Post has published by PapaZoulou
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    Je peux surtout parler de la reconnaissance au XVIIIème siècle, moment où s’institutionnalise en Europe de l’Ouest la “petite guerre”.

    D’abord, pourquoi on a besoin de la reconnaissance?

    Que ça soit en campagne comme en bataille, la reconnaissance est un élément-clé de la victoire.

    -En campagne, il convient de noter que l’on est pas encore à Napoléon dont la finalité de l’opération est la défaite de l’ennemi par une bataille décisive, il s’agit bien entendu de repérer l’adversaire, de trouver des réserves logistiques pour l’armée (problème fondamental dans l’Armée Impériale du début XVIIIème siècle), des points de passages de fleuves, ponts et routes pour le passage de l’armée, etc… N’oublions pas que les GPS et autres cartes d’Etat-Major n’existent pratiquement pas à l’époque, et qu’il est crucial de se baser sur les rapports des éclaireurs pour savoir où l’on se trouve. Les opérations coups de mains et la recherche d’informations sont au cœur de la reconnaissance. Il s’agit de voir et restituer ce que l’on a vu, ce qui est un exercice difficile en soit.

     

    -En bataille, les mouvements, pour des raisons évidentes, sont beaucoup plus fins qu’en campagne, une déportation sur X mètres d’un régiment peut faire la différence sur un terrain de quelques kilomètres (qui ont tendance à s’allonger pendant la période, et donc plus difficile à identifier). Il s’agit de découvrir le champ de bataille, quelle colline cachera notre avancée, où se trouve l’ennemi, quel est le terrain sur lequel va marcher la troupe.

    Le coup d’œil du général ne suffit pas, comme on peut le constater chez Frédéric II à la bataille de Kunersdorf. Il néglige d’envoyer des troupes de reconnaissances sur un terrain inconnu, pense pouvoir contourner l’adversaire et fait marcher, de nuit, au milieu de l’été, dans une forêt ses troupes avant de se rendre compte qu’il s’est planté et est au milieu d’une zone de marécages, devant donc redéployer encore une fois ses troupes.

    Ces redéploiements se révèlent catastrophiques, et avec sa sous-estimation de l’ennemi, conduisent à la pire défaite de Frédéric II.

     

    Concernant ceux qui repèrent,  on utilise avant tout de la cavalerie légère, utilisés en France particulièrement avec la guerre de Succession d’Autriche.

    Pour des raisons historiques, on utilise surtout des hongrois, qui devaient tenir la frontière face aux turcs, dans un type de guerre essentiellement constitué d’escarmouches et autres opérations de faibles ampleurs. Les unités utilisées pour ce type d’opérations donneront les unités dites de “hussards”/chevau-légers, légèrement équipés, dont la force repose sur la mobilité et la vitesse, utilisés en France en unité de hongrois, commandées en hongrois par des commandants hongrois (au moins sous l’Ancien Régime).

    Ces unités sont aussi très difficiles à tenir, et tendent à faire un peu ce qu’elles veulent, notamment lorsqu’il y a perspective de pillage à la fin d’une bataille ou en campagne, d’autant plus qu’elles disposent d’une certaine indépendance, dans la manière de faire, l’équipement, les traditions.

    Ces unités sont un peu à la mode, les autrichiens utilisent surtout des croates, très fidèles plutôt que des hongrois. Les prussiens utilisent aussi des hongrois, qui se distinguent par leur uniforme à tête de mort.

     

     

     

    Tiré de mes cours de TD et CM.

    "Ce qui est affirmé sans preuve peut être nié sans preuve"-Euclide

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