Post has published by Ambarequiem
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    Member since: 17 juin 2014

    Euh, en fait, ce que tu préconise, ça s’appelle juste la bataille de la Marne. Et c’est ce que les généraux ont fait…

    Quand l’armée presente son flanc ouvert, qui jour apres jour s’agrandit, durant un mois, et qu’aucune action n’est faite pour l’exploiter alors que nous etions forcer de retraiter quand d’enorme reserve sont disponible, ou il suffisait de donner l’ordre qui eut renverser toute la situation, sans attendre que l’allemand face une faute devant la Marne, transformant la retraite en une grande victoire decisive quand presque aucune reserve allemande pouvait nous arreter, je me pose la question de savoir pourquoi nos generaux ont accepté un plan aussi stupide qui laisse complaisament l’ennemi effectuer sa manoeuvre au fond tres dangeureuse, jusqu’a Paris.

    On a très exactement 12 jours entre les derniers combats en Belgique et le début de la bataille de la Marne. La place de Maubeuge est investie le 27 août, jusqu’au 30 août, on ne peut pas vraiment dire que l’armée allemande a un flanc dégarni. Elle avait jusque là, la première armée qui faisait face à l’ouest, et en état de stopper une contre attaque menée avec des troupes concentrées dans la précipitation.

    Le 25, les ordre pour la création de la 6ème armée sont donnés. A partir du 28, les avants-gardes arrivent pour déploiement vers Amiens et Péronne. Sous pression de la première armée allemande, et pas assez nombreux, les français doivent reculer. Les troupes de la 6ème armée sont en effet transférées depuis l’est, et leur transport n’est pas instantané.

    Donc, la fenêtre du flanc “découvert” des allemands, c’est plutôt 7 jours tout au plus.

    Et dans ce délai, il faut : renforcer les armées engagées depuis un mois qui viennent de faire une campagne on a pas loin de 100 000 pertes à remplacer, sans compter les confusions dues à une retraite.

    Il faut préparer deux armées supplémentaires :

    • c’est la pression allemande entre la 5ème et la 4ème armée française qui a déterminé la retraite. Ces armées qui étaient censées défendre face aux Ardennes on du s’étirer sur leur gauche pour couvrir la frontière belge, puis se prennent deux ou trois armées allemandes tout en étant en mauvaise posture. Les anglais ne sont ni assez nombreux, ni assez rapide dans leur concentration (4 DI et 1 DC) pour être une menace sérieuse sur le flanc allemand pour contrebalancer ça. La neuvième armée de Foch viendra s’intercaler entre les deux pour venir les solidifier, sinon c’est toute l’armée qui risque l’encerclement sans possibilité d’y faire face.
    •  la sixième armée est créée pour venir déborder le flanc par l’ouest, malheureusement, les troupes doivent être prélevées à l’est pour ça.

    A l’est, justement, les troupes française sont en pleine bataille défensive pour contrer la contre-attaque allemande.

    En gros, la réserve est pratiquement consommée fin août. Sur 680 000 hommes au dépôt après le 15 août et la première vague de mobilisation, il y a 100 000 hommes de consommés pour les remplacement des pertes, 400 000 pour la création de deux armées supplémentaires (enfin, pour le remplacement à l’est des troupes d’active qui partent vers l’ouest. Si tu comptes le support logistique nécessaire, les 680 000 hommes sont consommés. Ne restent plus que le million d’homme de la réserve territoriale, en cours de mobilisation, armés de fusils Gras… Pas sûr que ce soit le bon outil pour mener la contre offensive victorieuse.

    Sur la question des troupes de fortifications, la France dégarnie tout ce qu’elle peut dégarnir. Malheureusement, son système fortifié est en première ligne. Maubeuge est assiégée, Verdun, Toul, Epinal, Belfort ont les allemands qui toquent à la porte, pas sûr pour que ce soit le bon moment pour dégarnir. Lille n’est pas défendue, et le “pré carré” de Vauban dans le nord qui était difficilement modernisable n’est pas non plus tenu. De même que sur l’Aisne, les places de la Fère et de Laon sont complètement abandonnées (et seront la clef de voute des positions allemandes pour 3 ans…). Il semble donc difficile de prendre de nouvelles troupes sur les forts sans compromettre gravement la situation. Ce sont elles qui permettent par exemple le transfert de troupes de campagne d’active vers l’ouest pour mener la contre attaque.

    Après, la question de l’espace se pose. Mettons qu’une armée est concentrée sur Amiens dès le 25 août et qu’elle est disponible pour une contre attaque vers le 30 août, une offensive vers l’est exposerait son flanc aux renforts allemands qui suivent les têtes des armées attaquantes, l’armée de siège de Maubeuge est aussi une menace sur le flanc de cette armée.

    Il n’y a personne ou presque pour couvrir la frontière Belge depuis la mer jusqu’à Lille, les allemands peuvent passer par là et encercler une armée qui tenterait d’aborder trop près de leur force le flanc de la première armée.

    En reculant jusqu’à la Marne, les français se donnent plusieurs avantages :

    • la distance entre les troupes allemandes retenues en Belgique et les armées qui avancent augmente, et donc le risque d’un retour offensif des allemands pour dégager leurs camarades s’amenuise au fil des kilomètres.
    • Les troupes allemandes se fatiguent, se désorganisent et entrent dans l’inconnu. La logistique est de plus en plus difficile, l’artillerie lourde a aussi du mal à suivre. La guerre de mouvement a consommé énormément de chevaux, c’est encore plus vrai pour les allemands qui ont de l’artillerie lourde à tracter.
    • On s’approche de Paris et du grand nœud de concentration des rocades française pour le transfert des renforts est-ouest. Tout les trains pour aller vers Amiens depuis l’est doivent passer par Paris. l’acheminement des renforts est facilité.

    Par contre, dans l’offensive, Galliéni lance l’attaque plus tôt que ce qu’aurait souhaité Joffre, il est intéressante de se demandé ce qui arrive si c’est Joffre qui à l’initiative de l’attaque plutôt que Galliéni, parce que là, on a potentiellement les armées allemandes coincées entre Marne et Seine qui se font flanquer par la sixième armée française et les anglais. On aurait pu potentiellement assisté à l’encerclement de l’aile marchante allemande.

     

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