Post has published by Solduros_390
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    Antiochos Soter (281-261)

     

    Statère d’or représentant le roi

     

    Lorsque Antiochos 1er parvient au pouvoir, il a plus de la quarantaine et une dizaine d’années d’expérience de gouvernance. Cependant, il doit faire face dès son accession au trône à plusieurs menaces. Tout d’abord, une révolte éclate en Syrie, un des cœurs du pouvoir. On est peu documenté à son sujet, mais il est probable que Ptolémée Philadelphe ait semé des troubles dans cet empire qui peut lui faire de l’ombre. L’empereur doit ainsi se concentrer sur l’extrême orient méditerranéen, sans pouvoir se concentrer sur l’Asie mineure où réside la deuxième menace.

    On a vu que Seleukos avait vaincu Lysimaque et qu’il voulait recueillir son héritage. La mort l’en avait empêché ; il revient maintenant à son fils de le faire. Face aux désirs d’autonomie et de protection des cités de l’ouest anatolien, les Séleucides peuvent leur offrir les deux. Ainsi, tout le monde y gagne : la paix et le commerce sont assurés. C’est sans compter les appétits lagides qui s’emparent de plusieurs cités en Carie, Cilicie et Lycie. Les successeurs de Seleukos devront désormais faire front sur plusieurs points de leur empire. D’autant plus que le nord ouest de la Turquie actuelle n’était pas pressée de rentrer dans le giron d’Antiochos.

    Lorsque ce dernier arrive enfin en Asie mineure, la Bithynie s’est révoltée et alliée à quelques cités des détroits. Après des débuts chaotiques, les Séleucides semblent l’emporter. Antiochos passe une alliance avec Antigonos Gonatas, le nouveau roi de Macédoine qui vient de repousser l’invasion celtique qui menaçait la péninsule hellénique. C’est le début d’une longue amitié entre les deux dynasties. Après cela, il ne reste plus qu’à marcher contre les rebelles. Quand soudain en désespoir de cause, Nicomède, le roi de Bithynie, fait appel à ces soldats celtiques que l’on appellera désormais Galates. Il les utilise pour se débarrasser de son frère qui lui fait de l’ombre et pour créer un écran entre lui et les Séleucides.

    Ces derniers sont dans l’obligation de réagir. En effet, ils ne peuvent laisser les Celtes s’emparer de terres leur appartenant et ainsi, constituer une menace sur leur front ouest. Antiochos prévoit donc de les affronter. Vers l’an -276 (on n’est pas sûr de la date), son armée fait face aux Galates. Les Hellènes sont terrorisés par les chars et la stature des Celtes dont la réputation n’est plus à faire. Le basileus lui-même craint cette confrontation, mais il détient un atout de taille dans sa manche. Lorsque les cavaliers et les chars des Galates s’élancent, le Séleucide sort son arme secrète : huit éléphants qu’il a répartis aux ailes et qui mettent en déroute les chevaux ennemis. Les fantassins adverses n’en mènent pas plus large, n’ayant jamais vu de telles bêtes. La victoire est totale et les Celtes sont repoussés. Ils resteront désormais dans une région qui portent encore leur nom : la Galatie.

    Fort de ce succès, Antiochos se voit attribuer l’épithète de soter, le sauveur. Malheureusement pour lui, à peine vient-il de triompher qu’un autre danger se profile à l’horizon. Le roi de Cyrénaïque, Magas, qui est le beau-fils par alliance de Ptolémée 1er, veut se rendre indépendant de l’Egypte. Pour se faire, il épouse une princesse séleucide, Apameia/Apamée et déclare la guerre à Ptolémée 2. S’étant allié à la Cyrénaïque, Antiochos se doit d’intervenir pour soutenir Magas. Seulement, deux épisodes vont en décider autrement. D’abord, des nomades vont menacer les arrières du roi de Cyrène, ce qui le contraint à rebrousser chemin. Ensuite, des mercenaires galates vont se mutiner contre Ptolémée et rendre impossible une quelconque défense ; Antiochos n’a même pas à intervenir. Quant à Magas, il conserve son trône jusqu’en -250. Ironie de l’histoire, le conflit se règle sans une seule goutte de sang. Il n’en sera pas de même par la suite.

    Suite qui intervient à peine un an après… avec ce que les historiens appellent la première guerre de Syrie. Cette dernière est très mal connue et il faut plus supposer qu’affirmer. On sait tout au plus qu’elle commence en -274 avec un raid ptolémaïque en Babylonie (vous avez dit guerre de Syrie…) qui est finalement repoussé. On pense qu’ensuite, le Séleucide marche contre Damas en -273. Après cela, c’est le flou total jusqu’en -271, date de la paix que les deux parties célèbrent comme une victoire. (Ne pas perdre revient pour eux à gagner).

    Les dix dernières années du règne sont encore plus mal connues que les dix premières. On sait juste qu’Antiochos se rend en orient et qu’il substitue Antiochos 2, son cadet à Seleukos, son aîné dans le gouvernement de quelques satrapies. En outre, Seleukos semble avoir été assassiné (le début de la réputation de la dynastie…). A côté de ça, le grand drame de l’empire se joue dans ces années. Eumène, roi de Pergame en -263 décide de se rendre indépendant de son souverain. Antiochos réagit évidement mais son armée est vaincue à Sardes. La Mysie n’appartient plus à l’empire séleucide. Le basileus ton basileon ne survit pas à cet échec. La mort l’emporte en -261.

    UlysseSLee, il s’agit en effet d’un des 10’000 mariages qu’Alexandre fit célébrer à Suse en -324. La ville de Laodicée que je mentionne est en Syrie et non en Asie mineure, même s’il est à peu près certain qu’il y en ait eu en Anatolie. Pour répondre à ta question, Seleukos nicator donne les noms de : lui-même (Séleucie), de son fils/père (Antioche), de sa femme (Apamée) et de sa mère (Laodicée) à ses villes. Elles essaimeront partout dans l’empire comme les Alexandrie avant elles.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 4 mois et 1 semaine par  Solduros_390.
    • Cette réponse a été modifiée le il y a 2 semaines et 6 jours par  Solduros_390.
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