Post has published by Ambarequiem
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    Les troupes qui combattent pied-à-terre comme la expliqué Frëki sont souvent des paysans où des va nu pied engager récemment qui n’ont reçu qu’un entraînement basique.

    Les troupes qui combattent à pied sont :

    • des hommes d’armes (chevaliers, écuyers …) démontés
    • des sergents : soldats professionnels engagés par un seigneur (quel qu’il soit, noble, ecclésiastique, ville)
    • des miliciens, soldats non professionnel remplissant le devoir militaire par le service.

    Les “paysans ou va-nu-pied” sont une marge infime dans les armées “régulière”, ils sont souvent le dernier échelon de milice, archers sans armure et sortent rarement du terroir qu’ils habitent, et ne participent que très peu aux osts. Leur part tend à augmenter en cas de révolte populaire (Flamands, jacquerie etc…), où ils peuvent constituer l’essentiel d’une armée sans aucun noble ou presque. Mais ce sont des cas assez exceptionnels. Les “masses” d’infanterie existent peu tout au long du Moyen Age. Elle se développent à partir de la fin du XVème siècle sur des milices notamment.

    Cependant, comme tu le dis dans les milices ou les garnisons locales ceux qui s’y trouvent ont théoriquement les moyens pour payer leurs équipements et se trouvent dans une situation sociale, et financière supérieure aux recrues de masse cependant l’éventuelle rançon qu’ils peuvent valoir et moindres en comparaison des risques qu’il faudrait courir pour les capturer vivants, les nourrir, les soignés puis enfin essayer de les rançonner.

    Plusieurs traces dans des sources médiévales :

    Guillaume le Breton à propos de la bataille de Bouvines :

    • ” ici un cavalier, là un homme de pied se livrent volontairement aux fers, craignant d’être frappés de mort plus encore que de vivre dans les chaînes”
    • “Jacques d’Arras, bourgeois de Valenciennes, et deux chevaliers, eurent en leur garde les serviteurs des prisonniers, qui furent livrés par les gens de Senlis aux prévôts de Paris, Neuholet et Lambéchin de Monthierry.”
    • “Roger de Wafïale. Il a été donné au roi des ribauds, parce qu’il se disait à son service.” (a propos d’un chevalier présentant des otages contre sa liberté)

    L’Anonyme de Béthune, toujours sur Bouvines :

    • “Que voz en diroie je plus ? Tant i ot pris d’uns et d’autres, de barons, de bachelers, de sergants, que ce ne fu se merveille non. Près furent chacié de deus loée de terre. L’emperere s’enfui vers Valencienes, et jut la nuit à l’abeie de Saint Sage, et li autre s’enfuirent çà et là, si com il porent com gent molt desbaretées”

    Ce qu’on voit dans ces extraits : les “homme de pied” et “sergants” n’ont pas peur de se rendre et sont faits prisonniers comme les autres. Les serviteurs (pages, portes boucliers, peut-être sergents), sont fait prisonniers et gérés comme les chevaliers, mais sans liste nominative ni dénombrement. Ils ne sont pas gardés avec leur maîtres, sûrement pour éviter les évasions. Les serviteurs peuvent être des otages garants du payement de leur maître (échange du maitre contre des “ribauds” à son service), il ont leur prix propre, qui doit sûrement être reversé aux communes qui en ont la garde, en récompense de la participation à la bataille, ou comme éventuelle monnaie d’échange si des miliciens sont capturés, comme ça se pratique pour les nobles. Il n’y a pas de petits profits à la guerre, et prendre vivant un homme c’est à l’époque réduire le potentiel militaire de l’ennemi de deux façons :

    • immobilisation d’un militaire pour le temps du conflit par l’emprisonnement
    • réduction des ressources financières, et donc des moyens de faire la guerre ultérieurement, par la rançon.

    La mort ne rempli généralement qu’une des deux conditions. La pratique de la mise à rançon est largement pratiquée, quelque soit l’adversaire visé, ça se traduit notamment dans les périodes de trouble de la guerre de cent ans, avec les routiers des grandes compagnies qui mettent à rançon tout ce qui croise leur route.

    “Les deux groupes d’infanteries vont s’affronter dans un violent échange de coups de lances, de pics et de javelots avant de venir éventuellement dans des corps-à-corps plus rapprocher. Les coups étaient principalement portés pour tuer ou blessée mortellement, grièvement non dans le but d’assommer ou de faciliter la capture de la piétaille d’en face, d’ailleurs la plupart des combattants décédés meurent piétinés par leurs camarades et adversaires, ou encore se vidant de leur sang suite à une blessure mortelle, ou simplement suite à une hémorragie traumatisme durant ou après la bataille. Dans ce cas ils étaient probablement achevés durant les pillages d’après combat. Les morts qui surviennent des heures, des jours, voire semaines après les blessures sont aussi assez communes.
    La cavalerie notamment les Chevaliers vont être bien souvent le point d’impact qui va définir la victoire. D’ailleurs le but des charges des cavaliers lourds dans l’époque en question c’était bel et bien l’éclat de l’armée adverse avec un assaut concentré dans les failles ou points sensibles pour ainsi la mettre en déroute , la mêlée ou le combat prolongé sont particulièrement évités dans ses situations.”

    Si on prend le récit de la bataille de Chizé gagnée par Du Guesclin en 1373, on note une drôle d’anecdote : les chevaliers français combattant à pied subissent un revers dans la première partie de la bataille.Ils se battent avec des lances contre les anglais qui ont des armes courtes, mais les français sont contrés parce qu’ils visent systématiquement le ventre de leur adversaire, protégées par des pièces d’armure (apparition probable des pansières en fer). Le fait de viser systématiquement le ventre peut-être une stratégie à plusieurs niveaux :

    • c’est la position la plus stable, la moins fatigante et celle où on a le plus de force pour tenir une lance tenue avec un bouclier.
    • ça vise un point non protégé par des structures osseuses avec des dommages potentiels sur les organes internes
    • Si la lance accroche l’armure, même sans pénétrer, une poussée vers le bas et dans le sens de la marche à de forte chance de mettre au sol l’adversaire

    Si la lance glisse sur une pansière de métal, ça marche beaucoup moins bien, les français vont reconsidérer leurs options tactiques, et passer à la visée des points faibles des armures. Ça montre aussi qu’il y a souvent des moments de flottement dans une bataille (et beaucoup de récits parlent de ses moments de flottement), où on peut souvent reconsidérer ses choix tactiques. La mêlée d’infanterie est une charge qui se fait de la même manière que la charge de cavalerie, généralement à la lance, en phalange ouverte, les temps de contacts sont bref, et la cohésion des rangs est maintenue au maximum. De toute façon, de manière générale, une fois qu’une formation est brisée c’est le sauve qui peut général.

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