Post has published by kymiou
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    BaTBaiLeyS

    Mais j’aimerais savoir : y a-t-il de bons ouvrages qui démystifient cette problématique, où un historien suit génération après génération, avec nombre approximatifs des mouvements populaires à l’appui, afin d’éclaircir davantage l’héritage génétique en territoire français?

    J’en ai un : The Europeans – an ethnohistorical survey, de John Geipel – 1969, paru en français sous le titre Anthropologie de l’Europe – une histoire ethnique et linguistique, ed. Robert Laffont (1971).

    Je le considère comme sérieux. Après avoir balayé les « traditionnelles et imaginaires races d’Europe », il établit des constats sous le quadruple aspect de l’anthropologie physique, l’archéologie, la linguistique comparée et l’Histoire… et tend à confirmer ce qui est dit plus haut dans le sujet, particulièrement par @skyros.

    Un sous-chapitre est consacré à la France. Je vous résume.

    A l’époque post-glaciaire, le population très éparse est typique du pléistocène : homme de Cro-Magnon, de Chancelade et de Combe-Capelle. Certaines régions reculées ou isolées ont servi de refuges en subissant peu l’impact des migrations ultérieures, comme le Massif Central, la Savoie et la Franche-Comté. Y étaient nombreux les individus trapus, de petite taille, au crâne sphérique et il en reste quelque trace.

    Au néolithique, arrivée d’Afrique du Nord de cultivateurs petits mais à tête longue, qui s’établirent plutôt dans les plaines, à l’écart des premiers natifs. Le rares lieux où des mélanges se firent donnèrent des hommes à crâne rond et à long visage avec nez proéminent. Ce serait la race des mégalithes, dont la culture s’étendit vers l’Est à partir de la côte atlantique.

    A la fin de l’âge du fer arrivent des vagues de Celtes, ancêtres linguistiques des gaulois. Ils apportent leur métallurgie évoluée et imposent aux autochtones leur langage indo-européen. Ne subsiste de l’ancienne langue que l’extrême-Sud aquitain avec, sans doute, le Basque.

    Ces langues – celte, aquitain et ligure dans le S-E – disparurent sous la pression de divers patois latins durant et après l’époque romaine. L’un d’eux, originaire d’île de France, fournira la base de la langue française.

    L’empire romain s’effondre sous l’invasion de tribus belliqueuses de langue gothique, qui fut rapidement submergée par l’idiome latin dominant. Au cours du Vème siècle, une forme de celte apparenté au gallois fut introduit en Armorique grâce à des réfugiés chassés du Devon et de la Cornouaille par les Saxons. A la même époque, des Burgondes sont refoulés par les Romains d’Aétius en Savoie et sur les rives du lac Léman. Quant aux Basques, ils commencent à envahir le Béarn et la Cascogne.

    Au début du Xème siècle, des aventuriers majoritairement danois s’installent en Normandie et, de là, s’étendent à l’Angleterre et à la Sicile. Et ici, je cite : «  bien que les types scandinaves familiers (haute taille, face longue, crâne étroit, yeux bleus et cheveux clairs) soient abondants en Normandie, on ne peut décrèter que ces individus descendent directement des Danois. Plus probablement, ils perpétuent des traits physiques déjà bien présents longtemps avant l’arrivée de Rollon et de ses troupes ».

    Et l’auteur conclut son résumé sur la France : « Il existe certes des variations régionales importantes dans la taille des individus, mais si on peut dire que peu de Français sont aussi grands que les Anglais et les Allemands du Nord, on rencontre de même peu de Français qui soient aussi petits que certains Napolitains. La pigmentation devient de plus en plus sombre à mesure que l’on descend vers le Sud mais c’est seulement sur la côte méditerranéenne que l’on trouve des individus aussi sombres que les Espagnols et les Italiens. La brachycéphalie (crânes courts) augmente à mesure que l’on va vers le Sud. A la différence de certaines parties de l’Europe Centrale et Orientale, où les crânes ronds constituent un phénomène historique récent, la France semble avoir été depuis des époques très reculées un centre d’individus brachycéphales. »

    Commentaire personnel : tout cela, ajouté des éléments fournis par @skyros, forme une soupe dont l’élément gaulois n’est qu’un ingrédient parmi d’autres !

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    A l'inverse du généraliste, le spécialiste est celui qui en sait toujours plus sur un sujet de plus en plus restreint. Le spécialiste parfait est donc celui qui sait absolument tout sur absolument rien.

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