Post has published by Solduros_390
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    Merci pour le lien, même si l’auteur mériterait une petite claque.

    Sur la guerre elle-même, je crois vraiment que les Hellènes franchirent un cap en 431. Jusqu’à cette date, lorsqu’on se battait, chaque cité envoyait sa force d’hoplites (je ne parle pas de la Grèce du nord) sur un champ choisi et on se rentrait dans le lard. Il en ressortait un vainqueur et un vaincu et après ça on rentrait chez soi. La guerre était une affaire purement militaire (si on excepte le côté religieux qui n’a pas grand-chose à voir avec la guerre totale). Mais durant la guerre du Péloponnèse, on ne se contenta plus de ça. L’économie devint très importante.
    A chaque début d’année, les Spartiates envahissaient l’Attique et détruisait l’agriculture de leurs ennemis. Périclès ne voulait pas affronter les coalisés sur terre; il ne restait donc aux Lacédémoniens qu’à piller les alentours d’Athènes et du Pirée.
    De leur côté, les Athéniens mobilisèrent des ressources incroyables pour réunir une flotte imposante. Ils mirent leurs alliés à contribution et plus la guerre avançait, plus ils les pressurisaient, ce qui n’avait jamais eu lieu avant. L’effort de guerre produit à cette époque dépassa de beaucoup ce qui s’était vu jusque-là.

    Peut-il y avoir une guerre totale si certains dirigeants souhaitent la paix ? En 424, lorsque Brasidas le Spartiate et son homologue Athénien (dont j’ai oublié le nom mais je dirais Thucydide) meurent ensemble sous les murs d’Amphipolis, le parti de la guerre se retrouve décapité dans les 2 principales cités. On conclut donc une paix… qui ne durera pas cependant.
    En parallèle, les œuvres d’Aristophane nous livrent un état d’esprit qui pouvait être celui d’une partie de la population. Il y critique les marchands d’armes qui s’enrichissent sans scrupules sur le dos des hommes envoyés au combat ainsi que les politiciens athéniens qu’il juge minables. Il déplore ce conflit entre Hellènes qui les détruit au lieu de les renforcer. Et si vous ne devez lire qu’une pièce de lui, choisissez Lysistrata (du nom de l’héroïne dont le nom signifie “qui défait l’armée”): une comédie où l’auteur parle du sentiment de rejet que les femmes ont de la guerre et d’un moyen astucieux qu’elles vont utiliser pour y mettre fin.

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