Post has published by kymiou
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    Solduros_390 me dit :

    Kymiou, j’ai quelque part (je dois retrouver le site) que les Allemands d’Otton 1er avaient chargé les Hongrois la lance couchée. Mais c’est peut-être faux.


    Lance couchée peut sous-entendre pointe dardée le bras tendu et non lance sous le coude. La nuance est importante puisque seule cette dernière manière permet la charge en rang vraiment serré. Peut-être y a-t-il une simple erreur de traduction ou d’interprétation à propos d’Othon.

    Sans être catégorique ni parier ma vie là-dessus, mais il me semble que la tapisserie de Bayeux démontre à elle seule que la haie compacte n’était pas encore pratiquée.

    Solduros ajoute :

    En fait je parlais plus de déplacements de troupes. Imaginons que 2’000 hommes doivent partir d’Antioche pour le Krak des chevaliers. Est-ce que les croisés vont leur adjoindre un bataillon de tireurs (archers/arbalétrier) pour les couvrir contre d’éventuels raids, ou est-ce que les sergents continueront à jouer un rôle important, ou du moins pas complétement inutile ?

    Quant à la question du déplacement des troupes et l’usage de la piétaille, j’ai ce que tu cherches dans ma bibliothèque, tiré in extenso de « L’art de la Guerre » du général E. Wanty (cela concerne précisément la bataille d’Arsouf et les jours qui la précèdent):

    « Richard Coeur de Lyon forma le projet de reconquérir Jérusalem en en longeant d’abord la côte. Il divisa son armée (environ 10000 hommes) en douze détachements mixtes infanterie-cavalerie, les gens de pied sur le flanc Est, exposé aux attaques, les bagages du côté de la mer. L’avant-garde et l’arrière-garde étaient fournies par les ordres militaires religieux, Templiers et Hospitaliers.
    « Grâce à un témoins arabe de l’entourage de Saladin, nous prenons ici une vue précise du rôle de l’infanterie : « elle formait comme un rempart autour des chevaux ; les hommes, armés de fortes arbalètes, tenaient nos cavaliers à distance. Les chevaliers chevauchaient au centre de la colonne et n’en sortaient que pour des charges soudaines quand il s’agissait de dégager les fantassins ou de forcer un passage… »

    » La situation était très particulière : cette colonne de Croisés était accompagnée sur un itinéraire parallèle par l’armée de Saladin, qui la harcelait sans répit. Aux étapes, le ravitaillement des Croisés était assuré par la flotte.

    Plus loin encore : en août 1192, sous Jaffa, Richard fut surpris avec un détachement. Il ne pouvait être question de charger. Les chevaliers, démontés, fichèrent profondément dans le sable la pointe de leur bouclier et le fût de leur lance inclinée vers l’avant. Entre ces piquiers, Richard installa ses arbalétriers sur deux rangs pour assurer la continuité du tir. La cavalerie turque dut s’arrêter net devant le mur de lance ; au moment de faire demi-tour, les arbalètes entrèrent en action. Richard réussit à se tirer de ce mauvais pas grâce à cette nouvelle combinaison des deux armes.

    Et l’auteur conclut : » Richard Coeur de Lion fut le premier de son époque à confier un rôle à l’infanterie si dédaignée et à tirer parti de son armement plus puissant. Elle avait, en somme, la mission de recevoir, arrêter ou freiner le premier choc, d’abriter la cavalerie en s’interposant entre les chevaux et les archers ennemis.

    Réf : L’art de la guerre, Gen. E. Wanty, Ed. Gérard, coll. Marabout Université, Verviers 1967.

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    A l'inverse du généraliste, le spécialiste est celui qui en sait toujours plus sur un sujet de plus en plus restreint. Le spécialiste parfait est donc celui qui sait absolument tout sur absolument rien.

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