Post has published by cuirassier
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    Merci @nathan pour ton post, ton point de vue est tout à fait intéressant et je vais tacher d’y répondre au mieux.

    Tout d’abord je ne conclurais pas si vite à une soit disant supériorité de l’art de la guerre napoléonien sur la pensée de Clausewitz. Parce que notre cher officier prussien a combattu Napoléon, il n’a certes pas eu de rôle décisif comme un Wellington ou un Blücher, mais Clausewitz a contribué à sa manière à vaincre napoléon.
    J’irais même plus loin, je pense que l’on ne peut pas opposer totalement la vision de ces deux hommes. Rappelons que Clausewitz a non seulement énormément étudié Napoléon mais il l’admire. Si leur vision était totalement opposée Clausewitz ne qualifierait pas Napoléon de « Dieu de la guerre ».

    De même Clausewitz n’a jamais voulu établir de règles absolues qui fonctionneraient à tous les coups. Il considère que la guerre se déroule selon un principe de dialectique (action-réaction) où il est toujours nécessaire de s’adapter en fonction de l’ennemi et des circonstances.
    Cependant pour pouvoir faire sa comparaison entre l’efficacité de la défense et celle de l’attaque il a bien fallu qu’il considère que les deux armées s’affrontant étaient de qualité égale. Comme on dirait en bon français, Clausewitz considère que la défense est plus forte que l’attaque si « toutes choses égales par ailleurs ».
    Mais comme tu l’as souligné lors des guerres napoléoniennes la qualité des armées belligérantes n’était pas du tout égale. Jusqu’au moins 1809 l’armée française était supérieure à ses adversaires ; elle a un commandant en chef exceptionnel, des tactiques supérieures, un moral à toute épreuve etc etc… En fait les hautes qualités de l’armée française, notamment en termes de mobilité, ont annulé l’avantage procuré par la défense et cela Clausewitz en est totalement conscient.

    Il faut aussi bien comprendre que quand Clausewitz parle de mener une campagne défensive cela ne signifie pas qu’il faut rester passif. Bien au contraire ! Cela peut même être assez déroutant quand on le lit tant sa vision défensive se combine avec une posture très offensive sur le plan tactique.
    Ainsi pour suivre la vision Clausewitz il faudrait au moins être aussi bien mobile et aussi bien renseigné que l’ennemi afin de l’esquiver quand il est en position de force et inversement de le contre attaquer par surprise et de plusieurs cotés pour l’user régulièrement. Le défenseur n’a certes pas l’initiative stratégique mais il se doit de l’avoir en permanence sur le plan tactique, jusqu’à que l’attaquant atteigne son point culminant (son effort maximum a été atteint), puis le contre attaquer pour l’envoyer dans les choux et reprendre l’initiative stratégique. D’ailleurs Clausewitz ne cesse de rappeler qu’aucune stratégie ou tactique défensive ne peut se passer de ce retour à l’offensive.

    Il souligne aussi l’ensemble des possibilités de la défensive; on peut soit user l’ennemi par le combat, soit le laisser s’user par lui-même (maladies, problèmes de ravitaillement, fatigue…). On peut se battre proche des frontières ou encore au cœur de son propre état.
    Et Clausewitz le dit clairement, on va choisir l’une de ses possibilités en fonction d’un certain nombre de paramètres : l’étendue et la nature du territoire, la position des forteresses, le sentiment des habitants, si on est prêt ou non à accepter des sacrifices temporaires (pertes de populations et de territoires) et surtout le rapport de force entre les deux armées.
    Donc pour Clausewitz la défense est certes supérieure à l’attaque mais il faut savoir s’adapter à son ennemi et aux circonstances (principe dialectique). Et en effet lui aussi dit qu’il est plus facile pour l’Espagne et la Russie de faire le choix de se replier au cœur de leur état alors que la Prusse est forcée de se battre à ses frontières. Même le paramètre qui est le plus important selon lui c’est bien le rapport de force, ainsi même des généraux très offensifs comme Frédéric le Grand et Napoléon durent parfois se replier et se mettre sur la défensive.

