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    Juillet 1944

    Les Alliés englués aux frontières de l’Allemagne par les soldats de Model, la mort pleuvant de nouveau du ciel sur Londres, et l’idée paraissant maligne sur le papier, Eisenhower décide de se rallier au projet britannique dénommé Market Garden d’une offensive à travers les Pays-Bas en vue de contourner la Ligne Siegfried, point d’appui de la défense allemande.

    Heureusement, les Alliés ont eu le temps de transférer les divisions parachutistes depuis l’Afrique du nord en direction de l’Angleterre depuis qu’Eisenhower a validé le projet en Juin et la chute des premiers V1. Les Paras seront le fer de lance de l’opération.

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    La première vague est larguée sur les Pays-Bas à la toute fin de Juillet. Le temps de peaufiner l’Opération et de préparer les hommes.

    La fixation du front ouest permet à Staline, qui avait un temps envisagé de négocier avec Helsinki mais sur des bases si rudes qu’elle avait rejeté l’offre, en vue de pouvoir rameuter un maximum de troupes pour la ruée sur Berlin, de déclencher son offensive contre ce petit pays. D’ailleurs, bien qu’ayant largement pris le dessus sur l’envahisseur nazi et ayant mis fin au blocus de Leningrad donc, l’URSS voit toujours l’armée finnoise positionnée non loin de l’ancienne Saint-Petersbourg, sur la frontière Soviéto-finlandaise de 1939.

    Si en 1941, l’Armée finlandaise a stoppé son offensive sur la frontière d’avant-guerre, ne la franchissant que de quelques kilomètres en certains endroits (uniquement pour des raisons de stratégie militaire), sa principale ligne de défense en Carélie est la ligne VT (Vammelsuu-Taipale), située en retrait du front. Les Finlandais et le génie du Maréchal Mannerheim ont mis toute leurs ressources dans la conception de cette ligne de défense et ce, depuis 1941.

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    Staline le sait et oppose aux Finnois une concentration d’artillerie formidable. Mais, le gros du corps de bataille finlandais s’est déjà retiré sur la ligne VT, seule quelques unités d’élite tenant le « front ». Mieux, celles-ci décrochent dès que le pilonnage soviétique apparaît imminent et se retirent par étape sur la ligne VT tout en harcelant les avants-gardes soviétiques (ce qui leur inflige de lourdes pertes).

    Pressé par le « Vojd », le commandement soviétique lance ses unités désorganisées par le harcèlement finlandais contre les fortifications finnoises dès ces dernières atteintes. C’est une véritable catastrophe pour les Russes et les Finlandais repoussent facilement le premier assaut.

    Mais plus dur sera la seconde manche.

    Le Maréchal commandant l’Armée finlandaise a rameuté ses réserves et peut donc mener un roulement de ses unités qui défendent directement la ligne VT. Ainsi, ce sont des unités fraîches auxquels font face les soldats de Staline. Mais les Soviétiques ont un net avantage en terme de puissance de feu. Lors du second assaut, ce n’est qu’en effectuant des contre-attaques forts habiles que les soldats de Mannerheim parviennent à conserver l’intégralité de la ligne VT et à empêcher un percée soviétique qui les auraient contraint à reculer sur la seconde ligne, la ligne VKT, ce qui aurait placé Viipuri et ses habitants en première ligne.

    Plus à l’est, les forces finlandaises commandées par le Général Karl Lennart Oesch et qui défendent la partie de la Carélie située entre les lacs Ladoga et Onega reculent certes, mais maintient leurs cohésions tout en épuisant les assaillants soviétiques. Sortavala est toujours sous contrôle de la Finlande.

    À Berlin, où l’OKW pensait que la Finlande s’écroulerait rapidement, on est ravis. En effet, alors que partout l’Axe recule, les dirigeants allemands se satisfont de voir un « allié » (en fait les Finlandais sont plutôt des co-belligérants de l’Allemagne) rejeter un assaut massif d’une Armée rouge qui use et abuse de la force blindée. Ainsi, les Nazis savent que les troupes finlandaises ne tiendront pas éternellement sans un apport en armements anti-char, que ce soit sous forme de Panzerfausts ou d’escadrons de Stukas. Ils voient donc là l’occasion d’en profiter pour accroître leur pouvoir sur la Finlande tout en la maintenant dans la guerre contre la livraison de ses armements vitaux à la défense de ce pays.

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    Mannerheim en est également conscient tandis qu’un troisième assaut d’envergure est en préparation et que celui-ci risque de provoquer la rupture de la ligne VT. Le Maréchal pousse ainsi le Président Ryti à se compromettre en acceptant un accord avec Ribbentropp, venu en personne à Helsinki tout en préparant son éviction une fois l’armement reçu, dans une sorte de version finlandaise de l’opération Berthelot (sauf que Ryti ne sera pas jeté en prison contrairement à Antonescu).

    Juillet 1944 se termine et la Finlande est toujours debout.

    Mais pour combien de temps ?

    Pourtant, la guerre a bien failli s’arrêter en ce mois de Juillet 1944. En effet, des officiers antinazis tentent un putsch contre Hitler le 15, mais la bombe échoue à tuer le Führer. En effet, alors qu’il réunit son État-major pour discuter, justement, de la situation de la Finlande, le Colonel von Stauffenberg dépose une mallette contenant les explosifs destinés à tuer Hitler puis se retire. Or, peu avant le déclenchement du détonateur, le dirigeant nazi est pris d’une envie pressante et interrompt la réunion. La bombe explose mais Hitler n’est même pas blessé, du fait de son absence. En revanche, Goering, Himmler et Keitel, entre autres, sont foudroyés. Les antinazis, informés à tort de la mort du Führer (l’explosion a été d’une puissance terrifiante), déclenche le coup d’état, l’Opération Walkyrie. Mais la tentative de renverser Hitler échoue dès que la radio berlinoise retransmet un discours d’Hitler, en direct, déblatérant sa haine de « la clique d’officiers ambitieux ». La répression contre les conjurés, qui se sont révélés au grand jour, sera impitoyable et touchera même Rommel, qui sera pendu à croc de boucher, dans le plus pur style hitlérien. Malheureusement, l’échec du coup d’État sera si rapide, que les Alliés n’auront aucun temps de flottement à exploiter côté allemand.

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    Claus von Stauffenberg

    En Inde, l’heure est à la contre-attaque côté allié. Tandis que l’Armée britannique reprend l’ascendant sur les Japonais et reprend pied dans l’Assam, les Chinois chassent les Japonais du Yunnan et avancent dans le Nord de la Birmanie. Dans le Pacifique, les combats, extrêmement violents, continuent à Guam.

    À Berne, les premiers échanges, qui se déroulent dans le plus grand secret, ont lieu entre les représentants français, britanniques et japonais, conformément au souhait d’une paix de compromis entre le Japon et les Alliés. Le choix de la Suisse, pays neutre, et du au fait que les voyages des diplomates entre Londres et Paris d’un côté, Berne de l’autre, sera facilité par le fait que la France est, comme on le sait, en grande partie libérée. Les diplomates japonais expliquent que la plupart des dirigeants civils, à commencer par le Premier Ministre, seraient prêt à accepter dès maintenant les conditions des Européens mais, ceux-ci avaient bien compris que les Américains n’étaient pas au courant de ses pourparlers du fait de l’absence de leurs représentants à Berne. Côté nippon, restait à convaincre les militaires, prêt à aller jusqu’au sacrifice suprême, celui du Japon, comme l’avait montré l’exécution de Yamamoto.

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