Post has published by Yandhen
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    Member since: 24 décembre 2015

    Bon renvoyons le débat dans une bonne direction en réutilisant le post de Léo et commençons à définir.

    -que peut on faire contre ces dérapages policiers quelques soit le pays?

    Tu pourrais aussi prendre le sujet a l’envers.

    Pourquoi autant de violence contre les policiers ?

    Tu sais comme lorsqu’ils prennent des cocktails molotov lances par des “”sauvageons”” ou ces pompiers qui se font caillasses dans ces quartiers “”populaires””.

    Je crois que les plus violents ne sont pas les policiers et que ces memes policiers ne sont pas bien armes tant materiellement que juridiquement pour affronter ces… “”sauvageons””.

    Le probleme n’est pas de blamer des policiers qui font une bavure (malheureusement ca arrive) mais bien ce rejet global de l’autorite de l’Etat.[/quote]

    Je pense qu’à partir de ce postulat quelqu’un va te répondre le contraire, que deux camps vont se former, d’un coté ceux qui défendent la police et de l’autre ceux qui défendent les “victimes” (selon le point de vue) de la police. Le débat va tourner en rond, les deux camps vont se mettre à faire des estimations, allégations, spéculations, interprétations, réflexions ou tout ce que vous voulez mais personne ne bougera de place.

    Donc plutôt que faire un simple débat idéologique sur “qui qui c’est qu’est gentil et qui qui c’est qu’est méchant?” je pense qu’on pourrait élever un peu le débat en étant plus analytique sur le fonctionnement exact de la police :

    -> Peu importe qu’elle ait de bonnes raisons ou pas de le faire, il y a des dérapages assez graves, et même si on peut rétorquer qu’ils sont “mérités”, l’histoire a démontré que les coups de matraque avaient du mal à calmer le jeu durablement. De même, je ne pense pas qu’infliger une déchirure anale à un jeune homme soit réellement une manière efficace d’obliger le respect de la police.

    -> De l’autre coté, il est évident qu’une haine généralisée de la police s’affiche à certaines périodes ou lieux. Comme l’a dit Batbaileys, il n’y a pas “une” mais plusieurs polices, des polices d’intervention, de proximité, criminelles, administratives… Il s’agit donc de savoir qu’est ce que les gens critiquent comme étant “la police” : des acteurs locaux, des agents de maintien de l’ordre, de répression, des enquêteurs, des gendarmes?

    -> Avant même de parler de responsabilité/légitimité, on peut voir que c’est dans certaines zones et vis à vis de certaines personnes que la violence ]des/contre les] policiers s’affiche le plus. Et là, avant de se questionner sur la légitimité de la violence, on doit aussi essayer de faire la même distinction qu’on fait entre les policiers qu’entre leurs détracteurs : une vision unilatérale du “jeune de banlieue dealer arabe qui jette des cailloux sur les flics” n’aide pas à avancer. Il tient donc d’essayer de voir si, dans les sauvageons dont parle PP, il n’y a qu’un seul groupe uniforme ou plusieurs volontés différentes. Ceux à qui la police s’en prend ne sont pas toujours ceux qui s’attaquent à elles le plus (NB : quand je dis “s’en prendre” j’entends avant tout les dérapages et intimidations dont on a beaucoup d’exemples aujourd’hui)

    -> Est ce que cette haine anti-flic, car on ne peut pas nier qu’elle existe, est issue d’une haine contre l’uniforme ou contre l’état? C’est une nuance importante. En géographie/sociologie, on dénote souvent que les émeutes urbaines qui ont commencées dans les années 70 résultent de phénomènes d’exclusion sociale, d’anciens quartiers ouvriers rénovés qui sont déconnectés du monde urbain (-> pas de moyens de transports efficaces, pas de loisirs sur place, une concentration d’une classe sociale de pauvres et d’immigrés récents, et un fort chômage du fait du faible investissement). On peut aussi penser qu’un facteur raciste entre en jeu, les bavures policières en question ayant souvent été assez dirigées (encore une fois, de nombreux témoignages édifiants existent).
    NB : Il ne s’agit pas, encore une fois, de donner une version unilatérale des faits, mais bien de comprendre que si la violence contre les policiers est indéniable, on peut aussi la traduire comme un sentiment d’exclusion et de violence contre l’état lui même, qui finira peut être par se transformer en violence contre la police à mesure que celle ci est obligée de répliquer d’une manière ou d’une autre.

    -> Est ce que le fonctionnement de la police en tant qu’institution ne favorise t-il pas ces bavures, via des tentatives de dissimulation des erreurs policières (sensiblement à des affaires du type de Dreyfus, pour donner un exemple édifiant, ou une partie de la population, par opinion politique, va tenter de réfuter voir de légitimer la violence policière), ou même via des critères de recrutement qui favorisent la concentration d’éléments à risque dans certaines sections de la police (on peut voir que les cas de violence concerneront plus souvent la BAC ou les CRS que la gendarmerie mobile, je crois).

    -> Est ce que le problème n’est pas médiatique aussi, la télé jouant sur la peur qui découle des affrontements et violences urbaines et favorisant la prise de position radicales d’un côté comme de l’autre (soit vous êtes avec la police, soit vous êtes avec les manifestants/banlieusards?), et présentant une version assez unilatérale qui ne permet pas aux gens de réfléchir d’un coté à la violence urbaine et de l’autre à la violence policière, favorisant une vision simpliste tout à la fois de l’institution policière mais aussi des banlieues?

