Post has published by cuirassier
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    Les 3 principaux principes de la guerre français :

    L’économie des moyens:
    Le principe d’économie des moyens est certainement le plus simple. On parle « d’efficacité » quand on réussit ce que l’on entreprend quelques soit les couts, en revanche on parle « d’efficience » quand on réussit ce que l’on entreprend mais au cout le plus réduits possible.
    L’économie des moyens est donc un synonyme d’efficience, de meilleur rendement, ou encore de faire autant avec moins…
    Un exemple souvent cité d’application de ce principe est le fait d’articuler son armée de manière à retirer des troupes des secteurs calmes, pour les placer là où elles me seront plus utiles (en réserve, au combat).

    On peut aussi pratiquer une économie des forces en faisant un bon usage de l’audace et de l’effet de surprise qui améliore le rendement de vos troupes, ou encore moduler vos troupes en fonction des besoins « l’ennemi n’a pas de chars ici, donc je peux mettre le gros de mes moyens anti chars ailleurs où j’en aurai vraiment besoin ».

    http://s2.e-monsite.com/2010/02/27/09/tranchee-Allde.jpg L’économie des moyens visent à améliorer le rendement de ses troupes. Je dois défendre une prairie ; j’ai besoin de 100 hommes. Je fais creuser une tranchée, pour la même mission je n’aurais plus besoin que de 80 hommes. Les 20 hommes « économisés » pourront être utilisés ailleurs où j’en aurais plus besoin.

    La liberté d’action :
    La liberté d’action est un principe plus complexe mais certainement le plus important. C’est l’ensemble des possibilités que peut appliquer un commandant en chef concernant l’utilisation de son armée. Je peux me déplacer sur la gauche c’est une liberté, je peux me replier s’en est une autre… la liberté d’action c’est l’ensemble de ses choix possibles.

    Pour vous prouver l’importance de ce principe il faut savoir que la victoire militaire c’est une course à la liberté d’action !* Le commandant en chef doit obtenir la plus grande liberté d’action possible et réduire celle de l’adversaire ; jusqu’à que le seul choix qu’il lui reste est celui de renoncer au combat (repli ou mieux la reddition).

    http://img.over-blog-kiwi.com/0/54/74/56/201310/ob_00b68a_vhm-photo-j-r-drahi-armee-de-terre.jpgUne bonne logistique accroitra votre liberté d’action. Elle vous permettra de projeter vos forces où vous voulez, quand vous voulez et autant de temps que nécessaire.

    Il existe des solutions pour accroitre votre liberté d’action ; se prémunir des actions et surprises adversaires (établissement de réserves, anticipation, stratagèmes…), prendre l’ascendant sur l’ennemi (initiative, meilleure mobilité, audace, concentration des efforts…) etc.

    Mais il existe aussi de nombreux facteurs qui vont vous la réduire ; cela peut être le facteur politique et judiciaire ; par exemple votre supérieur ou des conventions qui vous fixent des limites ; comme ne pas passer une frontière etc, ou encore le terrain ; on a moins de possibilité de manœuvres entre deux falaises que sur une plaine…
    Mais bien sûr celui qui limitera le plus votre liberté d’action c’est l’ennemi lui-même. Par exemple il vous fixe une unité ; pour que cette unité retrouve sa pleine liberté d’action il faudra bien sûr préalablement la dégager du combat…

    http://static.ddmcdn.com/gif/who-won-cold-war-1.jpg L’utilisation de missiles anti aérien stinger par les Moudjahidines afghans a réduit la liberté d’action des soviétiques en nuisant à leur transport et appui aérien.

    Attention à ne pas confondre la notion d’initiative et de liberté d’action ! L’initiative c’est quand un des deux belligérants à la maitrise de la prochaine manœuvre. Il est certain que pour avoir l’initiative il est nécessaire d’avoir une plus grande liberté d’action que son adversaire, cependant ce n’est pas parce que cet adversaire n’a pas l’initiative qu’il est dénué de toute liberté d’action ; il pourra par exemple se replier ou engager ses réserves…

    La concentration des efforts :
    La concentration des efforts est lui aussi un principe important et simple. Il consiste notamment à faire converger ses efforts là où on aura le plus besoin, notamment là où cela sera décisif. Il permet d’obtenir une supériorité locale sur l’ennemi.

    http://poche.st.nazaire.pagesperso-orange.fr/photos%20de%20une%20guerre%20de%20sept%20ans_fichiers/Les%20Panzers%20de%20Guderian%20011.jpg Bon exemple de concentration des efforts avec le regroupements de 7 panzer divisions sur 10 pour frapper par surprise les franco-britanniques à travers les Ardennes en mai 1940.

    Souvent on résume ce principe au fait d’apporter plus de forces, plus de troupes que l’ennemi au point décisif. C’est vrai que par exemple si je veux déborder l’ennemi ; il me faut plus de troupes que lui pour le fixer, puis pour le déborder.

    Mais il ne faut pas résumer ce principe à un seul plan quantitatif, quand on parle d’effort on parle aussi d’apporter des troupes de meilleures qualités que ce soit en terme d’expérience, d’entrainement, de moral, d’équipement… On peut aussi parler de la supériorité en termes d’organisation, de doctrine…
    L’intensité de l’effort peut aussi être multipliée par l’utilisation judicieuse de l’audace, de l’agressivité et de l’effet de surprise.

    A suivre comment combiner ces principes et définitions des principes d’incertitude et de foudroyance…

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    *Course à la liberté d’action : « la lutte des volontés se ramène donc à une lutte pour la liberté d’action, chacun cherchant à la conserver et à en priver l’adversaire ». général Beaufre

    Comparaison n'est pas raison.

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