Post has published by lucdelgames
Participant
Posts1392
Member since: 12 avril 2012

I. Philippe IV, roi d’une dynastie à son apogée :

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/4/4b/Philippe_IV_le_Bel.jpg/220px-Philippe_IV_le_Bel.jpg

Les Capétiens règnent depuis 289 ans (996-1285) au couronnement de Philippe IV succédant à son père, Philippe III le Hardi qui était le dixième de la dynastie.

Philippe IV est l’un des grands représentants des Capétiens et conduit cette dynastie à son apogée. Il monte sur le trône à l’âge de dix-sept ans suite au décès de son père peu après la désastreuse «croisade» d’Aragon. Dirigeant un royaume de 15 millions d’habitants, il en fera la première puissance d’Occident et on peut affirmer qu’il a mené la France à l’une de ses premières apogées.

Selon de nombreux témoignages, sa beauté et sa splendeur lui valent le surnom de « Le Bel». Cependant, le surnom qui lui vaudra l’immortalité est celui de «roi de fer».
Personnalité peu parlante, le souverain va appliquer ce principe : «Rex in suo regno imperator est» : «Le Roi est empereur en son royaume». Avec lui, le roi de France devient, à l’intérieur du royaume maître et souverain de l’ordre temporel, sans aucune limitation de son autorité même venant du Souverain pontife (ce qui ne l’empêche pas d’être un chrétien fervent et sincère). A l’extérieur de son royaume, l’idée d’un empire chrétien multinational est remplacée par celle de l’hégémonie d’une puissance, dont Bouvines en 1214 a éveillé le sentiment national, la France.

Il renforce le pouvoir royal et s’attaque aux privilèges des grands seigneurs féodaux par l’exercice direct de la justice royale. Il se marie avec Jeanne de Navarre (qu’il aimera jusque dans la tombe) avec qui il aura sept enfants (trois n’atteindront pas l’âge adulte). Ce mariage unit alors les couronnes de France et de Navarre.

Le Roi de Fer mène aussi guerres et intrigues pour accroître ses terres. Lyon, la Champagne, le Barrois, le comté de Bourgogne tombent dans l’escarcelle du royaume des lys. Néanmoins, les deux grands conflits armés du règne sont la guerre franco-anglaise d’Aquitaine et la guerre de Flandre. Le premier, contre Édouard Ier, se solde par une victoire française. Bien qu’il rende le duché d’Aquitaine au Plantagenet, le Capétien obtient de lui qu’il épouse sa fille et qu’il conclue une alliance franco-anglaise. On peut supposer que l’esprit calculateur du Bel voyait en ce mariage un moyen de mettre des princes français sur le trône de Guillaume le Conquérant. Nous verrons ce que l’Histoire en fera…..

Contre les Flamands, en 1302, les Français essuient une défaite monumentale à la bataille de Courtrai, dite des «éperons d’or», parures des chevaliers français que les Flamands récupèrent pour en orner la cathédrale de la cité. Deux ans plus tard, Philippe le Bel prend sa revanche à la fois sur mer à Zierikzee et sur terre à Mons-en-Pévèle. Vaincue, la Flandre cède Lille, Douai, Béthune et subit une occupation militaire alors que ses comtes redeviennent vassaux du Roi.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/5/54/Bataille-de-Mons-en-P%C3%A9v%C3%A8le.jpg/260px-Bataille-de-Mons-en-P%C3%A9v%C3%A8le.jpg

Philippe IV le Bel à la bataille de Mons-en-Pévèle. C’est la victoire personnelle du Roi, plus stratège que guerrier qui commande en personne en première ligne.

Philippe IV s’entoure de conseillers précieux tels que Pierre Flotte, Guillaume de Nogaret ou encore Enguerrand de Marigny qui connaissent les valeurs du royaume ainsi que le droit romain et les lois. En outre, il peut s’appuyer sur sa famille : son frère Charles de Valois, grand militaire mais aussi ses fils Louis (son héritier), Philippe et Charles, souvent obligé d’assister au conseil royal.

http://www.histoire-france.net/img/pages/philippe/heritiers.jpg

Philippe en conseil avec sa famille

Philippe représente donc la loi et affirme obtenir un pouvoir absolu en son royaume. Grâce à ses légistes, la monarchie passe du stade de suzeraineté à celui de souveraineté et préfigure (déjà) la monarchie absolue.

Il crée ou améliore trois institutions :
-Le Grand Conseil chargé des affaires politiques qui comprend hauts personnages de l’État, des membres de la famille royale ….
-Le Parlement, une cour s’occupant de la justice auquel le Roi donne le premier règlement général. Fixé à Paris, c’est de cette institution dont sont issus les meilleurs légistes et ministres du Roi de Fer.
-Le Trésor pour les affaires financières, la gestion des taxes sous la responsabilité de bourgeois nommés par le Roi.

Pour trouver l’argent nécessaire à de nombreuses réformes qu’il veut mettre en place, Philippe IV lève les premiers impôts royaux. Mais une nouvelle taxe, la décime, qui frappe le riche clergé rend le pape Boniface VIII furieux. Mais, il est hors de question que le pape intervienne dans les affaires du royaume, cela pourrait nuire à l’unification du royaume et à l’adhésion de ses sujets dans sa politique.

Le Roi ouvre alors les premiers États Généraux réunissant les trois «ordres» du royaume à Notre-Dame de Paris, le 10 avril 1302, il tient donc compte de « l’opinion publique» et devant près d’un millier de personnes, il rappelle qu’il tient sa couronne de Dieu et non du Pape ! C’était quasiment la naissance du gallicanisme.

http://www.france-pittoresque.com/IMG/jpg/Etats-Generaux-1302.jpg
Timbre représentant les États Généraux de 1302

Le 5 juin 1305, Philippe IV le Bel fait élire un pape français, Clément V , qui s’empresse de s’installer en Avignon. Avec ce pontife-là, les relations entre la France et la Papauté redeviennent amicales. Qui plus est, les rois de France se réjouiront de longues années de la proximité entre Paris et Avignon.

En 1307, Philippe, toujours en recherche d’expédients s’attaque, alors, à l’ordre du Temple et s’empare de ses richesses…

A password will be emailed to you.