Post has published by kymiou
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Digressons, digressons, il en sortira toujours quelque chose. 🙂

La pratique du katana m’est étrangère mais j’ai fait pas mal de kendo ainsi que du combat médiéval toutes armes dans le cadre de spectacles. Nos expériences se complètent donc parfaitement pour commenter ce sujet-ci.

C’est une banalité de dire que l’armement choisi dépend de ce que l’adversaire vous oppose. Par exemple, l’espadon que tu cites fut développé par les Suisses pour contre-attaquer les charges de cavalerie bloquées par les hallebardes. Les porteurs d’espadon s’y insinuaient alors en fauchant les pattes des pauvres bêtes et créaient une trouée dans laquelle s’engouffrait le gros de la troupe.

Mais il n’y avait pas de cavalerie aux temps du khopesh, juste des chars qui gardaient leurs distances puisqu’ils portaient des archers.

C’est l’apparition des chocs de cavalerie qui ont imposé de plus grandes allonges. Au bronze récent, il n’en est nul besoin car seules trois distances sont à considérer, la longue avec l’arc, la moyenne avec la pique et la courte avec une panoplie d’engins plutôt brefs : khopesh bien sûr mais aussi la massue, le harpê et la hache en epsilon. On peut y ajouter parfois, comme chez les Sherden, l’épée d’estoc – mais seulement d’estoc car elle est trop fragile pour frapper de taille. A ce dernier stade, la bataille se transforme en une myriade de combats singuliers où la rapidité prime tout. L’agilité compte plus que la force du coup ou la qualité de son tranchant.

Ce dernier est d’ailleurs nettement contre-indiqué. Nul n’a envie de voir son khopesh se coincer à mort dans une bouclier (ou dans un crâne) à la façon d’une hachette dans un rondin quand on coupe du bois pour le feu. Pas plus qu’on ne veut briser son arme et se retrouver tout nu au cœur de la mêlée ! Il suffit de voir la deuxième illustration du sujet, le khopesh dit « de Ramsès » pour s’en convaincre. Si le tranchant y est sommaire, voyez le soin apporté à la rigidité de la lame, avec une double renforcement de son dos se prolongeant vers la pointe jusqu’à l’enrober. Faut surtout pas que ça casse !

Tout cela pour dire que la frappe à la japonaise, commençant par une percussion pour ouvrir l’armure et suivi par un glissé du tranchant pour « traiter » ce qu’il y a dessous n’est pas de mise à cette lointaine époque.

 

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A l'inverse du généraliste, le spécialiste est celui qui en sait toujours plus sur un sujet de plus en plus restreint. Le spécialiste parfait est donc celui qui sait absolument tout sur absolument rien.

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