Post has published by Saganami
Participant
Posts3524
Member since: 12 avril 2012

@ Boby_nadeau
Aucun soucis pour le vouvoiement, par réciprocité j’en ferait de même avec vous.
Pour répondre à votre première question, non je n’ai pas fait d’étude de sociologie. Je suis simplement un initié autodidacte. Si je m’intéresse aux sciences sociales pour le loisir, ma formation est du ressort des sciences physiques.

Ensuite, pour ce qui est d’une approche psychanalyste, ou du moins psychologique, je n’irait pas totalement dans le sens de mon voisin du dessus Vauban, qui très souvent fait une trop grande différence de jugement entre science dure et douce (ne lui en voulez pas, il s’avère un sympathique débatteur et entendra tout argument digne de poids). A mon sens la psychologie à déjà fait ses premières armes et démontré que son approche est intéressante pour expliquer certains comportements individuels, tout particulièrement lorsqu’elle se lie avec la neurologie dans les sciences cognitives. En revanche, je suis moyennement convaincu par une approche strictement psychanalytique, car si celle-ci était révolutionnaire au temps de Freud, j’ai l’impression que le domaine de la psychologie à énormément évolué depuis (notamment en science cognitives), au point que son interprétation des faits ait, si je peu me permettre l’expression, prit “un coup de vieux”. C’est d’ailleurs souvent ce qui arrive aux “méta-science”.

Et c’est là qu’on en revient à a différence de complexité entre Eros et Thanatos. Non pas que c’est l’idée qui soit complexe, mais le phénomène tel qu’il est décrit par une approche cognitive. Je vais pour cela revenir sur le circuit de la récompense, que j’ai éludé trop rapidement.

Il s’agit d’un circuit neuronal, caractérisé par des boucle d’informations. Celles-ci sont stimulées en continu par les actions d’un individu et son environnement. Plus ces boucles sont activées, plus la sensations de plaisir va être importante. Celle-ci va se faire via la libération de neurotransmetteurs (tels les endorphines ou la dopamine) puis diffuser dans le corps via des circuits hormonaux. Une des conséquences est une baisse du niveau de stress, et une accoutumance. Celle-ci nait d’un renforcement des boucles d’informations.

En bref, plus le circuit est stimulé, plus celui-ci commandera d’être stimulé. La question est de savoir ce qui le stimule. Premièrement toutes les actions qui régissent les besoins d’une éspèce ont tendance à stimuler le circuit de la récompense : sommeil, nourriture, sexualité, liens sociaux, ect… L’évolution fait bien les choses et on comprends vite que si survient défaut d’activation du circuit de la récompense lors de ces action, l’individu concerné sera vite sélectionné.

On peux en outre le perturber grâce à des drogues, qui ont la particularité d’activer le circuit de la récompense à des niveaux rarement égalés (créant une dose de plaisir très forte ainsi qu’un niveau d’accoutumance important). C’est assez simple à comprendre : les drogues sont généralement des pseudo neurotransmetteurs de synthèse.

Je suppose que vous avez reconnu là l’Eros, que je n’ai jamais remit en question. Peut être l’ais je expliqué trop rapidement, mais le fait est que d’un point de vue cognitif (j’ai rajouté un peu d’évolution) le circuit de la récompense est extrêmement simple. Ainsi il existe chez quasiment toutes les espèces doté d’un cerveau.

Pour ce qui est du thanatos, si j’ai bien compris la notion, il s’agirait de la recherche de stimuli qui seraient opposé à l’Eros, comme la douleur, la violence ou un concept, tel la mort. D’un point de vue cognitif, certains de ces comportement sont expliqués, tel l’addiction au sport extrêmes. Mais cela devient plus complexe.

En effet, le circuit de la récompense intervient encore. Comme toujours lorsqu’on a addiction. Le sport extrême va induire des stimuli qui mettent le circuit de la récompense aux abois, tel l’hormone adrénaline. Celle-ci est très utile d’un point de vue de survie, elle accélère les battement du cœur et “chauffe” les muscles, mais elle réduit la stimulation du circuit de la récompense, au point d’induire un malaise (le stress). D’un point de vue de survie, cela va conduire l’individu à chercher à faire cesser ce stimuli désagréable (s’il est opposer à un prédateur, il va fuir, et son organisme est déjà préparé à cette action). Et lorsque celui-ci s’arrête, le circuit qui n’a pas été sollicité pendant tout ce temps reprends son court normal, entrainant une grande différence de “circulation d’information” entre l’état de stress et le moment de retour au calme, ce qui induit une grande euphorie en général.

Certains vont tellement solliciter ce cycle de froid/chaud qu’il va finir par y avoir accoutumance à ce nouveau cycle, ce qui peux donner une impression de pulsion de mort (le Thanatos). Mais c’est bien une pulsion de vie (réelle) qui induit cette interprétation. On peux classer aussi des phénomène incongru socialement, comme la scarification, dans cette catégorie. La dépression nait parfois de trouble du circuit de la récompense (défaut de production d’un neurotransmetteur).

Mais la plupart des pulsions de mort font intervenir des circuit différents, et parfois uniques d’un individu à l’autre. Ceux-ci ne sont pas innés comme le circuit de la récompense, mais ont été crée avec le temps, renforcés suite à l’expérience et la répétition de la stimulations de ces canaux, au point de devenir habituels pour les individus donnés. En outres les mécanismes mémoriaux interviennent souvent, et ceux-ci sont neurale-ment très complexes (le circuit de la récompense est parfaitement connu depuis longtemps, alors que les mécanismes mémoriaux sont encore à l’étude aujourd’hui).

Bref, il y a une grande différence de complexité entre LA pulsion de vie (car c’est toujours le même circuit qui est activé) et LES pulsions de morts, qui naissent d’un très grands nombres de circuits différents, même si souvent ceux-ci convergent vers le circuit de la récompense. Mettre sur le même plan Éros et Thanatos est selon moi une erreur, car il y a clairement une dissymétrie de complexité, et donc des interprétations qu’on peux en tirer. On le comprend parfaitement quand on vois qu’un ver de terre va chercher a solliciter ses pulsions de Vie, alors qu’il ignore totalement ce qu’est la mort.

Je conclurait rapidement après cette immense tartine qui j’espère est digeste malgré tout. Comprendre d’où naissent les pulsions violentes (qui existent) est intéressant. Mais celle ci sont le fait d’individus. Si la psychologie peux permettre comment la société peux induire des faits psychologiques (conditionnement social, voir contrat social), j’ai plus de difficulté à voir le lien inverse. Une entité sociale n’est en effet pas uniquement le fait des individus qui la compose, mais de l’ensemble des individus qui les ont précédés a sein de cette entité sociale, et mêmes de interactions passées de cette entité sociale avec d’autres. Hors, la guerre est une interaction entre entité sociales, et non pas entre la somme des individus qui la compose.

Une approche psychologique me semble donc limité à pouvoir comprendre comment les individus peuvent l’accepter, ou peut être à retrouver les conditions archaïques de celle-ci. Mais avec un tel degrés d’éloignement (la proto-guerre n’avait peut être rien a voir avec notre éspèce, tel l’intimidation des mâles entre eux façon gorille), cela sera très dur à reconstituer par cette seule approche.

A password will be emailed to you.