Post has published by Saganami
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    Voilà un sujet que j’adore, même si comme Vauban, je pense que l’on ne peux parler de guerre, voir même de civilisation pour les hyménoptères (la famille des fourmis, incluant également les abeilles, guêpes et associés). Comme l’a fait remarqué RoyTheLupus, Weber a largement romancé ses Romans, car une de ses marottes, c’est l’utopie, et il s’est donc amusé à utiliser les fourmis pour créer sa société. Cela est d’ailleurs souvent vrai pour tout ses romans.

    Une des première chose à savoir, c’est qu’individuellement, une fourmi est complètement idiote. La question se pose même de savoir si elle possède la moindre part de comportement acquis (impliquant mémoire, apprentissage et utilisation de ces connaissances non instinctives). Ainsi, faire l’analogie entre fourmi-fourmilière et homme-civilisation relève simplement d’une presque illusion. Une meilleur analogie serait le lien qui existe entre cellule et organisme. Une cellule ne pense pas et ne crée pas d’Empire avec ses semblables…

    Une des question est de savoir comment ces espèces font pour s’organiser de manière collectives. Elles utilisent principalement les phéromones (agents de communications inter-individus de nature olfactive). Mais il est trompeur d’assimiler cela à un langage. Chez les fourmis, tout est automatique :

    – Je me déplace, je pose une piste de phéromones.
    – Je trouve de la nourriture, je suis la piste de phéromone en sens inverse
    – Je croise une piste de phéromone… Je la suit !
    – Ma piste odorante s’additionne avec celle qui existe, renforçant le pouvoir attractif de celle-ci
    Et en quelques heures, par ces simples trois mécanismes, la fourmilière a crée une route jusqu’à la source de nourriture…

    D’ailleurs, la simplicité de ces algorithmes en comparaisons à l’incroyable variété de comportement sert d’inspirations aux sciences cybernétiques et aux programmes informatiques avancés.

    Quand à la guerre chez ces espèces, il s’agit plus de compétition territoriales ou de prédation. L’immense majorité des fourmis ne faisant aucune distinction entre des fourmis de même éspèce mais d’une autre colonie ou leurs proies habituelles. Seule les fourmis d’Argentine ont adopté un comportement tout particulier lors de leur importation accidentelle en Europe : elle considère toute fourmis de leur éspèce comme une fourmi de leur colonie. Ainsi, elles ont formé une super-colonie, qui s’étend du Sud de l’Espagne jusqu’à Rome ! Un sacré Empire, mais un désastre écologique incroyable : ces fourmis n’ont aucune rivales et prennent leur rôle écologique d’insecticide naturel un peu trop a cœur… Ce comportement serait un simple phénomène d’adaptation à un changement d’environnement. Il existait d’ailleurs très probablement avant leur importation, mais est en veille dans leur pays d’origine.

    Et puisque vous parlez de termites sachez que ces insectes sociaux n’ont rien a envier aux fourmis en terme d’adaptation et de comportements collectifs. Et pour cause, cette famille d’insecte est encore plus vieille et également adapté à un nombre très important d’environnement.

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