Post has published by Ambarequiem
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Les attentats sont la part armées, violente de la doctrine terroriste. C’est un acte guerrier plus que militaire. Un attentat n’est pas tout le temps à étudier au cas par cas, pour nous ils nous semblent isolés les uns des autres mais ce n’est pas forcément le cas (généralement on procède par “campagne” d’attentat). Et il faut bien analyser le but des groupes, leurs ambitions, leurs moyens pour savoir ce que “veulent dire” les attentats, pour les décortiquer.

Un attentat terroriste reste en fait un moyen de réaliser une “frappe stratégique” pour un adversaire dépourvu d’avions, de missiles continentaux ou d’autres armes servant à réaliser ces frappes pour une armée qui en est dotée.
Comme les moyens à disposition de celui qui réalise des attentats ne permettent ni de s’attaquer à des installations militaires, ni à des moyens de production d’armement de manière efficace, les attaques se concentrent sur la population civile, et sur les militaires hors des installations (Merah, attaques contre soldats de l’opération sentinelle etc)

On cherche l’attrition par ce moyens :
– des forces morales de la nation
– des forces humaines : un mort dans un attentat, ça fait un travailleur ou un potentiel soldat ennemi en moins
– des forces économiques, en détournant des ressources du front.

L’effet moral des frappes stratégiques est très aléatoire, il est le plus souvent contraire à ce que l’attaquant recherche avec des armes conventionnelles (canons, bombes, etc…), la population qui subit l’attaque va avoir tendance à être plus solidaire, et prête à subir plus de pertes encore. La destruction d’Hambourg et de Dresde n’a pas poussé les allemands à la reddition, bien au contraire, il a fallu aller jusqu’à Berlin pour l’obtenir. Idem pour les bombardements sur Londres qui n’ont pas amené les Britanniques à s’asseoir à la table de l’armistice. Même la recherche de l’instabilité politique ne donne pas de grands résultats. Sauf si le mouvement qui initie les actes terroristes à la moyen de se transformer en guerilla, puis en mouvement structuré capable de réelle offensive terrestre. C’est ce qui c’est passé à Cuba pendant la révolution, ça se passe en Irak ou en Syrie, et en Afrique.

Il n’y a que l’effet matériel qui donne des résultats. Les destructions perturbent la production industrielle, détourne des moyens du front pour la protection des populations (1 millions d’allemands affectés aux batteries de Flak pour défendre le Reich), une dépense en termes de ressources : l’acier affecté à la construction de canons antiaériens ne va pas aux chars d’assaut, etc…

Et en effet si un attentat ne bouleverse pas les instances d’un pays il porte surtout atteinte au moral de sa population surtout dans nos pays qui ne sont plus habitués à ce genre de violence.

Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, chaque décennie est marquée par un attentat, ou une vague d’attentats, en France et/ou en Europe. Au contraire, nous y sommes plutôt habitué, ou ne sommes-nous que des poissons rouges uniquement abreuvés par les chaines d’info en continu?
Il faut arrêter avec cet argument des populations qui ne sont pas/plus habituées à ce genre de violence, c’est tout simplement faux, et je parle pour la population de manière générale.
Après, le traumatisme de l’attaque, c’est autre chose, même des soldats ou des policiers aguerris peuvent être bouleversés par ce qu’ils vivent pendant une attaque, alors des civils complètement surpris… Mais ça, que vous viviez à Bagdad ou à Paris, tout le monde réagi de la même façon face au danger, il y a assez peu d’habituation, étant donné que le traumatisme de la situation tient à la réaction personnelle au stress qu’elle a causé.

Ce sont les grandes lignes et c’est un probleme de politique interieure et pas exterieure. Ce sont des francais qui attaquent d’autres francais.

Donc que Francois et Manouel vendent de la com pour monter dans les sondages en envoyant les boys en Rafale larguer des bombes en Syrie c’est bien comprenhensible. Mais il faudrait deja attaquer le probleme a la source et nettoyer la cinquieme colonne qui pullule grace a notre terreau social delinquescent. Le terrorisme islamique francais c’est avant tout un probleme de politique interieure

Je suis plutôt d’accord avec ça, pour les remèdes à apporter aux attaques. Pour le reste, je suis du même avis que Skyros, c’est à la fois intérieur et extérieur. Les attaques récentes sont principalement le fait de plusieurs décisions de politique extérieure :
– l’intervention française en Irak et en Syrie (début en 2014) qui est la plus déterminante, comme Londres en 2005 ou Madrid en 2004, l’alignement sur les américains dans cette partie du monde se paie en vies humaines.
– les intervention française au Tchad et au Mali qui font de la France le plus gros obstacle en Afrique pour les mouvements islamistes.
– le non déploiement de soldats au sol en Libye qui laisse un pays en pâture aux islamistes, et leur donne un accès à la Méditerranée, ce qu’ils ont difficilement en Syrie, afin de pouvoir infiltrer des armes, des fonds ou de la drogues, et laisse une chance à des combattants ou a des propagandistes de s’infiltrer dans le flot de migrants.
Du côté de l’intérieur, ils trouvent un certains nombres de ressources auprès de français proches de la mouvance, et qui forts d’une position de petits délinquants ont à dispositions des moyens logistiques et financiers leurs permettant de s’équiper. Les plus motivés de ces français devenant ensuite terroristes.

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