Post has published by Ambarequiem
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    L’idée de l’héritage du choc de masses que Victor David Hanson défend semble selon moi avoir des fondations solides, dans la construction de la vision de la chose, du moins sur les points essentiels du déroulement des batailles.

    Je me méfie des thèses de Hanson qui n’ont pour but que de raccrocher les USA aux wagons de l’histoire. Il traite de la bataille dans l’antiquité classique qui est différente de celle du Moyen-Age, ne serait-ce que parce que le système de combat des Grecs est autour du fantassin lourd, quand le système de combat médiéval est construit autour du cavalier lourd, et le combat à cheval possède des caractéristiques qui ne le rendent pas comparable au combat à pied, et des possibilités de fuite qui le rendent souvent peu décisif.

    ici un cavalier, là un homme de pied se livrent volontairement aux fers, craignant d’être frappés de mort plus encore que de vivre dans les chaînes”
    “Jacques d’Arras, bourgeois de Valenciennes, et deux chevaliers, eurent en leur garde les serviteurs des prisonniers, qui furent livrés par les gens de Senlis aux prévôts de Paris, Neuholet et Lambéchin de Monthierry.”
    “Roger de Wafïale. Il a été donné au roi des ribauds, parce qu’il se disait à son service.”

    Là tu me donnes des exemples de redditions ou de captures ayant lieu après la confrontation des masses donc. Encore une fois aucunement les sources mentionnées  sont en accord avec tes affirmations ,au contraire.

    Attention, les exemples avaient surtout pour but de montrer que l’on ne fait pas uniquement prisonnier des nobles.

    à la bataille de Béné- vent, « Li Allemant se tiendre moult bien et longuement quar ils estoient bon chevalier et aussi comme tous armez de doubles armes, si que les espées des françois ne les porent empirier ne mal metre. Quant se virent François, si sachièrent petites espées courtes et agues et estroites devant et commencèrent à crier en la langue françoise : “à estoc, à estoc dessous l’esselle”, là où li allemant estoient legieremnt armez7. » Ce changement de tactique entraîna une terrible tuerie, la défaite et la mort de Manfred.

    Cet exemple, tout comme celui de la bataille de Chizé tend à montrer que la tuerie n’est pas la première intention, mais que devant l’impossibilité de rompre la formation, les combattant doivent procéder à un choix tactique qui conduit à la mort d’une partie de leurs opposant. Tuer n’est pas le but de la bataille, tuer n’est qu’un des moyens de la mise hors de combat de l’adversaire, la mise hors combat de l’adversaire étant elle même l’un des moyens de gagner une bataille.

    Voici deux exemples tirés des chroniques de Froissart sur la bataille de Cocherel :

    • Messire Jean Juviel, par qui la bataille commença, et qui premier moult vaillamment avoit assailli et envahi les François, y fit ce jour maintes grands appertises d’armes, et ne daigna oncques reculer, et se combattit si vaillamment et si avant qu’il fut durement blessé en plusieurs lieux au corps et au chef, et fut pris et fiancé prisonnier d’un écuyer de Bretagne dessous monseigneur Bertran du Guesclin : adonc fut-il porté hors de la presse.
    • Là eut grand boutis des uns et des autres ; et tolloient l’un l’autre, par force de bras et de lutter, leurs lances et leurs haches et les armures dont ils se combattoient ; et se prenoient et fiançoient prisonniers l’un l’autre ; et se approchoient de si près que ils se combattoient main à main si vaillamment que nul ne pourroit mieux.

    Ces deux exemples montrent que les prisonniers sont faits pendant la mêlée d’infanterie, et que quant un combat d’infanterie conduit à des rapprochements fort, deux combattants peuvent même se neutraliser mutuellement en se faisant prisonnier. Imagine deux combattants par terre, chacun la dague sur la gorge de l’autre et qui attendent de savoir quel camp arrive à progresser au dessus d’eux pour savoir qui ramasse le prisonnier.

    On peut ajouter en bonus le commando constitué tout spécialement pour mettre la main sur le Captal de Buch et qui vont le chercher à cheval au milieu de la mêlée, l’encerclent et l’enlèvent littéralement du champ de bataille. La prise du chef peut s’avérer maîtresse dans un combat serré.

    Tu affirmes que la capture d’un soldat en bataille rangée via la tentative de chute de rangs s’était favorisée et favorable à sa mort ou à sa neutralisation via des assauts aux points faibles de son armure, ou des tentatives de le faire chuter pour simplement lui briser les os, sous les coups ou le piétinement pour le laisser sur le sol se vider de son sang simplement.

    Capturer est toujours favorable à la mort en bataille, tu immobilises un combattant momentanément, et un capital à plus long terme. La capture d’un comte ou d’un roi crée un trou de plusieurs millions dans sa trésorerie, s’il meurt simplement sur le champ de bataille, son héritier prend la suite, et il n’a rien à payer. Du point de vue de celui qui fait le prisonnier, c’est pareil, sur un mort, tu prends au mieux une armure, un cheval et des liquidités s’il va au combat avec une bourse. Sur un vivant, tu peux prendre la même chose, et quelques centaines ou milliers de livres en plus. La chute des combattant est généralement ce qui arrive en première intention dans les combats, notamment du fait des protections individuelles.  Les assauts aux points faibles de l’armure sont difficilement praticable dans une formation de combattant d’infanterie ou celui qui essayerait d’aller en première intention glisser une dague dans les œillères d’un heaume s’expose à être mis hors combat par les camarades de son adversaire auxquels il présente ses flancs.

     

     

     

     

     

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