Post has published by kymiou
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@mongotmery :

Et comment explique-t-on la capacité de garnisons égyptiennes à mettre au pas (…) les rois de la côte (…) alors qu’elles sont “balayées” par l’armée hittite?

Personne n’a balayé personne ! Ni les Égyptiens ni les Hittites ne voulaient d’une guerre au finish car ils avaient constamment besoin de leurs forces ailleurs, les premiers pour contenir les Bédouins, les autres pour contrer les Assyriens. Kadesh eut une certaine ampleur, je te l’accorde, mais ils s’empressèrent de calmer le jeu dès le lendemain.

Quant aux villes de la côte, ce sont de petites cités bien plus rivales dans le commerce que dans la guerre. Dans l’entourage de chaque roi, quelques officiers égyptiens flanqués d’auxiliaires locaux suffisaient le plus souvent à empêcher les débordements. Il y avait de temps en temps un ambitieux qui cherchait à monter sur la tête des autres, mais cela ne durait jamais longtemps. Vu du Nil, c’était des petits vassaux qui se chamaillaient, la belle affaire !

Pour Thèbes comme pour Hattusha, l’essentiel est plus au nord, à hauteur de Kadesh et du port de Simyra. Là, c’est du vital pour les deux empires car nous sommes à l’âge du bronze, c’est à dire cuivre + étain comme chacun sait.

Pour l’Egypte, l’étain venant d’Afghanistan (le seul disponible) aboutit à Simyra, en Amourrou, où il est embarqué pour le Delta. Il va de soi que Pharaon tient fermement ce port et que sa garnison y est sérieuse, en qualité comme en quantité.

Pour le Hatti, qui manque lui de cuivre, la seule source à bonne portée est Chypre. Mais les vents et les courants rendent ses abords dangereux. La route la plus commode passe par Kadesh… via la région de Simyra.

Depuis l’époque du Mitanni, des accords existaient certainement pour laisser libres les deux routes. Bien obligé : comme chacun pouvait bloquer les ressources de l’autre, il se tenaient mutuellement par… heu… disons les noisettes 😉 et aucun n’avait intérêt à serrer ! Comme il ne semble pas y avoir eu pénurie de cuivre pour les Hittites ni d’étain pour les Égyptiens, même au plus fort du conflit, on peut penser que dans cette guerre d’ailleurs très sporadique, chacun retenait volontairement ses coups : OK pour filer une baffe à l’adversaire mais le mettre réellement à genoux, jamais !

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A l'inverse du généraliste, le spécialiste est celui qui en sait toujours plus sur un sujet de plus en plus restreint. Le spécialiste parfait est donc celui qui sait absolument tout sur absolument rien.

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