmement désavantageux jusqu’à l’arrivée de Davout. Cette prise de risque fondée sur une juste économie des moyens permet la concentration de l’effort au centre. Il a ainsi pris l’ascendant sur les coalisés, et conservé sa liberté d’action. »

    (PS : j’ai ajouté un court paragraphe à la fin de la 1ère partie.)

    Sources :
    http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/2012/04/les-principes-de-la-guerre-francais-oui.html

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k86515g/f1.image
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Principes_de_la_guerre
    http://www.paperblog.fr/1222682/lire-le-ft-02-les-principes-de-la-guerre/
    http://www.cdef.terre.defense.gouv.fr/publications/doctrine-des-forces-terrestres-francaises/les-documents-fondateurs/ft-02
    Autres pour les détails.

    Comparaison n'est pas raison.

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