Post has published by mongotmery
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    Il convient de rappeler que la logistique est une fin et non un moyen: une armée sans munitions ni essence, mais sans opposant peut réaliser les mêmes objectifs d’occupation du territoire, qu’une armée très bien dotée, mais ayant un opposant à défaire. Avec ceci à l’esprit, on peut comprendre la décision d’abandonner le planning initial du SHAEF, qui prévoyait de se reconstituer sur la Seine: si l’ennemi fuit, il vaut mieux occuper le territoire que de lui laisser le temps de s’y réorganiser. D’autant plus si le territoire est celui d’un pays allié.

     

    Par rapport aux objectifs logistiques à proprement parler, l’occupation de la Bretagne est un sujet à débat: certes, disposer des ports de Saint Nazaire, de Brest, Saint Malo et Lorient parait intéressant sur le papier. Mais dans la réalité, les mêmes limitations qui s’appliquent aux ports de Normandie s’appliquent à eux:

    Les destructions que les Allemands infligeront aux installations avant de se rendre ou d’être pris
    Le réseau routier et ferroviaire est détruit lui aussi par les différents acteurs
    Point particulier: la Bretagne est excentrée et plus loin du Rhin que la Normandie
     
    Dans ces conditions, perdre du temps et des effectifs susceptibles d’aider à sécuriser des routes secondaires et à réduire les forces combattantes allemandes pour gagner un avantage logistique tout relatif, parait difficile à justifier, d’autant plus dans une situation où les acteurs militaires, qui viennent de percer, veulent leur récompense sous la forme d’une chevauchée blindée, et les hommes politiques veulent une défaite allemande. Coincés là dedans, les décideurs comme Eisenhower ayant en tête les problèmes logistiques ont dû s’incliner, mais l’alternative de prendre la Bretagne n’aurait pas été forcément plus rentable.

     

    Enfin, l’hypothèse de Normann R. Denny aurait peut être entraîné sa conclusion. Mais c’est dans une situation où les Alliés ont le beurre et l’argent du beurre: la logistique et la progression rapide jusqu’au Rhin.

     

    Ce sujet, que j’avais ouvert, est en lien avec celui-ci: les troupes ayant débarqué avec l’opération Anvil Dragoon, ont elles aussi connu des problèmes logistiques, avec une distance à parcourir tout aussi longue, dans un terrain cloisonné par les Alpes et le Massif Central. L’exemple de la 1ère armée française du général De Lattre de Tassigny permet de se rendre compte des problèmes rencontrées, des mesures prises sur l’ensemble du dispositif, mais aussi des expédients qui firent gagner de précieuses marges de manoeuvre.

     

    Pour la situation d’Anvers enfin, il faut noter que l’opération Market Garden fut un facteur de retardement du dégagement des bouches de l’Escaut, entrée fluviale du port et qui, tenues par les Allemands dotés d’artillerie, empêchait tout passage de transport. Canadiens, Polonais et Britanniques libérèrent cette région fin 1944, avant de s’engager en Hollande alors que le Rhin était franchi.

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

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