Post has published by Maxsilv
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Végèce n’a jamais préconisé un retour à l’organisation générale des légions au IIème siècle ou leur répartition appropriée sur la carte. Son propos était purement au plan tactique : entraînements individuel et collectif, déplacements et bataille dans le cadre simple de deux armées se rencontrant en campagne.

Je sais bien (j’ai bien compris ton dossier 😉 ), mais le fait est que les effectifs militaires ont bien augmenté par rapport à l’époque du Haut Empire. Ainsi, sous Constantin l’armée est un véritable gouffre financier ! Dès lors, quand on doit financer 450 000 soldats, on ne peut pas y mettre la même qualité qu’avec 300 000 et on opte pour un système offrant un meilleur rapport qualité/prix. Dans pareil contexte, il me semble difficilement envisageable de reprendre ne serait-ce que sur le plan tactique le système manipulaire ou même d’atteindre le haut degré d’entraînement des légions d’Auguste et ses successeurs. Par exemple, la bataille d’Andrinople (où trouve la mort un empereur d’Orient en 378) sonne définitivement le glas de cette notion de légion, impliquant notamment de miser beaucoup plus sur la cavalerie. L’infanterie y perd son rôle central, jusqu’au XIVe siècle serait-on même tenté de dire hâtivement, mais c’est bien évidemment une limite moins nette. Dès lors, les propos de Végèce me semblent plus représentatifs d’un idéal que de la réalité.

Tu peux bien, si cela te chante, adopter la terminologie germanique pour désigner les auteurs de la chute de l’Empire d’Occident mais ne t’y trompe pas : sous ses apparences objectives et quasi-banalisées, c’est aussi lourd de connotations idéologiques que l’expression généralement utilisée.

Je prends ici le terme en lui-même, qui est plus juste avec « migrations » qu’« invasions ». En effet, à l’origine, on a un déplacement vers l’Ouest des peuples germaniques, poussés par un afflux de peuples venus des steppes, suite à la montée en puissance des Huns. Ainsi, à l’origine, ce sont quelques centaines de milliers de personnes qui cherchent refuge dans l’empire romain. Les difficultés commencent véritablement au moment de la cohabitation à l’intérieur de l’empire, mais leur implantation, paradoxalement, s’était faite avec le soutien impérial (voire à son initiative).
Cependant, il y a fort à parier que dans les décennies à venir on se tournera vers un terme moins connoté, dans un soucis de consensus. Le fait est que pour l’instant, la notion de « grandes migrations » me semble la plus proche de la réalité ; en tout cas beaucoup plus que cette idée d’ « invasions ».

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