Post has published by Henri Dubret
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    @ montgomery

    Ce n’est pas la Navy qui a ete battue, c’est plutot le Royaume-Uni. La flotte francaise a remporte des succes et de grandes victoires qui ont abouti a l’issue que l’on connait du conflit. Sur le plan strategique, il y a victoire. Sur le cote tactique, celui du comportement des equipages, bref tout ce qui releve du “detail” (et qui n’en est pas vraiment), les anglais ne sont pas battus.
    La qualite de leurs navires est toujours meilleure (ils ont TOUS du plomb sous la coque, alors que ce n’est pas le cas pour l’ensemble de la flotte francaise. Or, ceci fait que la rapidite des vaisseaux anglais est grosso-modo la meme, alors que ce n’est pas le cas pour la Royale), et leurs equipages restent de qualite egale.

    Tout cela pour dire qu’il ne s’agit absolument pas d’une deculotte infligee par la Royale a la Navy. Le Royaume-Uni est vaincu, mais sa flotte reste intacte.

    “Il me semble que Surcouf a opéré à la Réunion, non?”

    Il s’agit d’une exception. A cote, tu as des centaines de marins francais battus, tues ou faits prisonniers. Avec par repercussion moins de marins pour la marine nationale, qui s’en trouve affaiblie alors que les equipages comme les officiers manquent.

    “Et alors? En Angleterre, le fumier et les patates, ou la morue ou le poisson salé sont très importants pour un pays qui a une agriculture interne peu performante et qui est à la limite du déficit alimentaire.

    Alors ce n’est pas forcément lucratif et la belle vie après un an de combats, mais çà reste un mode d’action qui permet à une marine inférieure en qualité et quantité d’embêter les colonies de la marine adverse, voire de préparer, localement, le terrain pour une action navale militaire plus importante.”

    Loin de moi l’idee de devaloriser les patates. 😛 Mais ce n’est pas la capture d’un vaisseau (au mieux d’un convoi, et encore, sans trop de pertes) qui va changer la donne.

    @guiguit :

    “Le manque d’expérience et de formation n’a pas empêché l’ambition et l’audace des marins. Cependant, la France ne manquait pas des moyens de se rebâtir une flotte apte à inquiéter l’Amirauté anglaise.”

    Sauf que pour batir une marine, il faut vouloir beaucoup, assez, et longtemps. Et dix ans suffisent a peine. Apres les terribles deboires de la periode revolutionnaire, il faut repartir quasiment a zero. Former des equipages, des officiers, ca ne se fait pas dans une rade sous blocus, contrairement a ce que pensait Napoleon.
    Bref, pour avoir un instrument serieux, il faut deux decennies de paix avec l’Angleterre : pas gagne…


    Pour rajouter un autre élément au débat, le Premier Consul Bonaparte n’avait pas non plus oublié l’Inde. Depuis la chute de Dupleix et le traité de Paris de 163, les possessions français étaient limités à cinq comptoirs assez minuscules comparés à l’empire qu’avait donné Dupleix à la France. Ces comptoirs avaient été rapidement conquis par les Anglais durant la guerre de la Première Coalition car dégarnie de troupes par le pouvoir royal. Bonaparte avait projeté d’envoyer des troupes en Inde (quelques milliers, 6000 je pense), de les renforcer avec des troupes indigènes et se trouver des alliés dans le sous-continent. Malheureusement, le gouverneur-général de l’Inde britannique, le frère aîné de Wellington, refusa aux Français d’accéder à leurs comptoirs malgré la signature de la paix d’Amiens. S’il avait respecté un traité international, les guerres napoléoniennes se seraient certainement exportés jusqu’en Asie…

    Le manque d’expérience et de formation n’a pas empêché l’ambition et l’audace des marins. Cependant, la France ne manquait pas des moyens de se rebâtir une flotte apte à inquiéter l’Amirauté anglaise.”

    Si Napoleon avait ecoute le Directoire pendant ses campagnes d’Italie…
    En fait, c’est ce qui fait le flair, le genie, le sens strategique d’un amiral, et ici de Nelson. Il a senti ce qui se passait, et son merite n’en est que plus grand. Malgre l’habilete du stratageme imagine par Napoleon, la marine adverse etait plus forte.
    En revanche, le Royaume-Uni ne tirait pas tous ses fonds des Antilles : les Indes rapportent tout autant, sinon plus.

    Pour revenir au sujet, on ne peut pas s’en remettre a des corsaires isoles pour assurer des liaisons sures et permanentes avec une colonie si eloignee. Il faut une action coordonee, hierarchisee, et cela passe par une marine nationale. Une campagne de course, malgre quelques reussites, n’a jamais decide de l’issue finale d’une guerre.

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