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Janvier 1945

Alors qu’à l’ouest de l’Allemagne, les Anglo-Américains franchissent en masse le Rhin, prenant en tenaille les importantes mais démoralisées troupes allemands défendant la Ruhr, au sud du Reich mourant, c’est la ruée française sur la Bavière et, au-delà, l’Autriche. De Hauteclocque et la 2ème Division blindée se ruent sur le « Nid d’aigle » du Führer et s’en empare sans combat. Le glorieux Picard aimerait ensuite foncer sur Berlin mais Mandel lui donne l’ordre, tout comme Eisenhower, son supérieur direct, de continuer à marcher sur l’Autriche, à la fureur du général français et de son grand ami, Patton. Malheureusement, des vétérans français se battant parfois depuis la première campagne de France en 1940 tombent sous les balles d’embusqués allemands fanatisés.

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En dépit du fait que son Empire de 1000 ans craque de toute part, Hitler n’en oublie pas moins ses ennemis. L’Amiral Canaris, l’ancien chef de l’Abwehr, le Général Oster, son ancien adjoint et le pasteur Bonhoeffer, antinazi notoire qui a transmis des preuves du Génocide juif aux Français, sont pendus sur ses ordres après une parodie de procès…

À l’Est, en Poméranie, Kolberg, connue pour avoir résisté héroïquement à Napoléon en 1807, et désormais défendue par… la Division SS Charlemagne, tombe aux mains des Soviétiques. Immédiatement, les Polonais y reproduisent la cérémonie du « Mariage de la Pologne et de la mer ».

Visite triomphale de Churchill à Paris. Celui-ci remonte les Champs-Élysées aux côtés de Georges Mandel.

Mais Mandel est préoccupé. Le Premier ministre de Sa Gracieuse Majesté n’a en effet pas très envie d’envoyer ses troupes au Vietnam pour y désarmer les Japonais, conscient que cela entraînerait une guerre avec le Viet-Minh, guerre dans laquelle il n’aurait rien à gagner et cela suffit pour un Britannique pour en rester à l’écart, et ce, même pour un Britannique comme Churchill…

Ainsi, alors que l’Armée britannique reprend pied à Rangoon, en Malaisie et au nord de Bornéo, elle évite soigneusement l’Indochine…

Pire, Roosevelt se venge de ses « arrogants de Frenchies » qui ont osé presque lui imposer un compromis avec le Japon impérial en nommant un « Commissaire spécial » auprès d’Hô Chi Minh !!! Un certain Archimedes Patti. Un membre de l’OSS, chaud partisan d’Hô, en qui il voit rien moins qu’un nouveau Georges Washington…

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Reste la carte chinoise, mais elle est à double tranchant. En effet, Tchang qui vient de se réinstaller à Nankin pourrait certes envoyer un Corps expéditionnaire au Vietnam, mais rien ne dit qu’il ne finirait pas par vouloir le conserver. Pire, les soldats chinois les plus proches sont ceux du Seigneur de la guerre Long Yun qui est donc encore plus imprévisible que son « Président ».

De toute façon, les Chinois ont rapidement d’autres chats à fouetter. En effet, s’inspirant de l’action de Tsuchihashi au Vietnam, le commandant en chef de la redoutable Armée du Guandong basée au Mandchoukouo, Otozō Yamada, désireux de rallumer les feux de la guerre civile chinoise, laisse Mao doubler Tchang et occuper l’ex-Empire de Pu-Yi, lui fournissant au passage un important matériel. Déjà stratège brillant, voilà maintenant le Communiste à la tête d’une troupe non seulement très motivée, mais désormais bien équipée. En effet, Tchang a trop tergiversé et son vaste programme de réformes sociales n’est toujours pas publiée là où Mao promet « 3 vrais repas par jour » aux paysans chinois.

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Or, chaque jour passé renforce la mainmise des Communistes sur le Vietnam.

Reste le courageux Salan et les héroïques cambodgiens et laotiens. Bien que la guerre ne soit pas terminée, Mandel nomme son ami Maréchal de France et le place à la tête de « L’Armée d’Extrême-Orient », en fait de la Résistance renforcée des troupes françaises qui avaient pu fuir en Chine en 1942.

C’est alors que le Président du Conseil prend une de ses décisions qui change la face du Monde d’une manière presque aussi considérable que le fit Paul Reynaud le 16 Juin 1940…

Georges Mandel accorde par décret l’indépendance complète au Royaume du Laos, au Royaume du Cambodge et à… l’Empire du Vietnam ! Dans les heures qui suivent, c’est un Bao Daï dont l’émotion est nettement perceptible qui s’adresse à son peuple à la radio. Au delà de célébrer l’indépendance, l’Empereur du Vietnam, désormais indépendant, appelle la France à l’aide et demande « aux citoyens vietnamiens » d’accueillir l’Armée française à bras ouverts.

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Hô fera punir de mort quiconque célébrera l’indépendance de l’Empire ou transmettra l’appel de Bao Daï.

Mais comme le dira de Gaulle, dont l’intelligence politique prend le pas sur le principe sentimental du maintien de l’intégrité de l’Empire colonial, « le Président du Conseil a fait à Hô Chi Minh la pire chose que la France, en l’état actuel des choses, pouvait lui faire. Offrir sûrement à l’Indochine, et au Vietnam en particulier, tout ce que les Communistes ne pouvaient que lui promettre. »

Mais comme en 1940, la flamme de la Résistance vietnamienne s’allume et ne s’éteindra plus. Rapidement, les groupes opposés à Hô, qu’ils soient Chrétiens, Vietnamiens pro-Français, anti-communistes et même métis, tous victimes de la brutalité des Communistes, prennent contact avec Salan qui a l’intelligence de faire couvrir par ses troupes la frontière occidentale du Vietnam, pour éviter des incursions Viet-Minh, sans pour autant la franchir.

Pour le moment…

C’est à Vientiane que s’installent Bao Daï et Vinh San. Le Maréchal de France a l’intelligence de ne pas marcher sur les plates bandes du fraîchement indépendant Laos et c’est bien le Roi Sisavang Vong qui accueille et installe l’Empereur et son Premier Ministre dans un palais de la capitale, et non l’officier français.

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Quant au Cambodge, le héros de 1940, le Monarque Sisowath Monireth, y fait un retour triomphal. Certes, le Roi aimerait lancer de suite la tâche primordiale de modernisation de son pays, mais il sait que la priorité est la création d’une « Armée royale cambodgienne ». Or, ce ne sont pas les volontaires qui manquent, simplement les armes…

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