Post has published by Von_Clausewitz
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Bien loin de moi l’idée de faire l’hagiographie du haut-commandement français au début de la guerre, mais il me semble que prédomine encore l’idée d’une caste d’incompétents qui n’avaient rien voulu voir des évolutions de la guerre et n’avaient en tête que l’offensive à outrance sans voir les dégâts du feu.

Quant au statu quo sur le front occidental, je pense qu’il faut replacer ce phénomène dans la conduite stratégique globale de la guerre. En effet, Joffre, à la fois commandant en chef des forces armées françaises sur le théâtre principal, et conseiller militaire de facto du gouvernement, ne peut pas limiter son raisonnement au Nord et Nord-Est de la France. Il perçoit la situation dans sa globalité, c’est à dire : les Puissances centrales sont encerclées par la France, la Russie et ensuite l’Italie, et ont abandonné toute idée de contestation de la maîtrise des mers des Alliés. On touche là à une notion, ou plus certainement à LA notion fondamentale de la Grande Guerre, largement ignorée : l’interaction permanente entre les théâtres d’opérations occidental et oriental. Face à un ennemi (fin 1914 et pour l’année 1915) qui est dans une situation de libre utilisation de ses lignes intérieures pour manœuvrer et transférer ses efforts, Joffre envisage de fixer un maximum de grandes unités ennemies sur le théâtre occidental, dans le but d’interdire à Falkenhayn d’exploiter les succès obtenus à l’Est face aux Russes, en particulier en Pologne. Partisan de cette stratégie d’usure (on lui reprochera d’ailleurs à l’époque), Joffre n’adopte que par la suite une stratégie recherchant la percée du dispositif ennemi, sans prendre en considération les avertissements et les analyses de Foch, et surtout de Pétain.

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