Post has published by kymiou
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    Member since: 20 juillet 2013

    Merci pour vos approbations mais dès lors, ne vous plaignez pas si je vous en remets une petite couche.

    Les considérations géographiques conditionnent les croyances. Dans la dure et instable vallée mésopotamienne, par exemple, les dieux sont du genre capricieux, aboyeurs et volontiers sadiques à l’image des maux qui frappent ses habitants.

    La régularité quasi chronométrique des cycles sur le Nil induit des dieux bienveillants et consciencieux. Il leur arrive de piquer leur crise, évidemment mais dans l’ensemble, on leur fait confiance. Quand les prêtres de Khnoum, gardien des sources du Nil, versent de l’eau devant sa statue, c’est moins pour l’implorer d’ouvrir les vannes que pour lui rappeler que c’est le moment.

    De tels dieux admettraient sûrement que les mortels trouvent un heureux séjour après leur trépas, mais comment procéder ? On en arrive au schéma suivant : des rites appropriés pourraîent sûrement faire de Pharaon un dieu après sa mort, un dieu qui veillerait à caser chez Osiris ceux qui auront vécu sous son règne. C’est ainsi qu’avec le temps, on en arriva au tombeau à pyramide. Pour la population, le marché est simple : “Majesté,NOUS te faisons ton tombeau, TU deviens dieu et en échange, TU assures NOTRE félicité éternelle”.

    Et c’est ainsi que ces gens qui, quelques décennies plus tôt, vivaient à la néolithique entre leurs champs, leurs parties de chasse et leur canne à pêche se retrouvent en pleine révolution sinon industrielle, du moins artisanale.

    Il faut des pierres, donc des outils de cuivre et des traînaux de bois. Le cuivre vient du Sinaï, le bois de Byblos. Il faut développer la marine. Pour les rampes d’accès en briques crues, on monte des manufactures et on les fournit en argile et en paille. Penser aussi aux cordes, des kilomètres de cordes, les meilleures en lin, les autres en papyrus. Cela exige des cultures, des cueilleurs, des transporteurs et des tordeurs. N’oublions pas le cuir et voici les bourreliers et les cordonniers sans compter les chevriers et les bouviers. Tiens à propos des boeufs, les haleurs de pierres, sur les rampes, en ont l’usage un peu comme bêtes de somme, beaucoup comme steaks bien protéïnés. On ne nourrit pas des travailleurs de force avec de la purée de légumes. C’est sans compter avec le poisson, la volaille, la bière…

    Un chantier de pyramide consomme une quantité d’eau colossale et pas seulement pour boire. Un traîneau ne glisse sur la rampe que si l’on mouille l’argile au rythme d’un litre au mètre courant. La rampe fait 600 coudées ? Il faudra 300 litres d’eau pour une seule pierre et il y en a des centaines de milliers. Les poteries ne s’en plaignent pas.
    Je pourrais continuer avec l’énorme encadrement de scribes, géomètres, prêtres, mais je suis déjà trop long.

    Comme on vient de loin pour participer aux travaux, c’est un pays entier qui se mobilise et est payé pour çà. Pas d’esclaves chez le Pharaon. Et cela au moment où, partout ailleurs dans le monde, les civilisations avancées sont à l’échelle d’une ville, parfois une province.

    La supériorité égyptienne au milieu du IIIème millénaire est totale. Cela changera par la suite mais c’est une autre histoire. Merci de votre patience. Moi, quand je me lance… 😉

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    A l'inverse du généraliste, le spécialiste est celui qui en sait toujours plus sur un sujet de plus en plus restreint. Le spécialiste parfait est donc celui qui sait absolument tout sur absolument rien.

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