Post has published by Ambarequiem
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    L’armée française a-t-elle une expérience récente de combat dans une grande ville où elle a pu mettre en pratique cette doctrine de maitrise du feu et prouver la validité de celle-ci ? Non aucune.

    Tu oublies Abidjan, le Kosovo mais aussi Sarajevo, Gao, Tombouctou, Mogadiscio, Beyrouth. L’armée française n’est pas sans expérience en zone urbaine, et sait faire preuve d’une maîtrise du feu et des humains, de manière à ne pas faire monter la mayonnaise.

    Après, je suis d’accord, nous ne sommes pas dans l’assaut de vive force d’une ville comme Grozny, Falloujah etc… Mais les opérations militaires ne se limitent absolument pas à des actions de coercition offensives.

    Ainsi, Abidjan, nous avons des militaires qui mènent une action d’évacuation de ressortissants au milieu de foules hostiles, armées, et de forces militaires qui peuvent potentiellement se transformer en éléments hostiles. Malgré des moments tendus, et l’épisode de l’hôtel Ivoire, l’armée française arrive à remplir sa mission en maîtrisant le feu, et ce qui aurait pu se transformer en une ville entière se soulevant contre un détachement de l’armée française encerclé dans un hôtel a conduit à une sortie de crise.

    La maîtrise du feu est primordiale pour éviter de se mettre une ville à dos. Car, tout ce que montre l’histoire, c’est qu’il est pratiquement impossible de se maintenir ou de progresser dans une ville dont la population est contre vous. C’est la libération de Paris en 44. C’est ce qui est arrivé à Mogadiscio aux américains en 93, les américains vivent l’épisode de la chute du Faucon Noir, là où l’armée française arrivait à mener les mêmes missions sans se mettre la ville à dos. C’est arrivé aux loyalistes ukrainiens qui se retrouvent contraints d’évacuer une ville parce que la population est mécontente de la coupure du réseau de gaz qu’ils ont provoqué en plein hiver. A Falloujah, les US “règlent” le problème en incitant à l’évacuation des civils. Le traitement des populations tend de plus en plus à avoir une dimension stratégique. Le capital sympathie des forces, incluant la maîtrise du feu est primordiale. Quand vous avez compris que mitrailler à la 12.7 dans un bidonville n’est pas la bonne réponse à un tireur isolé qui prend à parti vos hommes, parce que vous risquez de tuer des civils jusqu’à 1000 m derrière le point que vous visez, vous évitez de donner des combattant supplémentaires à l’armée (ou organisation militaire) adverse.

    Le combat en zone urbaine nécessite la maîtrise de savoir faire tactique comme la progression dans les rues, dans les bâtiments, la mise en place des appuis et le juste dosage des destructions. Mais il faut aussi savoir lire la ville : déterminer les points clefs, connaitre l’état d’esprit de la population etc… Arrivé devant Gao, les FS française ont pris et tenu le pont, l’aéroport sans possibilité d’endiguer l’arrivé des renforts, les djihadistes n’avaient pas le choix que de décrocher d’une ville dont la population leur était hostile.

    La ville ne demande pas seulement une expérience tactique, mais aussi une compréhension stratégique de la situation, et une adéquation opérative. En fait, peu d’armées sont capables de prendre de vive force une ville de quelque importance, parce que ça demande des effectifs et des moyens considérables. Il faut au minimum 10 000 soldats pour rendre Falloujah pour 4 000 rebels. Et encore, les US se rendent compte que leur chaîne logistique est trop exposée lors de la progression, se qui ralenti de beaucoup le rythme des opérations, notamment parce qu’il n’ont rien à l’époque entre le matériel lourd (Bradley, Abrams), et le camion bâché qui amène les munitions et le hummer, ce qui les avait déjà mis dans une posture dangereuse à Mogadiscio en 93, dans les Balkans etc…

     

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