Post has published by Ambarequiem
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On est bien d’accord que ces distances sont de la pure théorie, qui ne tiennent pas du tout compte de la réalité du terrain?

C’est sûr, s’il y a une bosse devant, le char voit beaucoup moins loin. D’où l’avantage des équipes antichar en milieu cloisonné comme le milieu urbain, ou une zone un minimum montagneuse aménagée avec des tunnels.

Car dans le cas contraire, les missiles antichars verraient leur portée augmenter à ces distances de manière à contrer les chars. Ils en ont la possibilité, le coût en poids serait compensé par l’usage à plus longue portée qui permet de rester plus éloigné de l’infanterie ennemie, et donc qui autorise une escouade plus grande.

Globalement, le fantassin a quand même des possibilités d’observation plus limitées que le blindé (champ de vision plus étroit, matériel moins performant), donc un missile qui tire de plus loin lui est assez inutile, où alors, il devra utiliser des moyens de guidage déportés comme prévu pour le MMP. En plus, pour les missiles plus lourd, il est vraiment plus intéressant de les faire porter par des véhicules ou des hélicoptères.

Au niveau des portées de toute façon, il faut voir que si le char dispose de 4000 mètres, comme cité pour le Leclerc, la précision s’en ressent directement. Tandis que la précision du missile n’est pas liée directement à la portée, mais à l’environnement et au temps de réaction de la cible (qui du coup devient lié à la portée): si l’environnement ne donne aucune cachette au char, et qu’il n’a pas de défenses actives, il est fini.

On parle de chars généralement conçus pour toucher du premier coup une cible de la taille d’un char à 4000 m, c’est vital qu’ils soient précis à cette distance, sinon ils sont détruits. Donc ça m’étonnerai que l’obus HE de 120 tombe assez loin de l’équipe antichar pour qu’elle soit hors de sa zone d’effet, d’autant plus avec les fusée multimodes programmable à l’heure actuelle. A 4000 mètres, la difficulté pour l’équipe antichar tirant un missile SACLOS c’est de laisser le point laser sur une cible qui bouge, et peut bouger très vite, le temps de vol est généralement d’une vingtaine de seconde à 4000 m, largement suffisant pour le char ou pour un autre char de la patrouille de mettre hors de combat le poste de guidage d’un SACLOS et rendre le missile incapable de suivre un changement de direction de sa cible.

il n’a pas de défenses actives, il est fini.

La question des protections actives ne se pose que dans des situations d’emploi des blindés et missiles antichars en asymétrique, ce n’est qu’une partie des cas d’emploi. En conflit symétrique, de tels systèmes me semblent compliqués à utiliser de manière durable. En effet, un char ou un escadron dotés d’APS comme l’Arena ou Trophy, c’est comme si ils avaient une grosse flèche rouge qui clignote au dessus d’eux avec marqué : “on est là” pour les unités de détection électromagnétiques et de renseignement. Dans ce cas de figure, ça se règle à l’obus ou à la bombe de 250 kg. Bien sûr, les systèmes peuvent être éteint, mais un système éteint pour un besoin de discrétion, et le missile peut en profiter, la Royal Navy a perdu quelques bateaux comme ça.

Après, il reste la question de la tenue des APS face aux frappes saturante, qui est déjà le principe d’emploi le plus efficace des missiles antichars. Si au bout de 15 projectiles arrêtés, l’APS est à court de munition, le char encaissera finalement son missile. Le Liban a montré qu’il fallait déjà en moyenne 20 missiles pour toucher un char moderne. Enfin, une tactique basique de neutralisation du système peut reposer sur la destruction des éléments du système non protégés, à l’aide d’un fusil de précision lourd ou d’un canon antiaérien par exemple.

 

La vraie question à se poser, c’est est-ce que les avions et hélicoptères ont effectué des actions rapprochées, contre des cibles mobiles? Il y en a eu, mais après la phase SEAD qui a été appuyée contre des missiles trop vieux, certains tout à fait obsolètes pour des missions contre des avions multirôles.

Il me semble que les Rafale ont commencé l’intervention par la destruction de chars au sol. Le SEAD a commencé après, avec les américains qui ont été nettement plus frileux que les français sur le coup, malgré les F22. Les hélicoptères par contre ne sont intervenus qu’après le SEAD, au contraire de ce qui a été fait pour la guerre du Golfe, où les hélicoptère on réalisé le SEAD pour ouvrir le champ aux avions. Après, c’est sûr que les défenses antiaériennes Libyennes étaient assez dépassées, elles ont quand même donné beaucoup moins de fil à retordre que dans les années 80 où leur destruction avait été une opération complexe.

Enfin, vient la partie des actions héliportées nocturnes, particulièrement efficaces, et qui ont probablement bénéficié de l’absence, là encore, de matériels modernes dans l’armée libyenne. De telles actions de jour auraient entraîné de lourdes pertes.

Il reste que l’armée Libyenne était une armée conventionnelle avec du matériel lourd, dont des dispositifs antiaériens et une aviation, même anciens. Ils n’ont pas tenus une semaine face à une cinquantaine d’appareils, et il y a peu de pays dans le monde qui ont un matériel capable de rivaliser. C’est hors de portée de la plupart des mouvements de guérilla qui se battent à l’heure actuelle. Les blindés c’est déjà tout juste, certains mouvements en ont employés quand d’autres en ont fait des trophées ou des SVBIED. Donc, l’avion a encore la part belle à l’heure actuelle. L’inconvénient étant que des frappes ne gagnent pas une guerre.

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