Post has published by Icare
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    Sinon, on a dit que le mousquet était moins coûteux que l’arc, qu’il permettait de lever plus d’hommes et que l’entrainement était plus facile a boucler…

    Je rappelle qu’au 17ème siècle, les armées sont peux nombreuses (Ainsi Condé bat les espagnols avec 18 000 hommes je crois) car la logistique est lente et assez faible, aussi les armées trop nombreuses ont énormément de mal à se ravitailler-sans parler des soucis économiques qui accablaient les états d’alors et qui peuvent devenir très graves car entretenir les troupes coûte extrêmement cher (c’est d’ailleurs la que le nombre réduit des archers devient un avantage: moins de bouches à nourrir pour l’intendance par exemple 😉 ) .Au 16ème siècle, c’est à peu prés la même chose mais en plus on recrute parmi les armées de nombreux mercenaires (la chose qu’il ne faut pas faire si on veut économiser des sous, car un mercenaire peut très bien te fixer un prix élevée voire te trahir s’il voit qu’il vaut mieux aller dans le camps d’en face; tu auras alors dilapidé ton argent pour rien) suisses et lansquenets (lesquels étaient réputés très forts, donc sans doute très entraînés et très équipés).

    Il faut aussi voir ce que chacune des formations inflige à l’adversaire comme dégât afin de mesurer la rentabilité. Ainsi supposons qu’une unité d’archers anglais (mettons 350 hommes) se retrouve face a une unité de hussards ailés ou de gendarmes (cavalerie d’élite: très chère à entraîner et a équiper sans compter leurs éventuels serviteurs car c’était des nobles. Et s’ils sont capturés on pourra exiger une rançon sans doute très chère). Eh bien, ils décimeront l’unité (avec quelques pancernis en prime si ce sont les hussards qui prennent les flèches).

    Un bataillon de mousqueterie, voire d’arquebuse, lui (mettons 700 hommes) ne décimera sans doute pas plus d’un tiers ou de la moitié de l’unité d’élite ennemis et se fera exterminer au corps a corps (pour ce dernier, je convient que ce serait encore pire avec les archers mais cela ne devrait pas arriver 🙂 ). Les pertes seraient certes “moins” grave que si des archers périssaient mais (beaucoup) moins d’ennemis ont été tué; pour le rapport coût/dégâts c’est donc parfaitement équilibré avec même un avantage pour les archers 😉 .

    Parce que oui, le problème, c’est la précision des arquebuses et mousquets: sachant qu’un soldat de Napoléon avait une chance sur 30 de toucher son ennemis à 200 mètres, je vous laisse imaginer la précision des fusils de loin 3 ou 200 plus tôt :whistle: (un archer n’était certes pas tellement plus précis mais il compensait par une cadence de tir supérieure). Résultat: pour corriger le problème il fallait sans doute entraîner le tireur plus que nécessaire, ce qui réduisait l’avantage de l’entrainement rapide…

    Sans parler que rien que tirer: avec un arc c’est assez simple (si on est assez musclé); on pioche une flèche dans le carquois, on bande l’arc et elle part. Alors qu’avec un mousquet… eh bien c’est plus compliqué que nos fusils modernes, et c’est un euphémisme 😆 ; il faut à chaque tir mettre de la poudre noire, verser de la pyrite dans l’endroit prévus à cet effet (d’ailleurs je me demande ce que devait penser un mousquetier de cette époque qui aurait vu sa gibetiere se faire percer et voyant donc sa précieuse réserve de poudre et de produit tomber par terre) et enclencher tout un processus complexe dont je ne me rappelle pas. Je crois que le film Kageshuma est assez réaliste, donc je vous conseille d’aller voir la scène ou un soldat doit tirer avec son mousquet mais doit le charger d’abord pour vous faire une petite idée de ce que je vous expose 😉 .

    Bref, je ne doute pas que l’avantage du coût et de l’entrainement du mousquet sur l’arc existe mais il est à relativiser.

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