    Ce que Clausewitz n’a pas compris, ce que j’avais lu, c’est que l’offensive Napoleonniene a pour but, la recherche de la bataille strategique, et pas d’une simple bataille, ex Ulm, Iéna, etc… aussi qu’importe le choix du terrain, puisqu’il arrive superieur en nombre, placé strategiquement et lui dictera sa volonté et par une bataille ce voulant decisive avec des moyens superieur déciderait de la suite de la campagne.

    Pourtant Clausewitz ne cesse de souligner l’importance de l’engagement (dans le sens du combat) ou au moins de la menace d’un engagement. Il consacre en outre plusieurs chapitres à la bataille principale/stratégique/décisive, ayant étudié les campagnes napoléoniennes il n’a pu passer à côté de ce phénomène. D’ailleurs j’ai plus souvent lu des critiques sur Clausewitz disant qu’il accordait trop d’importance à l’engagement et à la bataille décisive !

    Et le defenseur doit d’abord ceder du terrain, ce preparer a perdre des villes importantes, voir une partie de la population passer sous le controle de l’ennemi, voir sa capitale menacé, le moral ennemi renforcé, le sien subir une baisse plus ou moins importante, avant d’etre pret selon lui.

    Comme je l’ai dit plus haut, la forme que prendra la défensive dépendra d’un certain nombre de paramètres. La valeur que l’on accordera à ces sacrifices est l’un de ses paramètres. Par exemple Napoléon s’est emparé d’un certain nombre de capitales ou de grandes villes en 1805-1806 ou encore en 1812 sans que cela ne fasse capituler ses adversaires pour autant.
    Concernant le moral ennemi, selon Clausewitz l’esprit offensif (fait d’aller en avant, de prendre des territoires), se dilue très vite si on inflige une série de défaites à l’attaquant.

    Voila ma vision de ses deux systemes de guerre ou meme si la defensive employé en premier lieu a ses qualités, elle montre aussi ses faiblesses et ses limites car l’agresseur ne laissera pas le temps a son adversaire d’en disposer a souhait et de diriger ses actions comme il l’entend, et la guerre éclair multiplie les forces et une nation qui commence par des défaites, meme mineures, a peu de chances de ce soulever totalement.

    En théorie, la vision de Clausewitz semble excelente, le systeme defensif est amelioré mais en pratique l’aspect Napoleonnien lui est superieur et il ne semble pas avoir tout saisi de la pensée Napoleonniene et le systeme defensif ne suit pas le rythme de la guerre eclair et limite deja ses chances de vaincre dès le depart et lui abandonne aussi l’initiative en plus et devant un adversaire résolu et capable, qui sait les dégâts qu’elle peu provoquer dans un temps assez court ?… et compter sur les forteresses pour ralentir l’agresseur alors qu’il peu les eviter ou les contenir ou s’en preserver a distance par de petites fortifications ou tourner l’ensemble du dispositif fortifié, son interet, pour aller vers l’essentiel, soit la destruction de l’armée adverse qui n’est pas encore prete a entrer dans sa seconde phase, soit l’offensive par manque de moyens selon Clausewitz, releve pour moi d’une regréssion d’une idée de la conception de la guerre ou l’on privilégie la defense d’abord a la guerre éclair dont les éclatantes démonstrations Napoleonnienne ont pourtant montré tout leurs effets et leurs superiorités…a cet époque precise, les armes ayant leurs incidence dans la strategie et tactique modifie le comportement a la guerre.

    En fait selon Clausewitz c’est le défenseur qui va infliger une série de défaites à l’attaquant au fur et à mesure de son avance.
    Quant au rythme, avec son système le défenseur ne doit pas rester passif mais au contraire être au moins aussi mobile que l’attaquant.
    Je n’ai pas encore lu les chapitres sur les forteresses mais j’ai déjà lu que selon lui elles ne doivent pas être invincibles pour être suffisamment alléchantes pour l’ennemi et servir de point de fixation avant de le contre attaquer. Et puis les principes des forteresses c’est tout de même de les placer là où l’ennemi ne pourra pas les contourner ou pour le forcer à passer ailleurs.

    En fin de compte ce qu’il préconise c’est une défense élastique, une guerre éclaire défensive avant de passer à l’offensive.

    Comparaison n'est pas raison.

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