Post has published by jeremieds
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1 : La 1ère campagne

Une grande partie des récits des campagnes de Thoutmosis III ont été gravées sur le mur dit « des Annales » au temple d’Amon à Karnak composé de 225 lignes de 25 mètres chacune. Ce qui nous permet de reconstituer avec plus ou moins de précisions une partie de ses campagnes. A peine devenu Pharaon, Thoutmosis III va reprendre la politique d’expansion de son père. Bien qu’il semble avoir mené quelques campagnes sous la régence d’Hatchepsout, ce n’était alors rien de plus que des razzias visant à soumettre quelques bédouins turbulents, rien de sérieux donc, du moins pour l’instant.


le mur des Annales à Karnak.

La 1ère campagne sera déclenchée en -1457 par une révolte des seigneurs de Syrie et de Canaan, la coalition est menée par le Prince de Qadesh et soutenue par le royaume du Mitanni. Thoutmosis doit donc réunir une armée en toute hâte en effet, même si l’Egypte possède une armée professionnelle elle est surtout cantonnées au fort protégeant les frontières, en cas d’urgence comme alors, le Pharaon réunis des professionnels mais aussi et surtout des conscrits, recrutés parmi les paysans et les artisans, entrainés et équipés en hâte puis envoyés au combat. Le Pharaon réunis donc une armée de 10’000 soldats en quelques jours. Thoutmosis prend la tête de ses troupes vers le début du mois de mai -1457 et part en direction de Gaza, l’armée couvre les 300 km qui la sépare de la ville en à peine 10 jours ! Une rapidité qui sera un atout pour l’Egypte. Une fois à Gaza l’armée y cantonne pour se réapprovisionner, puis dès le lendemain repart en direction de Yehem, ville située au pied du Mont Carmel, c’est là que Thoutmosis apprend, par le biais de ses espions, que l’armée ennemie se trouve alors à Megiddo, une des principales villes de Palestine, qui se situe à peine à 30 km au nord de sa position. A ce moment 2 possibilité s’offrent au jeune Pharaon, soit contourné le Mt Carmel par le sud ou alors passer par l’étroite passe d’Arouna. Si le 2ème chemin est le plus court il est aussi le plus dangereux car l’armée serait alors exposée aux embuscades. Malgré une armée éreintée et contre l’avis de son état-major le pharaon décide de passer par la passe d’Arouna, choisissant le chemin le plus dangereux, mais aussi celui que son ennemi est loin de se douter qu’il prenne. Des heures durant les 10’000 soldats égyptiens marchent en file indienne totalement exposé aux embuscades qui pourraient sans problèmes être fatale à l’armée de Thoutmosis. Seulement voilà le prince de Qadesh qui dirige la coalition ne surveille que le chemin du Sud espérant surprendre les égyptiens, lorsqu’il apprend par ses espions que l’armée égyptienne à emprunter le passage d’Arouna il fait lever le camp en vitesse et retourne à proximité de Megiddo. Quand l’armée de Thoutmosis débouche devant la ville au soir, l’armée syrienne campe devant la ville, les égyptiens monte alors le camp sur une colline. La nuit tombe et les 2 armées se font désormais face…

Le lendemain à l’aube, peut-être le 15 mai, Thoutmosis range son armée en ordre de bataille. L’aile sud s’établit en bordure du ruisseau de Qina, l’aile nord au nord-ouest de Megiddo et le Pharaon se place au centre avec ses chars. La coalition syrienne se place en face des égyptiens. L’infanterie égyptienne attaque les ailes des syriens sous les tirs des archers des 2 camps, l’infanterie égyptienne prenant l’avantage Thoutmosis III, accompagné de ses chars, charge en personne le centre du dispositif syrien, provoquant la débâcle totale des troupes de la coalition qui refluent dans le plus grand désordre vers Megiddo. Les portes de la ville étant fermées, la garnison de Megiddo hissera les survivants à l’aide de cordes. Hélas pour Thoutmosis, son armée, trop occupée à piller le camp adverse et les cadavres ne tentera même pas de prendre la ville, privant ainsi le Pharaon d’une victoire parfaite. Ce dernier devra donc mettre le siège sur Megiddo, les égyptiens n’ayant pas beaucoup d’expérience dans les assauts de ville fortifiée, Thoutmosis préfèrera affamer l’ennemi, il fait creuser des fossés autour de la ville et attend. Après 7 mois de siège les coalisées se rendent enfin, accordant ainsi à Thoutmosis III une victoire des plus glorieuses. En effet il n’obtient pas seulement la reddition d’une ville, mais de 150 cités de Canaan et du sud de la Syrie !!! Il s’assure ainsi le contrôle d’une vaste région du Proche-Orient, il reçoit également de très nombreux et fastueux cadeaux de Babylone, des hittites et de bien d’autres régions encore.
Accompagnés de son butin et de son armée Thoutmosis III rentre en triomphe en Egypte et est acclamé par son peuple. Mais sa victoire ne fait pas que des heureux, en effet le royaume du Mitanni qui soutenait la coalition syrienne craint la puissance renouvelée de l’Egypte, la paix en Orient n’allait pas durer bien longtemps…

2 exemples de fantassins égyptiens.
Archer égyptiens.

Char égyptiens

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Sources:
– Atlas du Monde Biblique aux éditions Larousse.
– Les 1001 batailles qui ont changé le cours de l’Histoire aux éditions Flammarion.
– Wikipédia.

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