    -> Est ce que le problème, outre les quelques bavures policières, n’est pas simplement les ordres qu’on donne aux policiers, et donc la hiérarchie dans ses plus hautes strates, qui agit parfois de manière politique, en faisant en sorte de disparaitre dans l’ombre du conflit entre la police et ses opposants? Encore une fois donc, un problème institutionnel dans le fonctionnement et le sens qu’on donne à la police, et les personnes qui la contrôle.[/quote]

    Commençons par le début: Définissons ce qu’est la Police.

    Si on va voir le Larousse, on a les définitions suivantes:

    « Étymologiquement, le terme de police désigne l’art de gouverner la cité. Aujourd’hui, il recouvre deux concepts qui ont entre eux des rapports étroits : l’ensemble des prescriptions imposées aux citoyens en vue de la sauvegarde de l’ordre public ; l’ensemble des services chargés de faire respecter ces prescriptions.
    La fonction de police est celle d’assumer la sécurité interne. Elle s’exerce ainsi à deux niveaux. D’une part, elle assure la régulation des disputes locales entre individus, qui peuvent être liées à des relations dégradées de voisinage, à des contentieux matrimoniaux, à des perturbations de la vie publique (circulation notamment) et, surtout, aux actes relevant de l’« atteinte à la sécurité des personnes et des biens » : meurtres, vols, destructions, etc. D’autre part, elle intervient dans les différends concernant des groupes, qui peuvent déboucher parfois sur des situations d’émeutes, d’insurrections, de révolutions.
    La police répond à une fonction d’ordre : elle a la charge de faire respecter la « tranquillité publique », c’est-à-dire assurer la conformité des conduites aux normes établies, afin de garantir le bon fonctionnement de la société et sa cohésion.
    L’action de la police consiste donc en sanctions qui vont du droit de surveillance à l’usage de la force. Si la fonction de police est universelle, elle ne renvoie pas à des pratiques et à des structures identiques dans le cours de l’histoire, ou encore en fonction du type de régime politique dans lequel elle s’inscrit. »

    Synthétisons tout cela: La Police est un organisme au service de l’Etat et de ses citoyens. Il garantit la sécurité ainsi que l’ordre et le respect de la Loi par tout un panel de sanction et de système de prévention pour les citoyens sous la protection de la loi.

    Sur le papier, donc, la police est un outil de l’état, non un service autonome. Sans la loi, mise en place par l’Etat, la police ne peut pas agir. Aucune autonomie ne lui ait permise.

    Bon, je dis surement pas mal de banalité, mais ça me semble nécessaire pour définir le tout.

    Passons aux conséquences de cette définition:
    En tant que représentant de l’Etat ainsi que moyen d’intervention se retrouve ciblé. Comme Leo le soulevait très bien dans son message, si la haine est dirigé contre la police en elle même ou contre ce qu’elle représente? Eh bien on peut dire les deux. Car en tant que représentant de l’Etat, elle attire les foudre de ceux qui lui sont opposés. Un anarchiste, qui déteste l’Etat, détestera forcément ce qui représente son incarnation en chair et en os. Cette dimension est indéniable. Maintenant, si l’on réfléchit un peu, on sait que l’Etat inspire de moins en moins confiance aux population. La corruption et les scandales se succédant et la légitimité des représentants de l’Etat s’ébranlant, la Police se voit aussi accusé de cette défiance, dû à sa relation à l’Etat. Elle passe aux yeux de ces déçus comme la force de protection de cet Etat illégitime. Ainsi, les tensions se cristallisent entre deux branche de la population.

    S’ajoute à cela un autre mouvement. (Alors attention, cela est purement subjectif et surement très critiquable) Ce mouvement nait du caractère lié à l’ordre de l’institution de Police et de sa relation à l’Etat. Il y a une crise de la pensé au sein de la police. D’un côté, l’ordre est mis à mal par de nombreux individus. De l’autre on a l’Etat qui délaisse cette institution et lui envoie des ordres contradictoires (Un jour on charge une manifestation, l’autre non. Un jour on s’attaque au dealeur, l’autre on laisse couler). Le tout créé une défiance de plus en plus grande envers, non pas l’Etat, mais envers les gouvernements qui en prenne le contrôle par les auxiliaires de police. De ce fait, on peut voir se créer une schizophrénie maladive de ces derniers. D’un côté, une volonté de régler les problèmes et les perturbations à l’ordre, et de l’autre des hiérarchies qui enchaîne les ordres contradictoires. Ceci peut exacerber un sentiment de violence et la multiplication de bavures et une orientation idéologique vers les personnes prônant des solutions violentes pour imposer l’ordre par tous les moyens.

    Il ne faut pas non plus voir l’auxiliaire de police comme victime. Elle a aussi son aveuglement, d’une part par cette schizophrénie, mais aussi par une certaine politique de l’autruche, s’empêchant de comprendre ou simplifiant ces “ordres contradictoires” causé par le besoin de l’Etat. N’oublions pas que la Police reste auxiliaire de ce dernier et que par conséquent, ces “ordres contradictoires” répondent aussi d’une certaine logique, à des besoins et d’une nécessité à plus grande échelle. Si l’auxiliaire de police reste cantonné à une vision locale, l’Etat garde la vision globale. Cela est aussi la cause d’incompréhension entre les deux entités. On peut imaginer que les deux entités sont dans une politique de l’Autruche permanente, refusant de voir mutuellement les problèmes que chacun a en face des yeux. cela arrive souvent ce genre de chose, il ne serait pas anodin de voir ce schéma se reproduire auprès de celui qui ordonne et celui exécute.
    (Je le répète, les deux paragraphes précédent n’ont pas valeur de loi. Il s’agit juste d’une réflexion comme ça, sans source ou autre pour l’étayer)

    Voilà un premier jet. J’irais surement plus loin plus tard, mais on peut déjà réfléchir là dessus ^^

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