Post has published by kymiou
  • Modérateur
    Posts1944
    Member since: 20 juillet 2013

    guiguit :

    Ton dessin n’est pas mal non plus quoi qu’il présente une image assez faussée de la réalité (…).

    Naturellement ! C’est du même registre que la pomme de Newton ou la culotte de Dagobert. Faut bien se détendre et mon crayon me chatouille parfois ! Et puis, on n’est pas candide : la position de Léon III était fragile et il n’aurait certainement pas risqué ce coup sans assurances raisonnables que Charles jouerait le jeu.

    Ceci dit, déjà à son époque, le couronnement a donné lieu à des idées partant en tous sens. Remplacer Irène, considérée comme une mauvaise mère indigne du trône vu le sort qu’elle réserva à son fils, ou encore ce vague projet d’union avec Charlemagne, qui était une sorte de résolution de la crise par une fuite en avant, etc. Mais Irène fut déposée en 802, ce qui fit retomber ces châteaux de cartes.

    Charlemagne, lui, chercha à calmer les réactions byzantines en se choisissant un titre dont chaque terme avait été soupesé à la balance de précision : Charles, sérénissime Auguste, Couronné par Dieu, grand et pacifique empereur, gouvernant l’empire romain, par la miséricorde de Dieu roi des Francs et des Lombards.

    Disséquons un peu : couronné par Dieu (non par le pape) ; gouvernant l’empire (pas empereur romain) ; pacifique (non ennemi de Constantinople). De plus, la nouvelle entité est de droit germanique ( ce dont se souviendront les fondateurs du Saint-Empire) et n’existe donc pas sur le même plan juridique que l’Empire d’Orient – de droit romain.

    Pour pacifique, il faut relativiser. Devant les sarcasmes byzantins, il s’empara quand même de Venise et de l’Istrie. Mais c’était en laissant miroiter leur restitution. Il aurait pu y aller beaucoup plus fort : l’Empire d’Orient était très occupé avec les Arabes à l’Est, les Bulgares à l’Ouest et la Querelle des Images au milieu. Et derrière tout çà, de Bagdad, l’allié Haroun al-Rachid ne demandait – tu penses ! – qu’à venir donner un coup de main.

    Mais Charles s’abstint.C’est finalement en 812 que les deux empereurs s’entendirent par ambassadeurs interposés et que le fait accompli fut entériné.

    .

    A l'inverse du généraliste, le spécialiste est celui qui en sait toujours plus sur un sujet de plus en plus restreint. Le spécialiste parfait est donc celui qui sait absolument tout sur absolument rien.

  • A password will be emailed to you.