Post has published by kymiou
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    Member since: 20 juillet 2013

    Ami karas, tes trois questions ne sont pas dans le bon ordre. Je rectifie :

    Pourquoi la faire tremper ?

    Pour donner une forme aux matières animales ou végétales, il faut les ramollir à l’eau. Tous les vanniers savent ça. Une fois séché, les courbures demeurent. C’est vrai pour les écailles en cuir, les timons de char ou la corbeille à pain de ma Grand Mère.

    Pourquoi marteler la corde pour lui donner une forme d’ellipse ?

    Une grosse corde aplatie se laisse plus facilement enrouler. Mais avec leur tressage complexe et serré, les grosses cordes ont tendance à résister au traitement et à reprendre leur forme initiale en tout ou en partie. Il faut donc y aller avec énergie : détrempe jusqu’à refus (avec un peu de colle dans l’eau) puis martelage féroce pour bien lui faire comprendre qui est le maître. On peut presque parler de laminage.

    Pourquoi utiliser un étau ?

    Parce qu’un long séchage sous la forme voulue est essentiel. Ramollie par le martelage, la corde devra sécher sous haute pression et pour cela, il n’y a pas mieux qu’entre deux planches dans un étau serré à mort. Précaution supplémentaire : la colle conservera les fibres dans la position désirée.

     

    … Mais je vois qu’il est impossible d’être clair sans quelques illustrations. OK. Je m’y mets.

    La première difficulté est qu’il a une limite en-dessous de laquelle une corde ne peut plus former un anneau, ceci en fonction de son diamètre. Impossible, par exemple, de ceinturer un crâne avec un câble d’ancre de bateau ! C’est pour contourner cette raideur qu’on a inventé les sangles et les courroies. C’est aussi pour cela qu’il faut, par le martelage, transformer la section ronde de la corde en ellipse : elle se pliera mieux.

    Comme ton casque est en forme de dôme, ses anneaux toujours plus petits t’obligeront à utiliser des cordes de plus en plus minces. Si tu ne le fais pas et si tes cordes restent de section rondes, tu auras une sorte de cône plat du plus mauvais effet.

    Voyons cela en coupe. Les quatre premiers anneaux, tous de diamètre décroissant, ont été martelés/pressés/séchés. Les derniers sont d’épaisseur suffisamment réduite pour pouvoir être mis en forme par simple mouillage (avec colle à froid, ne l’oublions pas). Note que la fixation des anneaux les uns aux autres ne sera pas difficile – juste un peu fastidieuse. Tu peux faire des points de couture avec une aiguille en demi-cercle, un objet courant chez les selliers et autres travailleurs du cuir. Pour les cordelettes remontant de l’anneau inférieur jusqu’à la cupule à travers tous les autres, il existe de longues aiguilles à chas pour trousser les poulets à la broche, simple accessoire de barbecue. Pas de problème pour en trouver : c’est justement la saison ! 😉

    On voit que l’aplatissement des premiers anneaux de corde donne au casque une épaisseur à peu près uniforme, ce qui ne serait pas le cas avec un premier cercle épais et rond comme un boudin. On pourrait imaginer, par exemple, une corde de 30mm très écrasée sous une autre de 25mm modérément martelée, suivie d’une 20mm à peine pressée, etc….

    Autre difficulté. A part le premier anneau – et peut-être le second – qui sont en forme de cylindre plat, les autres font partie d’un dôme, ce qui implique qu’ils marquent une incurvation de plus en plus accentuée. Ouvert et aplatit en développement, ton casque aurait cet air-là.

    Une fois recousu, le casque a enfin meilleure allure. Disons-le : c’est déjà mieux.

    Tu seras alors parvenu à une maîtrise telle qu’un demi-anneau supplémentaire pour protéger la nuque sera réalisé sans l’ombre d’une difficulté. Tu pourras même y ajouter une ébauche de couvre-joues avec de la corde plus mince. Doublés de toile (ça gratte !) avec un bord rabattu, ils seront parfaits.

     

    Je décline bien entendu toute responsabilité sur la valeur scientifique de ma reconstitution. Elle paraît logique et à la portée de la technologie de l’époque, voilà tout.

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    A l'inverse du généraliste, le spécialiste est celui qui en sait toujours plus sur un sujet de plus en plus restreint. Le spécialiste parfait est donc celui qui sait absolument tout sur absolument rien.

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