Post has published by Solduros_390
  • Participant
    Posts2180
    Member since: 16 avril 2012

    Antiochos VII Sidètès (140/138-129)

    http://www.poinsignon-numismatique.fr/upload/photos/royaume-de-syrie-antiochus-vii-evergete-sidetes-138-129-av-j-c-tetradrachme-antioche-sur-l-oro_100953A.jpg

    Ton arrogance et ta témérité ont causé ta perte, Antiochos ! A moins que tu n’aies pu boire le royaume arsacide dans une coupe géante. Phraatès II, roi des Parthes

     

    Chaque empire, chaque royaume connaît son chant du cygne; c’est inéluctable. Il ne reste alors qu’à le rendre le plus digne possible. La dynastie séleucide, qui avait dominé la plus grande partie de l’empire d’Alexandre, qui imposait son hégémonie sur l’Asie occidentale et centrale n’y fait pas exception.
    Antiochos Sidètès représente le dernier souverain qui peut porter légitimement le titre de basileus tôn basileôn. En effet, bien que ses successeurs continuassent à régner sur «l’empire», ils ne songèrent plus qu’à s’entredéchirer les miettes de pouvoir qu’il subsistait. Avant Antiochos VII, les Séleucides étaient malades, mais guérissables. Après lui, ils entraient en phase terminale. Il ne restait aux états alentours qu’à se servir sur la carcasse de ce géant mis à terre.

    Lorsque Démétrios II fut capturé par les Parthes, son frère Antiochos accourut d’Asie mineure (Side en Pamphylie) d’où il avait été élevé. A son arrivée en Syrie, il épousa Cléopâtre Théa qui avait été mariée à son frère. Là il s’efforça de restaurer le pouvoir séleucide et de reprendre ce qui avait été perdu.
    Dans un premier temps, il engagea la lutte contre Tryphôn qui fut vaincu et se suicida. Si Antiochos avait d’abord demandé appui aux Hébreux dans ce conflit, il relativisa bien vite les concessions qu’il leur avait accordées. Il exigeait ni plus ni moins que le versement du tribut et la restitution de certaines terres que les juifs avaient conquises. Le grand prêtre Simon refusa, mais les tensions en restèrent là… du moins jusqu’à sa mort (il fut assassiné en 135). A cette date, le fils de Simon, Jean Hyrcan, accéda au grand pontificat. Les troubles qui en résultèrent permirent au roi séleucide d’intervenir en Judée. Jérusalem fut assiégée et prise après un long siège.
    Antiochos se montra relativement clément. Il n’y eut ni pillage ni scène de violence. Pour peu que les Hébreux livrent des otages et qu’ils fournissent des troupes à l’armée, le basileus ne plaça pas de garnison en Palestine et laissa libre cours à la religion juive.

    A l’intérieur de ses frontières, Antiochos se dédia à la restauration de la dignité royale. Il reprit les échanges entre les cités et la monarchie, accordant l’autonomie à certaines les attachant ainsi un peu plus à l’empire. De plus, il rétablit l’ordre et la prospérité. Sa femme lui avait donné trois enfants. Aucun rival ne venait lui mettre des bâtons dans les roues; la situation se redressait bien. Mais le grand projet du roi se trouvait à l’est. Les Parthes s’étaient avancés beaucoup trop loin à l’ouest; il était temps de leur briser les ailes.

    Antiochos regroupa une armée de 100’000 hommes dit-on, chiffres sans doute exagérés. En tout cas, il amenait avec lui ses hétairoi, les thorakitai de la garde royale, et des troupes bigarrées d’Hellènes et d’orientaux. Ces derniers fournissaient des tirailleurs à cheval et à pied, des archers syriens ainsi que des phalangites. Quant aux Macédoniens, on trouvait dans leurs rangs des phalangites clérouques, des thureophoroi, divers cavaliers et des cataphactes. Enfin, Jean Hyrcan était présent aussi avec des lanciers juifs et une phalange mercenaire venue de Grèce.

    La campagne débuta sur les chapeaux de roue. Il gagna la Babylonie et la Médie. Il y remporta trois batailles dont on ignore le déroulement. La population fit ravie de ce retour des Séleucides et surnomma Antiochos Kallinikos et Megas, comme ses illustres prédécesseurs.
    Le roi parthe voulut alors négocier. Antiochos demanda le retour de son frère Démétrios, la restitution de l’Iran occidental, la livraison d’otage et le payement d’un tribut. Phraatès refusa et la guerre reprit. De plus, le Parthe prit deux décisions lourdes de conséquence: il renvoya Démétrios en Syrie pour susciter une guerre civile et il appela à l’aide ses cousins Saces qui vivaient au Kirghizistan actuel.
    Quand l’hiver arriva, le basileus scinda son armée en plusieurs corps pour hiverner. Les exactions des soldats ne servirent pas la cause d’Antiochos, aussi décida-t-il de se remettre rapidement en marche pour limiter la casse. Sa prochaine cible fut Ecbatane, l’antique capitale des Mèdes. Sur le chemin allait se dérouler le dernier acte de cette campagne.

    Tandis que les Séleucides progressaient sur la route qui menait à Ecbatane, les Parthes (les Saces n’étaient pas présents) leur tendirent une immense embuscade. Composée essentiellement d’archers, à pied et à cheval plus ou moins lourds, ainsi que de cataphractes et de quelques fantassins pour le nombre, ils fondirent sur les Macédoniens qui ne s’attendaient pas à une telle attaque.

    Les cataphractes helléniques furent pris à partie dès le début du combat et grandement mis à mal. Les phalanges n’eurent pas le temps de se mettre en formation et les autres fantassins se défendirent comme ils le purent. Antiochos Sidètès tenta bien une contre charge avec ses compagnons, mais il fut tué dans la mêlée. A ce moment-là, la défaite devint inéluctable. Seuls résistèrent les thorakitai de la garde, alors que les troupes macédoniennes se rendirent (les Parthes les firent prisonniers) en même temps que les troupes orientales se firent massacrer. De son côté, Hyrcan avait fui dès le début de l’engagement et il parvint à rejoindre Jérusalem.

    Ainsi s’achève l’épopée d’Antiochos VII et avec lui l’espoir de redressement de l’empire séleucide. On pourrait le dire trop exigeant ou utopiste dans ces rêves de gloire. Je pense surtout qu’il eut le défaut de perdre et de mourir dans cette bataille «d’Ecbatane» sans quoi, la domination séleucide sur les terres iraniennes aurait repris de plus belle et alors, quel espoir pour le roi à l’ouest ?

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 4 mois et 1 semaine par  Solduros_390.
    • Cette réponse a été modifiée le il y a 2 semaines et 6 jours par  Solduros_390.
  • A password will be emailed to you.