Post has published by kymiou
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    @Tanguy :

    Mais je n’ai jamais dit que c’était un concours…

    Non, c’est moi. Mais c’était une boutade, bien sûr.

    Reste que la période IXème – Xème siècle est assez particulière. D’ordinaire, une civilisation encaisse une invasion destructrice et s’en remet au bout d’un bon siècle. On appelle cela un « moyen-âge » ou une « période intermédiaire ». L’Orient Classique, la Chine ou la Grèce d’Homère peuvent en témoigner. Il faut noter que les effets dépendent de l’identité des arrivants : pasteurs nomades, cavaliers des steppes ou agriculteurs en quête de meilleures terres. Leurs déprédations ne sont pas pareilles. Les cavaliers vouent l’agriculture aux gémonies car ils ne conçoivent le monde que comme une grande prairie dévolue aux chevaux. On a eu grand tort d’affirmer que l’herbe foulée par le cheval d’Attila ne repoussait plus. Au contraire, c’était la seule verdure appréciée par le Fléau de Dieu !

    Les cultivateurs respectent d’ordinaire les champs ; ils s’en emparent pour en tourner les structures à leur profit. Quant aux pasteurs, ils sont plus ou moins intermédiaires entre ces deux extrêmes.

    Pour l’Europe Occidentale, c’est pareil après les invasions barbares du Vème siècle (celles que les Allemands, qui se sentent visés, préfèrent qualifier de « grande migrations »). Comme ils étaient agriculteurs, un redressement aurait dû s’opérer dans les délais habituels, soit dès les temps Carolingiens ; le terme « renaissance » leur est d’ailleurs souvent appliqué.

    Mais là, catastrophe ! Vikings, Magyars et Sarrasins provoquent quasi-simultanément une seconde déferlante et c’est la totale parce qu’ils frappent chacun à leur manière. Le Viking, en bon marchand recyclé, ne vise que ce qui est commercialisable et le trouve dans les abbayes et les villes ; le Magyar brûle les moissons, enlève les troupeaux et délaisse les cités de toute façon ravagées de typhus et de dysenterie ; le Sarrasin, quoique sédentarisé, reste pénétré de la culture pastorale de ses ancêtres et razzie tout ce qui bouge.

    Terres à l’abandon, épidémies rémanentes, famines à répétition, effondrement démographique… Il faudra une période climatique favorable, des réseaux abbatiaux énergiques et les conséquences commerciales et intellectuelles des Croisades pour nous en remettre.

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    A l'inverse du généraliste, le spécialiste est celui qui en sait toujours plus sur un sujet de plus en plus restreint. Le spécialiste parfait est donc celui qui sait absolument tout sur absolument rien.

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